XVII
Os temporal ties rongeurs.
PL XVI, fig. t, 2, 3, 7, 8 et 0. Lapiu domestique.
L’os temporal des rongeurs est double et situé sur les parties moyennes et latérales postérieures du crâne ; il est composé de deux pièces bien distinctes, l’une placée en devant, fig. 8, et l’autre en arrière , fig. 9. Cês deux parties sont représentées réunies fig. 7 ; elles sont séparables, quelque vieux que soit l’animal, du moins, c’est ce que j’ai observé chez le lapin domestique; nous les étudierons séparément. La première, que nous appelerons portion écailleuse, parce qu’elle représente la même partie osseuse du crâne des animaux
(1) La face supérieure du rocher se trouve recouverte, lorsque la tête de ranimai n’est pas. désarticulée , par la lame osseuse qui se remarque à la face interne du pariétal; de manière que cette partie du crâne de l’animal ne se trouve point en contact immédiat avec le cervelet ni avec le cerveau : pareille disposition se retrouve chez la marte.
(2) Ces os sont le sphénoïde, l'occipital et le pariétal.
de rnuÉxoLoc.iE. 71
que nous avons déjà étudiés, présente une forme assez irrégulière , approchant cependant de celle d’un carré : sa face externe, fig. 8, est très-inégale ; elle offre des variétés d’étendue et des reliefs assez remarquables suivant les espèces. Vers son bord supérieur se remarque une apophyse, a, dirigée de haut en bas et d’arrière en avant; elle est assez épaisse., et s’articule avec l’os de la pommette. Vers le tiers supérieur du bord inférieur de la portion écailleuse se voit une autre apophyse mince, plate et plus longue que la première ; elle s'applique par sa face interne, fig. 1, 9, sur une petite dépression osseuse placée au-dessus du conduit auditif externe. La face interne de la portion écailleuse, fig. 1 , offre deux surfaces distinctes, l’une supérieure, b , irrégulière ,
. s’articulant en x avec la partie externe de l’os frontal, et dans le reste de son étendue, avec le bord inférieur de l’os pariétal. L’autre surface, m , est li.^e et déprimée; elle loge les parties latérales inférieures et moyennes du cerveau.
Vue en dehors , la portion acoustique présente inférieurement une masse arrondie, bombée, b, fig. 9 ; c’est la caisse qui se trouve, comme l’on voit,
assez développée dans celle espèce (1). Au-dessus de celle-ci, se remarque un conduit osseux présentant l’aspect d’un tuyau de plume , au sommet duquel se trouve l’orifice du conduit auditif externe. Au-dessus de ce conduit, une surface lisse, sur laquelle s’applique la face interne de l’apophyse inférieure de la portion écailleuse ; au-dessus de cette surface et un peu en arrière, on en voit une autre hn peu inégale, donnant insertion à des muscles. Vue en dedans, la portion acoustique, fig. 2, id. pl., présente une surface irrégulière; on y voit l’orifice du conduit auditif interne, c. La. membrane dure-mire tapisse cette surface sur laquelle repose une partie de la face inférieure des lobes latéraux du cervelet.
Le temporal ne s’articule pas avec les memes os chez tous les rongeurs. Pans le lièvre et le lapin , son articulation est la meme ; il s’articule avec le frontal par l’angle antérieur et supérieur; avec le pariétal correspondant par le bord supérieur; avec l’occipital par sa portion acoustique; avec le sphénoïde', par son bord inférieur; avec l’os de la pommette, par l’apophyse zygomatique; enfin, par la cavité qui se remarque à la base de cette apophyse,
avec le condyle de la mâchoire inférieure.
§ xvm.
Os temporal des oiseaux.
PI. XVII, fig. 5, 6, 12 et 13. Corneille mantelée.
L’os temporal des oiseaux , lorsque l’animal est arrivé à l’âge adulte, est
(I) La caisse est généralement 1res développée chez les rongeurs; mais, de tous les animaux de ma collection, ceux qui me l’ont présentée dans le plus haut degré de développement, sont le castor du Danube, la marmotte et le lérot. Dans celui ci; elle est si étendue, eu égard au volume de son crâne, qu elle occupe presque toute la face inférieure de sa base. Voir la fig. 2 de la pl XXIX , représentant le crâne du lérot \u en dessous.
TRAITÉ
formé d’une pièce osseuse offrant deux portions bien distinctes par leur forme, leur étendue, et leur rapport (1) ; l’une supérieure, a, b, b, tig. 15 et 6 ; et une inférieure, n, même fig.’
Examinons d’abord le temporal par la face qui répond aux tégumens du crâne : la portion supérieure, a , b , b, fig. 15, présente une surface lisse , variant prodigieusement de forme et d’étendue dans les diverses espèces (2) ; dans la corneille mantelée, elle est , comme on le voit assez , convexe ; elle est au contraire généralement moins saillante dans la famille des galîinacôes. Deux apophyses, l’une postérieure, b, b, assez longue, et une antérieure, a, beaucoup plus courte, se trouvent placées au bord inférieur de celte surface, qui se trouve recouverte , dans l’étal frais, par des fibres musculaires et aponôvrotiques; la portion inférieure, n, est plate et beaucoup plus étendue que l’autre ; elle concourt à former, en se réunissant avec celle du coté opposé, une grande partie du plancher orbitaire; et la moitié , ou à peu près, de la cavité destinée à loger le tubercule bijumeau.
