‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 141 sur 287 · NATATION · texte numérisé non relu

NATATION

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Les nageoires contribuent aussi, pour beaucou[», h rinipulsion, mais elles servent plus spécialement à maintenir le corps en équilibre et à régler le sens de ses mouvements. Les nageoires, dorsale et anale, paraissent destinées surtout à prévenir l'inclinaison latérale du corps et aie (ixer de manière que son plan médian reste perpendiculaire à la surface du liquide. Borelli a vu que la section des ventrales rend ré(iuilibre diflicile et entraîne des oscillations ccmlinuelles à

FiG. 8."). — Natation des |Joi^siiiis '.

droite et à gauche ; d'autres ont observé que l'ablation des dorsales produit souvent la subversion de l'animal et Toblige à nager le ventre en haut. Les latérales, qui jouent très peu dans la |)rogression ordinaire, se meuvent symétriquement tant que l'animal va en ligne droite ; celles du côté vers lequel il tourne se couchent contre le corps, et celles du côté opposé frappent le liquide avec une plus ou moins grande vitesse: aussi sont-elles regardées comme susceptibles de régulariser le sens des déplacements. Du reste, on conçoit que ces parties, en combinant leur action, peuvent produire des effets très divers, suivant que l'animal veut monter ou descendre, résister aux courants, etc.

Indépendamment de ces divers moyens de progression, les poissons possèdent encore, pour régler leur é(iuilibre et leurs mou\emenls, la vessie natatoire [deine de gaz ,et communi(iuant avec l'oesophage ou larrière-bouclie. Mais les usages précis de cette poche ne sont pas encore parfaitement déterminés ; tout ce qu'on sait à cet égard, c'est qu'elle diminue la [lesanteur s|H''cili(|ue de l'animal et lui

1. Bldinchàvi], Les poissons i/t's eaux (louci'.s de In France. Vans, 18UtJ.

C)10 DES MOUVEMEISTS.

donne la faculté de passer des régions inférieures vers les supérieures, et réciproquement ; elle parait pouvoir augmenter de capacité quand l'animal veut s'élever, et, au contraire, se resserrer quand il doit descendre à de grandes profondeurs. Néanmoins, il est des poissons chez lesquels ses parois, très résistantes, ne se prêtent guère à de semblables variations ; sa rupture, d'après quelques expérimentateurs, fait tomber les poissons au fond de l'eau et les empêche de revenir à la surface.

La natation est moins facile à l'homme qu'aux animaux, aussi ne peut-il l'exécuter avec précision qu'après s'y être exercé. Elle résulte d'une suite de mouvements horizontaux ou très obliques dus à l'impulsion des membres postérieurs agissant à peu près comme dans le saut, pendant que les membres antérieurs frappent l'eau à la manière des rames. L'homme, pour nager, se couche à la surface de l'eau et s'y soutient en l'affleurant, sauf la tête, que les muscles cervicaux supérieurs tiennent au-dessus du liquide. Les membres abdominaux, fléchis sur eux-mêmes en s'étendant brusquement, frappent l'eau qui réagit ; ils poussent la masse en avant et en haut, de telle sorte que les épaules tendent à se dégager du liquide. En même temps, les bras, qui étaient fléchis et rapprochés de la poitrine, s'étendent aussi et se portent en dehors, comme pour frayer un passage au corps. A chaque fois que cette action des membres se répète, le corps avance d'une quantité proportionnée à l'énergie et à la rapidité de la détente. L'impulsion qui dérive de l'extension brusque des membres se partage : une partie se perd à refouler le liquide qui fournit le point d'appui, l'autre fait avancer la masse. Il suffit de comparer ce mouvement à celui des batraciens pour voir qu'il est un véritable saut horizontal : ces animaux se meuvent dans l'eau par une succession de sauts peu différents de ceux qu'ils exécutent à la surface du sol,

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