Marey, la Machine animale^ p. 166 et
dans le trot raccourci, quatre pistes au lieu de deux pour un pas complet. De même, si le cheval est attelé à une voiture pesante, le fardeau à traîner retiendra le centre de gravité, le pas sera raccourci, comme si l'animal remontait une pente; et si le fardeau est très lourd, le temps de l'appui l'emportant en longueur sur celui du soutien, le corps sera presque constamment alors supporté par trois |)ieds à la fois ; chaque extrémité retardant jusqu'au poser de celle qui l'a précédée dans l'action.
« Si, au contraire, le cheval descend le plan incliné, le centre de gravité, se portant plus en avant, se déplacera plus facilement, le pas s'allongera et la piste du pied antérieur sera dépassée plus ou moins par celle du pied postérieur; mais ce résultat n'arrivera que si l'animal est libre ou peu chargé; car s'il a à retenir un fardeau un peu lourd, ou si la pente est très rapide, il aura soin de raccourcir son allure pour éviter d'être entraîné par l'accélération du mouvement ^ »
Les déplacements du centre de gravité dans le pas sont assez compliqués. Ceux qui s'effectuent suivant le sens horizontal sont les plus faciles à saisir. Lorsque le corps est soutenu par un bipède latéral, le centre de gravité se trouve, à peu près, sur le tiers antérieur de la ligne qui réunit les deux extrémités à l'appui , il passe de là au tiers antérieur de la ligne qui réunit les deux pieds d'un bipède diagonal, dès que le corps, dans le temps suivant, est soutenu par ces derniers, puis il se porte sur le second bipède latéral, et de celui-ci sur le second bipède diagonal, de telle sorte qu'il éprouve, dans un pas complet, quatre déplacements successifs d'autant plus étendus que la crou|)e et le poitrail offrent plus de largeur.
Les déplacements verticaux peuvent être représentés par une succession d'arcs de cercles à convexité supérieure, qui auraient pour cordes les lignes de déplacement dans le sens horizontal, mais ils sont trop compliqués pour être compris sans le secours des ligures.
Quant au déplacement total du corps, dans un pas entier de l'allure que nous étudions, il peut être apprécié très exactement. Pour cela, il suffit de mesurer l'espace qui sépare deux foulées successives du même pied, c'est-à-dire la distance qui existe entre la piste que quitte un pied et celle oii il vient se placer immédiatement après. Cette distance représente précisément l'amplitude de l'oscillation d'une extrémité, amplitude dont l'étendue donne, ainsi que nous l'avons établi précédemment, l'espace parcouru par le centre de gravité pendant la durée d'un pas complet d'une allure quelconque.
Le tableau suivant donne quelques-uns des résultats obtenus dans des expériences faites avec trois chevaux de même hauteur, mais de longueur un peu différente. Les animaux marchaient dans une allée unie, préalablement ratissée, qui conservait les empreintes des pieds avec tous leurs détails. Le postérieur droit portait à la branche externe du fer un clou à tête saillante, qui en faisait facilement reconnaître la jiiste.