IV. — Du GALOP
Le galop est la plus rapide allure des solipèdes, aussi est-il fort difficile d'y reconnaître l'ordre suivant lequel agissent les extrémités, néanmoins leur jeu n'y est pas plus compliqué que dans le pas.
Il y a plusieurs espèces de galop qui se distinguent par le nombre des battues d'un pas complet. L'une est le galop de manège ou à quatre temps, l'autre le galop ordinaire, à trois temps, qui, en devenant très rapide, constitue le galop de course.
Toutes les formes de galop ont ceci de commun qu'elles ne sont pas symétriques, en ce sens que les membres d'un côté n'ont pas, soit dans le même temps, soit dans les temps successifs, une action semblable à celle des membres du côté opposé. Les deux membres postérieurs ne donnent pas leur impulsion
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dans des l(;inps qui se ressembleiil, et les membres antérieurs ne participent pa? au soutien du corps dans des situations identiques.
FiG. 78. — Le galop.
Le galop à trois temps est le gnlop ordinaire, tant qu'il conserve une vitesse moyenne, et le galop forcé ou de course, lorsqu'il arrive à un degré extrême de rapidité. Il paraît constitué par une série de sauts d'une grande étendue. La première de ces modifications est celle qu'il faut étudier tout d'abord pour bien apprécier l'ordre suivant lequel les membres se succèdent dans les autres variétés de l'allure.
Le pas initial du galop ne peut servir de point de départ à l'analyse de l'allure, car il n'est point régulier; il semble indiquer cependant de quelle manière le galop s'engage et à quel moment il convient de voir le commencement d'un pas complet. En effet, le cheval, après s'èlre rassemblé ou après avoir engagé ses membres postérieurs sous le corps, les étend brusquement en imprimant une vive et énergique impulsion à la masse. Au moment même où cette impulsion se donne, les membres se lèvent et s'élancent en avant pour préparer un soutien-au centre de gravité. Aussi peut-on admettre que, à l'inverse du pas. qui est l'allure lente par excellence, le galop est entamé par un membre postérieur. Et, quand l'allure est engagée, le pas doit théoriquement commencer au momentoù l'impulsion allants'éleindre, une impulsion nouvelledevientnécessaire. Ce moment est précisément celui oi'i le corps retombe sur un membre postérieur.
Le pas complet du galop ordinaire est, d'après la plupart des observateurs, marqué par trois battues ; la première est celle d'un pied postérieur; la seconde, celle d'un pied postérieur et d'un pied antérieur formant un bipède diagonal; la troisième, celle d'un pied antérieur suivie d'un temps très court pendant lequel le corps est complètement en l'air. Ainsi, en supposant que le cheval galope à droite, c'est-à-dire que chaque membre droit soit constamment plus avancé que son corresjiondant du bipède 1, itérai gauche, le corps, à partir du moment où il est sans ,ippui, tombe : l" sur le membre postérieur gauche; 2" sur le membre postérieur droit et l'antérieur gauche; 3^ sur l'antérieur droit, après quoi il se retrouve en l'air, puis revient sur les extrémités dans le même ordre qu'auparavant.
Le jeu des extrémités a lieu alors de telle sorte que, aussitôt après son appui, chaque pied se relève et se retrouve en l'air avant que ceux qui doivent appuyer ensuite aient etfectué leur battue ; d'où il résulte que l'une quelconque des extrémités est un temps à l'appui et trois temps en l'air, pendant la durée d'un pas complet. Toutefois lemembrequi est tombéà l'appui oblique en avant doit revenir à la verticale et à l'obliquité en arrière avant de se relever, et c'est pendant qu'il éprouve ce mouvement, par son extrémité supérieure, que son congénère a le temps de se porter à une certaine distance en avant du premier. Ce jeu des membres n'a pas, dans le galop, cette symétrique régularité qui caractérise les autres allures, et il diffère suivant que le cheval galope à droite ou à gauche. Lorsqu'il galope à droite, la foulée de chaque pied du bipède latéral droit dépasse celle de chaque pied correspondant du bipède latéral gauche ; de plus, le membre antérieur gauche et le postérieur droit, venant, dit-on, toujours ensemble à l'appui, se fatiguent moins que l'antérieur droit et le postérieur gauche qui y arrivent isolément. Lorsqu'il galope à gauche, c'est précisément l'inverse qui s'observe : les pistes gauches se trouvent en avant des droites, les
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FiG. 79. — Cheval au premier temps du galop, d'après M. Marey.
deux pieds du bipède diagonal droit ont une battue commune, et les deux autres pieds des battues isolées. Il est des chevaux qui galopent tantôt dans un sens,