‹ Traité de phrénologie humaine et comparéeChapitre 31 sur 87 · IH · texte numérisé non relu

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Cerveau des oiseaux , des reptiles et des poissons.

L’encéphale ou système nerveux cérébral des oiseaux se compose , comme celui des quadrupèdes , de trois parties bien distinctes, pi. LXXIII, fig. 2 : 1® deux hémisphères , 1, 1, un cervelet 2, 2, et un prolongement rachidien, 3, S. Comparés avec les mêmes parties chez les quadrupèdes , nous y trouverons des différences trop remarquables pour ne pas être le sujet d’observations particulières. Nous aurons recours pour le système nerveux cérébral des oiseaux à la méthode que nous avons déjà employée pour celui des quadrupèdes comparé avec celui de l’homme , c’est-à-dire que nous ferons ressortir les caractères les plus saillans des parties qui le composent. Nous commencerons par les hémisphères. Ils sont constamment doubles ou composés de deux parties égales en forme et en volume (1) , ou du moins chez lesquelles la différence est à peine perceptible : disposition que nous n’avons point trouvée chez les quadrupèdes , encore moins chez l’homme.

Dans toute la famille des oiseaux , sans exception , les hémisphères cérébraux sont lisses r c’est-à-dire n’offrent aucunes traces de circonvolutions;' caractère que nous avons déjà reconnu dans quelques classes des quadrupèdes , notamment dans toute la famille des rongeurs.

La forme des hémisphères cérébraux des oiseaux varie beaucoup ; il suffit de jeter les yeux sur les pl. LXX , LXXI, LXXII et LXXIII , représentant autant de cerveaux appartenant à cette famille , pour se convaincre que toutes les parties des hémisphères sont loin de présenter le même degré de dè- . veloppement ; de là l’immense variété de leur forme (2).

Derrière les hémisphères cérébraux, 2 , pl. LXXIII , fig. 2 , se voit le cervelet. Cette partie du système nerveux, que nous avons vue quelquefois couverte en totalité , chez l’homme et quelques singes , quelquefois en partie seulement , comme chez le chien , la marte , etc. , etc. , se trouve entièrement

(1) C’est à ce volume égal des hémisphères qu’il faut attribuer celte régularité dans la forme du crâne des oiseaux, que l’on ne trouve jamais chez les quadrupèdes, et encore moins dans l’espèce humaine.

(2) Nous verrons plus tard l’importance que l’étude de ces variétés de forme et de volume offre pour les applications phréuologiques.

à découvert dans toute la famille dos oiseaux. Il offre quelque ressemblance avec le corps d’une chenille qui serait dépourvu de poils ; il est divisé comme lui en sections ou anneaux , dont les plus larges occupent toujours la partie moyenne. Le plus grand diamètre du cervelet des oiseaux, au lieu de se trouver dans le sens transversal , comme chez les quadrupèdes , existe au contraire de haut en bas ou dans le sens vertical. Quand le crâne des oiseaux présente peu d’épaisseur, ainsi que cela a lieu dans toute la famille des becs-fins , on peut distinguer à l’extérieur les divisions des parties qui composent le cervelet. Coupé verticalement, le cervelet des oiseaux présente , comme chez les quadrupèdes , une espèce d’arborisation , mais beaucoup moins compliquée que chez eux. PI. LXXI , fig. coupe verticale du cervelet de la poule.

Nousjivons vu que, chez l’homme et les quadrupèdes , pl. LXXYII, fig. 4 , on trouvait entre le cervelet et le cerveau sur la face postérieure du môsocèphale , commissure du cervelety quatre tubercules connus sous le nom de quadrijumeaux. Chez les oiseaux , au contraire , nous n’en trouvons que deux , et au lieu d’être placés à la partie moyenne du système cérébro-spinal, ils sont situés de chaque côté du cervelet , et plus ou moins recouverts par la partie postérieure des lobes cérébraux ; mais jamais complètement : voy. pl. LXX , fig. 1, 2, !B, 4, et 5. Ils sont réunis à l’aide d’une commissure, id. pl. , fig. â, dont la largeur varie'îieaucoup suivant les espèces. Celle du cerveau représenté fig. S , est celle du geai ; on voit qu’elle est assez large eu égard au volume du cerveau de l’animal , surtout lorsqu’elle est comparée à une autre beaucoup plus petite placée devant elle. Il est facile de voir par celte figure du cerveau , dont nous avons écarté les hémisphères , qu’il n’existe pas , comme chez l’homme et les quadrupèdes , la commissure connue sous le nom de nièsolobe : nous n’en voyons que deux, et ce sont celles que nous venons d’indiquer. On pourra voir , dans notre Traité âC anatomie du, cerveau de l'homme et des animaux , les conséquences que nous tirons de ce mode particulier d’organisation.

