CERTIFICATS
I. — Du D* William Weir.jtrofeteeur de médecine pratique , ex-ehirvrgien à l'infirmerie royale de Glatcow , et éditeur du journal de médecine de Glasgotc, à lord Glexelg.
Milord ,
GUccow, 14 mars 1836.
A la requête désir G. S. Mackenzie, bart., et par suite d'une correspondance qui a eu lieu entre votre seigneurie et lui sur les maux que font souffrir à la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud la déportation de criminels endurcis et l'usage de les donner pour domestiques aux colons , je ferai à votre seigneurie l'exposé suivant :
Depuis vingt ans je donne toute mon attention à la physiologie humaine en général et à la science de la phrénologie en particulier , et j’ai eu de nombreuses occasions de comparer la forme et l’étendue de la tète dans les individus vivants avec leur talent et leur caractère mental. Je n'ai cessé non plus d'examiner les crânes et les moules des têtes des personnes mortes et de les comparer avec leur caractère mental connu et leurs actions ; et j'ai constamment trouvé une connexion uniforme entre les talents et les dispositions naturelles et la forme et l'étendue de la tète.
•le n'hésite donc pas à dire que d'après ces sources , de longues éludes «l des observations répétées, j'ai acquis la ferme conviction que
la forme et l'étendue du ccrreau indiquent les dispositions naturelles de l'homme assez exactement pour que ceux qui ont quelque pratique dans ces manipulations distinguent, de leur vivant, les criminels endurcis de ceux qui ont quelques bonnes dispositions.
J’ai l'honneur, etc.
William Wf.ir , M. D.
II. — D'Altxandre Uood , esq. , chirurgien à Kilmamock , d lord Clgxelc.
tülmarnock, 14 mari 1636-
Milord ,
Je prends la liberté de m'adresser à votre seigneurie par suite d’une lettre que j’ai reçue de sir G. S. Mackenzie, bart. , dont les fils sont établis dans la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud , snr les grands maux que causent aux colons ces criminels endurcis qu’on déporte auprès d’eux , et qu’on leur donne pour domestiques. Sir George Mackenzie suggère que la phrénologie pourrait être utile pour indiquer les dispositions des criminels , et pour choisir, avant la déportation, les plus endurcis et les plus incorrigibles.
Depuis plusieurs années que je donne à l'étude de la phrénologie un temps considérable , j’ai pu constater la vérité de ces principes par les expériences les plus rigoureuses et les plus concluantes ; le résultat a été de me convaincre peu à peu, mais fermement , de l'exactitude des doctrines qu'elle propage. Je crois qu’on peut l'appliquer avec avantage à la société de la manière conseillée par sir George Mackenzie. Ces observations journalières, comme médecin, m’ont confirmé dans cette conviction qu'un habile phrénologue peut, en examinant la tète d'un bomme, découvrir toute faculté intellectuelle, qu’elle soit faible ou dominante , tout sentiment moral ou penchant animal avec presque autant d'exactitude qu’un médecin peut découvrir l'étal sain ou morbide du cœur, des poumons, du foie ou de l’épine dorsale.
J’ai l’honneur, etc.
Alexavdre lioon, chirurgien.
III. — De Richard Carviichael , ctq ., M. R. I. A. , membre correspondant de l’académie royale de médecine de Paris, membre honoraire de plusieurs sociétés médicales, chirurgien consultant de l'hôpital chirurgical de Richmond, et auteur de plusieurs ouvrages sur la chirurgie, à lord Glenelg.
Dublin, 13 mm 1636.
Milord ,
Sir G. S. Mackenzie m’ayant exprimé le désir de moir si je crois que i la forme et l'étendue de la tète indiquent les dispositions naturelles assez exactement pour qu'on puisse distinguer, de leur vivant , les criminels endurcis de ceux qui ont quelques bonnes dispositions, » et m'ayant prié, dans le cas de l'affirmative, de faire connaître mon opinion il votre seigneurie , je n’hésite pas à vous assurer que telle est ma croyance , et que je considère ce mode de distinguer les personnes qui ont de bonnes dispositions , de celles qui n'en ont que de mauvaises , comme pouvant être très-utile cl très-avantageux il la société.
J’ai l'honneur, etc.
Richard Carbiciuel.
IV. — D'Edouard Barlow.M. D. de l'université d’ Edimbourg .membre du collège royal des chirurgiens et Irlande , médecin en chef à l’hôpital de Balh et à l'hôpital uni de Bath ; membre de la Société royale médicale et chirurgicale de Londres, etc., etc., à lord Glexf.lg.
