‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 140 sur 287 · NATATION · texte numérisé non relu

NATATION

se rapproche très près de la surface du liquide ; la nuque, la partie antérieure de la tète et les naseaux sont seuls en dehors du liquide ; les nnembres demeurent constamment sous l'eau et ne viennent jamais près de la surface ; le corps n'éprouve ni oscillations verticales, ni oscillations latérales très sensibles ; il sillonne le liquide en ligne directe. Si le cheval est chargé d'un cavalier, toutes les parties de ce dernier qui sont immi^-gées, déplaçant un volume d'eau dont le poids est égal au leur, ne constituent f)as un fardeau réel; seulement celles qui se trouvent hors de l'eau, en augmentant de tout leur poids celui de l'animal, nécessitent, pour rendre la natation possible, des mouvements plus rapides et plus énergiques que dans les circonstances ordinaires.

La densité du corps des quadrupèdes leur permet de plonger sans grandes difficultés, fj'hippopotame, par exemple, le fait avec une agilité qui contraste avec ses formes grossières et sa démarche si embarrassée à la surface du sol. On le voit disparaître subitement à une extrémité de son bassin et revenir très vite à l'extrémité opposée ; il lui suffit, pour cela, de faire une profonde expiration alin d'augmenter sa pesanteur s[iécirique, et de fermer ses narines par les sphincters qui les entourent pour prévenir l'introduction de l'eau dans les voies aériennes. On a la preuve qu'il ne sort pas d'air de ses poumons en constatant que, pendant l'immersion du pachyderme, aucune bulle ne vient crever à la surface du liquide.

Les oiseaux nagent autrement que les quadrupèdes. La densité spécifique de leur corps diminuée par le développement de l'appareil respiratoire, la capacité considérable des sacs aériens du thorax et de l'abdomen, la présence de l'air dans le canal médullaire d'une partie des os, dans le tissu spongieux des vertèbres, des plumes, etc., leur permettent de ne plonger dans l'eau que par les régions inférieures du corps.

Leur progression aquatique résulte uniquement de l'action des pattescjui sont courtes et très écartées l'une de l'autre chez les palmipèdes, et cette action est analogue à celle des rames, puisqu'elles frappent l'eau de la même manière, d'autant mieux que les doigts sont entourés d'expansions résistantes ou réunis par. des palmures membraneuses.

Ici le mécanisme du dévelo|)pement de l'impulsion est simple et très facile à comprendre. Loiseau immobile, qui veut se mettre en mouvement, rapjiroche les doigts et porte ses deux pattes en avant, puis il les projette en arrière, en étalant leurs palmures qui battent l'eau par une grande surface ; enfin il rapiiroche de nouveau ses doigts, ramène ses pattes en avant et leur imprime une seconde détente. La réaction du liquide étant beaucoup plus vive lors de la projection des pattes en arrière que lors de leur mouvement inverse, l'oiseau est lancé en avant. Si les doigts demeuraient aussi écartés dans les deux cas, la réaction serait égale de part et d'autre et l'aniuiiil conserverait l'équilibre.

Les deux pattes agissent syniétri(iuement quand l'animal veut aller en ligne droite : l'une d'elles seulement bat l'eau lorsque l'oiseau se porte de côté, et celle qui agit est |)récisément celle du côté opposé à celui vers lequel la progression a lieu. Cette simple modification du jeu des extrémités suffit pour donner à l'oiseau la faculté de se mouvoir dans toutes les directions. Le mouvement des ailes n'est

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qu'un auxilaire, rarement employé, pour Cacili ter la progression ou en réglerle sens.

Lesoiseaux peuventplongeraussi bien que les quadrupèdes. « Lorsqu'ils veulent

le faire ils sont obligés de comprimer fortement leur poitrine pour chasser l'air qu'elle

FiG. 81. — Natation du cygne.

peut contenir, d'allongerle cou pourfaire pencher leur corpsen avantetde fra|)ppr avec leurs pattes en haut pour recevoir de l'eini une impulsion vers le bas \ »

Les poissons nous offrent, sans contredit, le mode de natation le plus parfait et le plus rapide que les animaux puissent exécuter. Par la forme de leur corps, le luxe des moyens qui servent à les mouvoir et à les diriger, ils se déplacent dans l'eau avec une extrême vitesse et y opèrent des évolutions aussi variées que celles des oiseaux au sein de l'atmosphère. Les parties qui servent à donner l'impulsion et à régler le sens des mouvements sont, comme on le sait, la queue et les nageoires.

La queue, qui est aplatie latéralement, pourvue de muscles puissants et terminée par une large nageoire, est évidemment l'organe essentielde l'impulsion : elle frappe le liquide alternativement à droite et à gauche, comme le fait l'aviron d'un bateau. Le coup qu'elle donne d'un coté tend à diriger l'animal du côté opposé, mais il est suivi immédiatement d'un second coup en sens inverse qui tend à mouvoir l'animal dans une direction contraire à celle de la première impulsion ; d'où résulte, d'après la remarque de Borelli, un mouvement moyen, c'est-à-dire un mouvement dans la diagonale du parallélogramme des forces impulsives composantes.

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