‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 138 sur 287 · REPTATION · texte numérisé non relu

REPTATION

du tarse (fig. 81), qui donnontun iTsultat équivalant à Textension du tarse et du genou de l'homme ou du boulot et du jarret des quadrupèdes. En effet, c'est le membre en retard, oblique d'avant en arrière, qui se lève le premier; sa partie

Fig. 8.3. — .Marche <\e l'oiseau.

postérieure se détache d'abord du sol, et l'impulsion s'achève au moment où l'appui ne se fait plus que par l'extrémité des doigts.

De la reptation.

Ce nouveau mode de progression est particulier aux animaux privés de membres ou pourvus d'extrémités impropres à soutenir le corps et à l'empêcher de se mettre en contact tavec la surface du sol.

Il appartient nécessairement à la généralité dos reptiles et à la plupart des animaux inférieurs qui se meuvent sur des corps solides; mais iu>us ne je considérerons ici que d'une manière très générale, et spécialement eu ce qui concerne les animaux vertébrés, chez lesquels il s'offre sous deux formes, savoir : la reptation simple ou apédale, et la reptation opérée avec le secours des membres.

La reptation qui s'effectue avec la participation des membres établit, en quelque sorte, la transition entre la progression ordinaire et la reptation proprement dite. Elle est bien caractérisée chez les lézards, le caïman, le crocodile, la salamandre, le caméléon, les tortues, même chez les phoques et divers cétacés lorsqu'ils se meuvent sur les rivages. Son mécanisme est fort simple dans la plupart de ces animaux : les extrémités, par suite de leur brièveté, de leur écartement, de leur situation tout à fait oblique et latérale, ne pouvant élever le corps au-des-

SUS de la surface du sol, le laissent plus ou moins ramper : pour donner l'impulsion, elles se détachent suivant un ordre variable qui est, chez plusieurs, la tortue, par exemple, celui du pas des quadrupèdes, et leur déplacement s'accomplit, tantôt avec lenteur, comme chez le caméléon, d'autres fois avec la rapidité qui caractérise la progression des petits lézards.

C'est par un mode analogue à la progression des reptiles pourvus de pieds que se meut le phoque à la surface du sol. Cet animal, après avoir pris un point d'appui avec ses membres antérieurs, alors qu'il tient le cou et la tête relevés, attire en avant la partie postérieure de son corps, en faisant ployer sa colonne vertébrale ; puis les parties postérieures prennent à leur tour un autre point lixe et projettent en avant, par un redressement brusque, toutes les parties antérieures du tronc ' .

La reptation simple ou celle des serpents, est plus difficile à concevoir que la précédente, car l'impulsion qui la détermine est développée exclusivement par le jeu des parties qui doivent être mises en mouvement.

Lorsque le serpent se met à ramper, son corps décrit une série d'ondulations horizontales plus ou moins étendues et rapprochées qui disparaissent, puis se reproduisent avec une grande rapidité. Formées par l'action des muscles qui longent la colonne vertébrale ou qui lient les côtes les unes aux autres, elles peuvent être considérées, chacune, comme un point d'appui qui permet à celle qui la précède immédiatement de se redresser et de pousser en avant la partie antérieure du corps. Ainsi, au début du mouvement, l'animal prend un point fixe vers la tête, puis contracte ses muscles spinaux et intercostaux qui font décrire au corps une série d'ondes en ramenant les parties postérieures vers les antérieures. Cela fait, la première ondulation se redresse, se projette en avant, appuyée sur la seconde, et ainsi de suite. Ce redressement, qui paraît s'opérer successivement quand la reptation est lente, semble se produire simultanément dans toutes les ondes dès que la progression devient un peu rapide.

Quelquefois il arrive que le reptile, au lieu de ramper en décrivant des sinuosités, se meut très vite, suivant une ligne presque droite; mais en y regardant attentivement, on voit que le corps décrit encore des ondes alternatives dont les courbes légères appartiennent à des cercles d'un très grand diamètre ; parfois aussi, le serpent progresse sans faire ondoyer son corps : ainsi, lorsqu'il est roulé en spirale et qu'il essaye de se déplacer, tous les tours de la spire se meuvent à la fois et circulairement, depuis la tête jusqu'à l'extrémité de la queue. Cette variété de mouvement est surtout bien sensible chez les ophidiens de grande taille, le boa et le python, par exemple.

Les indexions qui font progresser les serpents appartiennent toutes aux variétés précédentes. Ce qu'on a dit des ondulations verticales est une pure fiction des poètes. Les serpents qui se détachent partiellement du sol pour décrire des courbes d'un plan perpendiculaire à sa surface, ne le font que dans le but de soulever la tête et les parties antérieures du corps, lesquelles, trouvant un a[ipui -111 les postérieures, se meuvent souvent seules et se portent dans

', . Voy. Uarllipz, Mi''rrni/(/iii' //r.^ inoi/r., p. 1:55; Diivernoy, Mé//i. f/u Mus., t. IX, p. 181.

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toutes les directions : les premières suffisent à l'aire mouvoir l'animal en divers sens et à le faire reculer, même avec une grande vitesse, surtout lorsque, suivant la remarque de Lacépèdo, il n'a point, ainsi que l'anipliislirnc nous en oflYc un exem()le, de plaques écaillciiscs scjiis le ventre.

Les ondes alternatives que décrit le corps des ophidiens jouent, sans doute, le principal rôle dans la progression de ces animaux: mais leur action a pour auxiliaire essentiel le jeu des côtes et des lames transversales que la plupart portent en dessous, depuis la tète jusque vers l'extrémité de la queue. Les côtes qui, à l'état normal, sont plus ou moins inclinées en arrière, se projettent en avant et en dehors, lors de la progression, de manière à prendre un point d'appui à leur extrémité libre, sur la ligne de jonction des lames transversales avec les écailles; leur mouvement devient très manifeste à travers la peau, et peut être suivi avec facilité, notamment sur les pythons, pendant qu'ils se déplacent avec lenteur ou lorsqu'ils éprouvent le mouvement spiroïde dont je parlais tout à l'heure. Les plaques écailleuses imbriquées dont le bord libre regarde en arrière, semblent lemplir, par suite d'un léger redressement, l'office d'une série de petits pieds susceptibles de s'appuyer sur les [dus faibles inégalités du sol; leur nombre, qui parait en rapport direct avec celui des vertèbres et des arcs costaux, ajoute à leur importance : j'en compte 147, de la tête à l'orifice du cloaque d'une vipère qui a 1.^0 paires de côtes, et uni; quarantaine sur la longueur de la queue, à partir du point où les côtes disparaissent ; ces dernières, bien plus petites que les autres, sont partagées en deux segments par une découpure lonifitudinale.

La reptation, quelles que soient les variétés de son mécanisme, s'opère plus aisément sur un sol rugueux, dans l'herbe, sur les arbres, etc., que sur les corps dont la surface est dépourvue d'irrégularités. Rlle est aussi très facile dans l'eau, soit ([ue l'animal se trouve com|ilètement plongé dans le liquide, soit qu'il se tienne près de la surface. Le corps décrit dans cet élément les mêmes inflexions (pie sur le sol, et exécute toutes les évolutions possibles avec une rapidité et une souplesse remarquables, car les ondes du reptile peuvent, en fra|)pant le liquide, y |u-endre des points dappui, et permettre à l'animal de progresser lentement ou avec rapidité, et de se diriger sans peine dans tous les sens.

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