Bath. 13 mira IS3S.
Milord ,
D’après le désir de sir G. Mackenzie , j’offre volontiers mon témoignage en faveur de l'application de la phrénologie h l'examen des criminels , conseillée à votre seigneurie par ce phrénologuc. Prenant un vif intérêt à cette science , d’après la conviction profonde que j’ai de sa vérité , depuis plus de vingt ans j'en suis les progrès , je
n'hésite pas à affirmer que toutes les fonctions mentales doivent leurs manifestations ù la conformation du cerveau , et que sa forme et son étendue indiquent les dispositions naturelles assez exactement pour qu'on puisse distinguer parfaitement, de leur vivant, les criminels endurcis des hommes qui ont quelques bonnes dispositions.
Par ignorance et par irréflexion , j’ai d’abord douté de la phrénologie ; ma conversion n’a pas été le résultat subit d’un caprice d’imagination, mais une conviction profonde, due à de longues investigations. Sans m’étendre sur les motifs de ma foi actuelle , je me bornerai à faire remarquer que M. De Ville, de Londres , a fait , il y a dix ans , avec le plus grand succès, l’application du système de phrénologie de George Mackenzie à cent quarante-huit criminels, transportés à la Nouvelle- Galles du Sud sur un bâtiment anglais, et que l'ordre le plus pariait a régné pendant toute la traversée , grâce aux lumières que M. De Ville avait données sur le caractère de chacun d'eux. Ces faits sont de notoriété publique ; ils sont consignés dans le rapport fait au Dr Burnett , par M. G. Thomson , chirurgien du bâtiment. La relation que M. Thomson a faite de ce voyage est déposée à l’administration des subsistances de la marine.
Je considère la vérité de la phrénologie comme aussi bien établie que celle de toute autre branche des sciences naturelles ; car elle n’est pas fondée sur des assertions imaginaires ou hypothétiques , mais sur les déductions rigoureuses de faits nombreux observés avec soin. Ce n'est que par une suite d'observations et de raisonnements semblables qu’on peut découvrir les vérités naturelles ; c’est ainsi que la philosophie de cette science est arrivée au degré où elle est ; et c'est à cette suite de raisonnements et d’observations que nous devons la seule philosophie saine et rationnelle de l'esprit que l'on ait jamais produite. A mesure que les principes de cette science seront connus et appréciés, on les appliquera aux affaires de la vie ordinaire ; et ils ne pourront manquer d’étre de la plus haute importance pour le bien-être et le bonheur de l’homme. L’espèce d’application de la phrénologie qui vous est conseillée par sir George Mackenzie , a mon entier assentiment.
J’ai l'honneur, etc.
E. Rari.ow , M. D.
V. — De MM. Alexandre flood , John Crooks et John Miller, chirurgiens , et du Dr Robert Walker, à Kilmamock , à lord Glenelg.
Milord ,
Kilmamock, 16 mars 1636.
Noire attention «'étant portée sur la communication que vous a faite sir George Mackenzie , louchant b possibilité d'appliquer la phrénologie au choix des condamnés décriés aux colonies , nous , soussignés , demandons humblement qu'il nous soit permis d'offrir notre témoignage à l'appui de son opinion.
Nous sommes déterminés à cette démarche par la conviction intime que la phrénologie est la véritable science de l'esprit , que la forme et l'étendue du cerveau indiquent si exactement les dispositions naturelles, qu'il est facile aux personnes qui l'ont bien étudiée de distinguer, par l’examen de la tête , les individus qui menacent d’être dangereux pour la société , de ceux qui sont constitués différemment. Dans notre opinion , il y aurait grand progrès en philosophie, et un grand avantage pour la société, à appliquer les doctrines de la phrénologie , nonseulement h l’objet que nous venons d’indiquer, mais encore à nos institutions sociales en général , par exemple à l'éducation , aux moyens de prévenir et de punir les crimes , et au régime pénitentiaire.
Nous avons l'honneur, etc.
Alexandre Hood , chirurgien.
John Crooks , chirurgien.
John Miller , chirurgien.
Robert Walker , M. D.
VI. — De Robert Ferguson , esq., membre du parlement pour le comte dUvddinglon, à George Coure , esq. , à Edimbourg.
Londres, 17 mars 1819-
Mon cher monsieur.
