DU SYSTÈME NERVEUX ET DE L ENSEMBLE DE SES FONCTIONS. X
l'une n'est plus bien sépari' du si("'j,'(' île l'autre, il y a enti»' les deux une conlusion que l'analyse expérimentale ne parvient pas à dissiper. On voit bien, il est vrai, dans cette masse centrale : d'une part, des parties excitables, telles que la moelle allongée, le pont de Varole, les pédoncules cérébraux et cérébelleux, les tubercules bigéminés, dont l'irritation provoque des mouvements ; et d'autre part, des parties sensibles dans lesquelles la moindre stimulation développe de la douleur; mais, cbose bizarre, les parties excitables sont précisément celles qui jouissent de la sensibilité et d'une sensibilité exquise, de telle sorte qu'en elles le siège du sentiment parait confondu a\ec celui de la motricité, particularité qui s'explique, du reste, par l'intrication des fibres sensitives et des lilires motrices (|ui viennent constituer les renflements encéphaliques. De [dus, il y a dans ceux-ci d'autres parties, telles que les hémis|»lières cérébraux, les corps striés, les couches optiques, le cervelet, qui ne sont ni sensibles, ni excitables, et pourtant elles ne sont étrangères ni aux actions sensitives, ni aux actions motrices, puisque leur lésion détermine Ji la fois, soit la paralysie, soit des troubles variés dans la locomotion, la perte des sens, l'abolition de la perception Cette association entre deux facultés si différentes et la confusion qui en résulte s'oppose à ce qu'on puisse nettement séparer dans l'encéphale l'appareil de la sensibilité de celui du mouvement, si tant est qu'ils y soient réellen^ent distincts.
Quant à la délimination de l'appareil affecté aux fonctions instinctives et intellectuelles, celle-ci offre moins de difficultés : les travaux de Flourens ont prouvé qu'elles s'efl'ectuent dans les hémisphères cérébraux, et non pas à la fois dans ces parties et le cervelet, comme l'avaient cru certains physiologistes ; mais ces hémisphères, par cela même qu'ils remplissent encore un rôle important relativement aux sensations et aux mouvements, ne peuvent être considérés comme un appareil exclusivement en rapport avec les premières de ces fonctions.
Il y a donc dans le système nerveux des parties qui président à la sensibilité, d'autres à la motricité, et quelques-unes enfin aux facultés de l'instinct et de l'intelligence. Bien que ces parties ne soient point coniplèt(>ment distinctes, notamment dans l'encéphale, elles ne forment pas moins les trois appareils spéciaux dont nous avons parlé. Celte pluralité des appareils dans un système unique est déjà un fait très remarquable; mais il y a plus : chacun d'eux se fractionne à son tour en petits organes ayant des attributions déterminées que les recherches expérimentales ont mises en évidence. « En efl'et, du cerveau naît, dit Flourens', la faculté par. laquelle l'animal pense, veut, sent, juge, perçoit les sensations et commande à ses mouvements : du cervelet dérive la faculté qui coordonne ou équilibre les mouvements de locomotion; des tubercules bijumeaux ou quadrijumeaux, le principe primordial de l'action du nerf optique et de la rétine; de la moelle allongée, le principe premier uioteur ou excitateur des mouvements respiratoires ; et de la moelle épinière enfinf, la faculté de| lier ou d'associer en mouvements d'ensemble les contractions partielles immédiatement excitées par les nerfs dans les muscles. »
1. Flourens, Recherc/tes expérime^ntale-t sur les propriétés et les fonctions du si/stème nerveux. -2' édition. Paris, 1845, p. ^'JG.