‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 19 sur 287 · III. — Action iieryeiise en S'énéral · texte numérisé non relu

III. — Action iieryeiise en S'énéral

L'activité du système nerveux résultant de la participation de plusieurs organes dont les propriétés et le rôle sont, distincts, s'exerce suivant trois modes : 1° de la circonférence au centre: 2° du centre à la périphérie ; 3° dans les organes centraux eux-mêmes. Parle premier mode toutes les impressions, quelle qu'en soit la nature et de quelque part qu'elles viennent, sont reçues d'abord, puis envoyées aux parties centrales ; par le second mode, les centres réagissent consécutivement aux impressions éprouvées et provoquent le mouvement dans les parties contractiles ; par le troisième les centres effectuent en eux-mêmes les opérations meuveilleuses d'où résultent l'instinct, l'intelligence, la volonté. La disposition du système nerveux est admirablement appropriée à ces modes d'activité et aux résultats variés qui en dérivent. Constituant un immense réseau qui enveloppe et pénètre toutes les parties, ce système les lie, les met en harmonie entre elles et en communication incessante avec ses foyers d'activité; il transforme l'organisme en une administration où les rôles divers, effectués isolément, sont soumis à une impulsion commune, associés entre eux et réglés en vue des résultats définitifs.

Indépendamment des actions spéciales effectuées par chacune des parties du système nerveux, il est une action collective, générale, disséminée, par laquelle ce système provoque et règle le jeu de toutes les parties, établit l'harmonie, le consensus entre elles. C'est ce qu'on désigne souvent sous le nom vague d'innervation.

L'influence nerveuse n'est sans doute pas indispensable à la vie appelée organique ou végétative, car sans elle, tous les actes de la nutrition et de la reproduction s'exécutent parfaitement dans les plantes, ainsi que les premiers phénomènes du développement dans l'œuf; il semble même que les actes intimes de la nutrition ou de la sécrétion n'en dépendent point directement. Mais, dès que le système nerveux apparaît, il se subordonne et dirige toutes les actions de l'organisme. Par l'intermédiaire de la sensibilité, de la motricité, par les modifications qu'il imprime à la circulation et par suite à la distribution, à l'emploi des matériaux nutritifs, il stimule ou modère l'activité des organes.

L'innervation, considérée relativement au reste de l'organisme, étend son influence sur toutes les fonctions et sur tous les organes sans exception. Il n'est pas une action, de quelque nature qu'elle soit, qui ne se trouve sous sa dépendance : la démonstration en est facile à donner. Le nerf d'un organe des sens cesse-t-il d'être en communication avec l'encéphale, aussitôt la sensation est abolie. Le nerf d'un muscle est-il dans la même condition, le muscle n'obéit plus à la volonté et cesse de se contracter; il est paralysé; bientôt il va s'atrophier, et il mourrait complètement si l'influence des ramifications ganglionnaires ne suffisait à entretenir dans sa masse une nutrition languissante. Opère-t-on la section des pneumogastriques, la glotte se ferme en grande partie, l'air pénètre difficilement dans la poitrine, l'animal ne tarde pas à périr asphyxié. A-ton soin, lors de cette section, d'ouvrir la trachée pour donner accès au fluide qui ne traverse jtas

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