Je n'hésite pas à déclarer que je crois fermement que la science de
COMBE. — TRAITE DE PIIRIÜNOLOGIE. T. II. Wt
la phrénologie rend ceux qui la possèdent capables de prononcer sur toute faculté ou penchant prononcé chez un individu. Pour répondre plus directement à votre circulaire , je crois que la société ne pourrait que profiter beaucoup de l'examen de la tête des hommes condamnés pour des crimes atroces.
Je tiens pour certain , et de nombreux exemples l'ont prouvé , que dc6 personnes versées dans la phrénologie pourraient , à un examen semblable , prononcer si les criminels sont incorrigibles , ou s'ils pourraient reprendre une place honorable dans la société par la culture d'autres dispositions dans leur constitution intellectuelle.
Je crois qu'on devrait interdire aux coupables incorrigibles toute relation avec la société, et toute espérance de liberté, même dans l’avenir le plus éloigné.
Je vois cependant , dans la pratique , de grandes difficultés & ces importantes investigations. Mais on pourrait peut-être trouver des moyens d'en venir à des conclusions propres à guider dans le choix des châtiments pour la sûreté de la société.
Votre bien dévoué ,
Robert Fergcson.
VII. — De John Fife, etq. , juge de paix à Netccaslle-sur-Tyne , membre du college royal des chirurgiens de Londres, membre de la Société médico-chirurgicale de Manchester et de la Société royale de médecine d'Edimbourg, professeur de chirurgie à r Ecole de médecine de Newcastle , etc. , etc. , etc. , à lord Gleselg.
sewcastlc-iur-Tync, 19 mar» 1838.
Milord ,
Sur la demande de sir George Mackenzie , baronnet , M. Combe m’ayant fait part de votre répugnance à choisir, d’après les principes phrénologiques , les criminels à déporter à la Nouvelle-Galles du Sud , et m’ayant prié de vous dire mon opinion sur cette proposition , je ne crains pas d’affirmer que la forme et l’étendue du cerveau indiquent les
dispositions naturelles assez exactement pour qu'il soit possible «le distinguer, de leur vivant , les criminels incorrigibles de ceux qui ont quelques bonnes dispositions.
J’ai l'honneur, etc.
Johü Fife.
VIH. — Du ür W. C. Engledue , eje-prérident de la Société royale de médecine d’Edimbourg , et iccrélaire de la Société phrénologique de Porltmoulh , à lord Gi.emelc.
FortunouUi. El min ISM
Milord ,
Vous m'avez demandé mon opinion sur la communication de sir G. Macltenzie , et c’est avec plaisir que je me déclare convaincu des bienfaits qu'on pourrait en tirer et de son applicabilité. Sur ce dernier point , je puis me prononcer avec quelque degré de certitude ; car à la maison de détention de Porlsmouth j'ai eu de nombreuses occasions de reconnaître , dans l'application , la vérité de cette science. 11 me serait impossible à présent d'entrer dans les détails minutieux qui constituent les preuves ; mais d'après mon expérience , je n'hésite pas à affirmer que les phrénologues peuvent désigner dans un grand nombre de criminels ceux qui sont endurcis au point de n’èlre plus susceptibles de correction , et ceux qui , pour de légères offenses peut-être , sont condamnés à partager le sort des premiers , quoique par des soins et de bons exemples ils [lussent être un jour ramenés à la vertu, et compter parmi les membres utiles de la société. t
C'est là un fait qui a entièrement échappé à l'observation des législateurs. Les condamnés sont embarqués péle-méle pour les colonies , sans égard aucun à leurs dispositions naturelles ou aux effets que peuvent produire sur eux les mauvais exemples. Les bons , les mauvais et ceux qui ne sont ni bons ni mauvais , sont entassés ensemble , cl après le débarquement, partagés entre les colons, pour retomber, le plus
«uuvcnl, comme le prouvent de* fait* patents, dans leur* premiers crime* , *inon dan» de* crimes plu* atroce* encore.
Considérant ces colonies comme de jeunes communauté* oit il est à dé»irer qu’on ne réunisse que des individu* du meilleur caractère , il n’est pas ju*te de les inonder d'être* qu’un pay* , protégé par des lois équitables et sévères , n’a pu tenir dans de juste* limites.
Je pourrais m’étendre sur les effets ultérieur* qui résulteront sans doute de la continuation du système actuel ; mais les borne* de ce certificat ne me le permettent pa*.
Je n’ai pas besoin d’ajouter que le mémoire de sir G. S. Mackenzie a toute mon approbation ; vous devez , ce me semble , le prendre en sérieuse considération.
J’ai l’honneur , etc.