Examiné par sa face interne, fig. 12, le temporal offre deux fosses trèsdistinctes : l’une supérieure, ayant assez d’étendue et excavée, 1 , 2, S , id. fig.; elle forme la fosse latérale supérieure de la base du crâne , t , t , tig. 16 , et loge les portions latérales des hémisphères cérébraux; on y voit quelques sillons artériels : l’un d’eux, placé en devant, est beaucoup plus prononcé que les autres.
La fosse inférieure, c, se trouve séparée de celle que nous venons de décrire,
(1) Meckel prelend que les deux portions qui composent le temporal restent séparées l’une de l’autre pendant toute la durée de la vie, et ne' sont unies que par une articulation mobile ( Anatomie compavèe , t. III, p. 253 ; traduite par Riester ). Sur plus de soixante espèces d’oiseaux adultes dont j’ai cherché à désarticuler les têtes, je n’ai jamais vu que ces deux pièces fussent distinctes; je les ai constamment trouvées soudées, quelquefois même dans un âge peu avancé.
(2) Dans un mémoire publié en 1807, et consigné dans les Annales du Muséum d’histoire naturelle, t. X, le professeur Geoffroy-St. -Hilaire s’est attaché à faire un rapprochement eptre les pièces osseuses du crâne des oiseaux et celui des quadrupèdes. Ce savant a fait représenter, sur la planche qui accompagne son travail, la têle d’un jeune poulet de quatre à cinq mois, rcprésentée en dessous , de profil et par sa face inférieure. Chaque pièce crânienne se trouve pourvue d’une lettre indiquant le nom de chaque pièce osseuse. Selon cet auteur , la partie que nous décrivons ici, serait l’os pariétal proprement dit, tandis que la pièce, placée p’us en dedans, et qu’il a indiquée par la lettre S, serait l'os inter-pariétal. Nous avons été fâché en lisant le Mémoire de cc célèbre naturaliste , de voir que ses observations n'avaient été basées que sur l’examen d’une ou deux têtes INous ajouterons que plusieurs analogies entre les os du crâne et de la tace de cette classe d’animaux et celle des quadrupèdes, nous ont paru évidemment forcées. Nous laissons, au reste, aux personnes qui s’occupent de recherches spéciales sur ce sujet , à juger si nos observations sont fondées. Nous ferous seulement observer que la portion osseuse désignée par ce naturaliste sous le nom d’os pariétal du poulet, est celle qui nous présente le plus d’analogie avec la portion écailleuse du temporal des quadrupèdes , et que 1 os que le même savant appelle inter-pariétal n'existe pas chez les oiseaux, et nest, selon nous, que la représentation de l'os pariétal des quadrupèdes.
par une petite lame osseuse, x, x , x ; elle est assez profonde , et forme, en se réunissant avec la demi-cavité de l’os occipilaî , tig. 14, b, b, une cavité ou fosse complète , logeant le tubercule bijumeau.
Devant les deux fosses se remarque une appendice osseuse assez irrégulière, commençant en & , et se terminant en m. Celte portion osseuse forme la plus grande partie du plancher orbitaire ; son bord antérieur, S , 5, se réunit à la portion semblable du temporal opposé : elle offre assez souvent des ouvertutures ou trous qui se remarquent à la base du crâne. Voir la tig. 16, id. pl. (1).
Toute la surface interne du temporal est tapissée par la membrane duremère extrêmement fine chez les oiseaux.
Le temporal est placé dans les oiseaux comme chez les quadrupèdes, c’està-dire sur les parties latérales du crâne ; seulement quelques parties que nous avons constamment trouvées chez ceux-ci, manquent entièrement à cet os dans les oiseaux : nous voulons parler de l’apophyse mastoïde et des parties qui composent l’appareil auditif, qui se trouvent, au contraire, logées ici dans l’occipital, ainsi que nous l’avons démontré en faisant la description de cet os.
Le temporal des oiseaux s’articule avec l’occipital par son bord postérieur, v, v, v, v ; par le supérieur , o, o, o, o, o, avec les pariétaux et une partie du frontal ; par son bord antérieur, S, 15, avec le temporal opposé ; et par la partie supérieure de ce bord , avec la lame du frontal représentée, fig. 9 , h, b. Le mode d’articulation de cette partie est assez remarquable : l’angle antérieur du temporal se trouve reçu dans l’échancrure du frontal, fig. 8 , d, et la lame, b, b, de celui-ci se trouve recouverte par la petite lame plate du temporal placée devant la fosse supérieure. On ne peut bien apercevoir celte articulation chez les oiseaux que peu de temps après la naissance. Je l’ai trouvée trèsapparente chez des pies et des geais de quatre à cinq jours, il est extrêmement remarquable sur le crâne de deux jeunes loriots de dix jours, faisant partie de ma collection.
Enfin, le temporal s’articule par une petite fosse placée derrière la grande apophyse, b, b, avec une portion osseuse appartenant à la mâchoire inférieure, et représentant l’apopliyse glénoïde de l’homme et des quadrupèdes.