Les tubercules bijumeaux des oiseaux sont creux. Entre eux , et sur la commissure postérieure, se voit un petit corps variant de forme, de volume et de consistance ; on peut le considérer comme l’analogue de la glande pinéale de l’homme et des quadrupèdes ; nous avons indiqué son siège dans le cerveau , indiqué pl. LXXIII , fig. 5. Yicq-d’Azir nie positivement son existence chez les oiseaux : cet anatomiste l’aura sans doute enlevée avec la dure-mère ; mais avec un peu de précaution , il est toujours aisé de la conserver. C’est absolument sans fondement que M. Serres assure que le volume de ce petit corps se trouve en rapport constant avec le volume du cerveau de l’oiseau. Nous avons donné, dans notre ouvrage sur l’anatomie de ce viscère , plusieurs faits évidemment opposés à l’assertion de cet anatomiste.

Dans les reptiles , pl. LXXI , fig. 6 , on trouve deux hémisphères cérè”

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braux constamment lisses (1), un cervelet san9 lamelle et une moelle épinière. Divisé verticalement, le cervelet des reptiles diffère de tous ceux appartenant aux classes dont nous avons étudié l’encéphale : il nous a paru dépourvu d’arborisations. Dans les poissons, pl. LXXI , fig. 5 et 7, les hémisphères cérébraux présentent une singulière disposition ; tantôt ils sont composés de deux parties renflées à droite et à gauche , comme dans le cerveau du hareng, id. pl. , fig. 7, le rouget , id. pl. , fig. 10 ; d’autres fois , ce sont plusieurs tubercules placés à la suite les uns des autres. Le cervelet, dans celte classe , est lisse ; sa section n’offre aucune trace d’arborisations.

La moelle épinière des poissons est ordinairement renflée à son extrémité supérieure , d’où partent les filamens nerveux qui communiquent avec le cerveau et le cervelet. Cette partie du système nerveux est quelquefois divisée en plusieurs parties ayant quelque rapport avec le cervelet des oiseaux. Le rouget, id. pl., fig. 10, nous offre un exemple frappant de ce genre d’organisation.

Il n’est pas de classe d’animaux dont le système nerveux cérébro-spinal nous ait offert autant de variétés organiques que celui des poissons. Un travail sur ce sujet , fait avec soin dans les principales classes, ordres, et genres, et accompagné de figures d’une bonne exécution , serait extrêmement précieux (2).

Nous croyons devoir terminer ici nos observations sur la structure du système nerveux cérébral , par quelques remarques sur la dissection de cette partie si délicate : elles intéressent surtout les anatomistes qui seraient tentés de se livrer à l’étude profonde de son organisation :

1° On ne doit jamais commencer l’étude du système nerveux cérébral par le cerveau des jeunes animaux ou celui des adultes dont le corps a déjà éprouvé un commencement de putréfaction. Le temps le plus favorable pour la dissection , est celui où le corps de l’animal est complètement refroidi.

2° Les cerveaux d’hommes qui ont passé soixante ans , et ceux des vieux chevaux , sont excellens pour suivre les fibres cérébrales ; parce que , dans un âge avancé, la substance fibreuse du cerveau présente plus de consistance. Chez l’homme trop vieux , chez les animaux épuisés par l’âge et les

(1) Dans l’ouvrage du docteur Spurzheim sur le cerveau, publie' à Londres en 1826, on voit, pl. 111, fig. 2, un cerveau de grenouille composé de quatre hémisphères. 11 faut que cit médecin ait emprunté ce dessin à quelque auteur , ou que ce soit une monstruosité, car jamais nous n’avons rencontré une pareille conformation.

(2) Nous avons disséqué un grand nombre de cerveaux appartenant à des espèces de poissons dont M. Serres a fait représenter les cerveaux dans la pl. Y1I de son atlas. Non-seulement les figures de cet anatomiste sont inexactes, mais on y trouve encore des parties qui n’ont jamais existé dans la nature. Comme ces cerveaux appartiennent à des poissons que 1 on peut sc procurer facilement, on pourra vérifier la vérité de notre assertion.

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TRAITÉ

fatigues,, l’étude du cerveau devient très-difficile, soit par la diminution des circonvolutions , leur ramollissement , ou les adhérences de la membrane qui les recouvre.

