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sur ce fluide ; l'autre appliquée à la partie lixe de l'organe et tendant à pousser le corps en avant. La force qui s'exerce à la partie libre de l'aile se perd en refoulant l'air, et il l'aut(ju'olle se perde ainsi pour donner un [)oiiit d'appui aux
FiG. 87. — Appareil à doubles signaux pour enregistrer les niouveiuents îles ailes
d'un pigeon (Marey).
organes locomoteurs; néanmoins, elle prend une part directe à la progression, par suite de la réaction élastique qu'elle provoque dans l'air déplacé. L'autre force s'exerce sur le corps qu'elle tend à pousser dans une direction déterminée, et joue le principal rôle dans la locomotion aérienne. Ces deux puissances,
n, COLIN, — Physiol. coiTip., ^' ('Mit, I — 33
égales en elles-mêmes, ne feraient pas mouvoir l'animal si elles étaient appliquées à des résistances égales entre elles ; mais, comme la résistance opposée par la masse du corps de l'oiseau est moindre que celle de la grande masse d'air frappée avec vitesse, la première cède plus que la seconde, et se meut avec une intensité proportionnelle à la différence qui existe entre les deux forces. L'impulsion produite par chaque aile étant oblique, relativement à l'axe du
FiG. 88. — Buse volant avec l'appareil qui signale les mouvements décrits par l'extrémité de son aile (Marey).
corps, le mouvement s'effectue suivant la diagonale des deux composantes, c'està-dire suivant le prolongement même de cet axe.
En somme, dans le vol l'action musculaire doit produire, à la fois, la sustenta-
FiG. 89. — Parcours de la iiointe de l'aile à chaque mouvement du vol (Marey).
tion du corps, son élévation et sa translation dans le sens horizontal. C'est l'action des muscles des ailes qui développe les forces vives employées à l'obtention de ce triple résultat. L'abaissement brusque de l'aile, ou sa percussion de haut en bas, fait surgir la réaction qui soutient le corps. Cette même réaction s'exerçant sur le plan incliné de l'aile, comme le veut M. Marey, produit une poussée comparable à celle qui donne lieu au mouvement ascensionnel du cerf-
EFFORT. Olo
volant. L'abaissement associé à une percussion en arrière comparable à celle des jambes du nageur, doit avoir pour résultat la projection du corps en avant.
La direction et la vitesse du vol, les conditions d'équilibre dans les divers mouvements de la progression aérienne, varient nécessairement suivant une foule de causes parmi lesquelles il faut placer en première ligne les modidcations que peut éprouver l'action des ailes, de la queue et l'attitude que prend le corps de l'animal.
Relativement à sa direction, le vol peut être horizontal, vertical, oblique et circulaire. Dans le vol horizontal, il faut, de toute nécessité, que les ailes donnent deux impulsions : l'une, pour soutenir le corps et lutter contre la pesanteur; l'autre, pour le faire progresser en ligne droite; elles produisent la première en frappant l'air de haut en bas, et la seconde, en le frappant d'avant en arrière ; mais ces deux mouvements ne sont point isolés et successifs, ils sont combinés en un mouvement mixte, dont le résultat est identique à ce qu'il serait si les deux impulsions étaient développées tour à tour. Dans le vol vertical, qui est ascendant ou descendant, l'impulsion est simple; lorsque l'oiseau s'élève, les battements de Taile se font tous de haut en bas, d'une part, pour soutenir la masse du corps, d'autre part, pour l'élever par suite de l'appui que ces organes prennent sur les couches d'air,frappées à chaque coup. Enlin, dans le vol oblique, qui peut offrir des combinaisons nombreuses, et dans le vol circulaire, qui est une variété du précédent, il n'y a pas de symétrie entre l'action de l'aile droite et celle de l'aile gauche : celle du côté vers lequel l'oiseau se porte agit peu, et celle du côté opposé frappe l'air avec force, car elle est plus complètement déployée.
La vitesse du vol dépend de la rapidité avec laquelle se succèdent les battements des ailes ; elle peut être en raison directe de la légèreté spécifique de l'oiseau, du développement de ses appendices locomoteurs et de leur énergie musculaire. La puissance de ce mode progression tient à plusieurs causes que l'étude de l'analomie comparative a mises en évidence; mais tous ces détails n'ont pour nous qu'une utilité très accessoire.