3° On ne peut étudier avec succès le cerveau du fœtus, celui des jeunes animaux , ceux des oiseaux , des reptiles et des poissons , qu’après une macération préalable dans l’alcool affaibli avec moitié d’eau. Le cerveau ne se déforme pas du tout par ce moyen. Il est bon de laisser séjourner le cerveau quelques heures dans ce liquide ; de manière que tout le sang , contenu dans les vaisseaux puisse se déposer au fond du vase : cela fait , on remet le cerveau dans une liqueur de même nature. On distingue alors parfaitement sa forme , et l’on peut le faire représenter avec succès (1).

4° On peut , en ayant recours à la scie , conserver le crâne de l’homme et des quadrupèdes dont on aura étudié les cerveaux. Le moyen conseillé par Bichat , le marteau , est très-expéditif ; mais on ne peut l’appliquer avec succès aux petits quadrupèdes : il n’est bon que chez l’homme ; encore perdon la boite osseuse qu’il vaudrait mieux conserver. Dans les oiseaux , le meilleur procédé consiste , après avoir mis le crâne à nu , à l’enlever par portions avec un scalpel assez fort et à lame courte. A la vérité on perd le crâne par ce moyen , mais on est sûr d’avoir un cerveau intact ; ce que l’on serait moins sûr d’obtenir en ayant recours à la scie. Il existe cependant quelques espèces d’oiseaux, comme le dinde, la poule , la pintade, le paon , l’oie, dont les parois du crâne offrent trop de dureté pour être facilement enlevées à l’aide du scalpel ; dans ce cas , il faut avoir recours à la lame d’une scie dont les dents soient très-fines. La membrane dure-mère , qui est très-mince chez les oiseaux , est susceptible de se dessécher facilement ; on s’en aperçoit à de légers plis qu’elle forme sur le cerveau , quand la voûte du crâne est enlevée. Il faut, dans ce cas, humecter cette membrane avec un peu d’eau ; on pourra l’enlever quelque temps après sans altérer l’encéphale.

5° Il est certaines parties du cerveau des quadrupèdes et surtout des oiseaux, qu’on ne peut bien voir qu’après un long séjour de ce viscère dans l’alcool. Il faut d’abord, lorsqu’on veut faire l’étude de ces parties, mettre les cerveaux à tremper dans un mélange d’eau et d’alcool , celui-ci étant dans la proportion d’un tiers. On a seulement en vue , par ce moyen , de débarrasser le cerveau du sang que ses vaisseaux peuvent contenir. Après trois ou quatre heures de séjour dans ce liquide , les cerveaux sont plongés dans un bocal bien bouché et ne contenant que de l’alcool pur. La forme extérieure des cerveaux change unpeu , mais certaines parties deviennent plus faciles à étudier par le degré de

(1) En été , il faut mettre deux tiers d’alcool , si l’on veut conserver les cerveaux , et prendre soin que le bocal soit bien fermé, sinon le cerveau se boursoufïïe en peu de temps et change complètement de forme. On ne peut pas se faire une idée de la quantité d’alcool absorbée par le cerveau. Il m’est arrivé en mettant dans de l’eau pure des cerveaux qui avaient séjourné dans l’esprit de vin dix ou douze jours , de les voir nager à la surface comme des bouchons de liège.

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consistance qu’elles acquièrent. J’ai quelquefois eu recours à la liqueur connue sous le nom de Monro ; c’est un mélange d’alcool et d’acide nitrique, dans la proportion d’un gros d’acide sur une pinte d’alcool ; mais je ne me suis pas aperçu qu’elle offrit plus d’avantage que le mélange d’eau et d’alcool. Reil, dans ses préparation^1 très-délicates du système nerveux , faisait un fréquent usage d’acide nitrique affaibli, ou de lessives alcalines. Quels que soient les moyens employés pour arriver à une connaissance parfaite de la structure du système nerveux cérébral , on ne saurait trop se pénétrer , avant de s’y livrer, que , de tous les organes du corps humain , c’est celui dont la dissection présente le plus de difficultés, et demande que les mêmes objets soient vus plusieurs fois avant d’en avoir une juste idée.

Nous allons terminer ces remarques en présentant , sous forme de tableau , les principaux rapports et les principales différences présentées par les cerveaux de l’homme, des quadrupèdes, des reptiles et des poissons.

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TABLEAU des principaux rapports et différences présentés par diverses parties du système cérébro-spinal de l homme , des quadrupèdes , des oiseaux , des reptiles et des poissons. /

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