‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 191 sur 287 · PREHENSION DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

PREHENSION DES LIQUIDES

Uaspiralion, ou l'action deliuiner, s'opère par suite du vide qui tend à se produire par les voies aériennes. La houclie n'est pas alors exactement fermée ni plongée entièrement dans le liquide; elle est même assez ouverte pour que l'air soit aspiré en mr-me temps que le liquide. Ces deux fluides pénètrent ensemble dans la cavité buccale; tous les deux passent facilement dans le pbarynx, puisque le voile du palais est soulevé; mais arrivés là ils se séparent pour changer de route et pénétrer l'un dans le larynx, l'autre dans l'œsophage. Cette action est bruyante et saccadée ; bruyante par suite des vibia fions de l'air qui s'entjouffre dans la bouche avec le liquide, et saccadée, attendu que Taspiralion ne peut être prolongée un certain temps sans interv<'rtir le rythme des mouvements respiratoires, (certains animaux picnncnt leurs boissons de cette manière, et quelques uns en faisant succéder, à de courts interval es, le pom[»emenf opéré par laboucheàl'asiiiration [)roduit(' |)ar le thorax. Ainsi, on voit souvent le porc pomper doucement et sans bruit l'eau de vaisselle qui remplit son auge, et un instant après la humer bruyamment, par saccades plus ou moins rapprochées.

Le l'ippement est un mode de préhension des liquides jnoins commun que les premiers. Il s'observe chez les carnivores, tels que le chien et surtout le chat. Ces animaux, ayant la bouche pro|)ortiounellenient plus fendue que les herbivores, ne pou;raient plonger leurs lèvres jusqu'aux commissures sans que leurs narines fussentenméme temps immergées: c'est là, peut-être, laprincipalecausedumode suivant lequel ils prennent les li(|nides. Lechienou le chat qui boit, darde sa langue hors de la bouche, la plonge dans le liquide par sa pointe renversée en arrière, comme ses bords; illa retire ensuite brusquement quelque peu, en la projetant du côté des dents; de celte manière le liquide est lancé, par petites portions, à l'entrée de la bouche, ainsi qu'il pourrait l'être par une main dont les doigts seraient fléchis vers la paume. Le lion et les autres animaux du genre felis lappent de la même façon, comme je m'en suis assuré d ms les ménageries. En répétant très rapidement ces projections, ils ingurgitent en un moment une assez grande quantité de li (Uide. Néanmoins, c'est de tous les moyens que nous avons indiqués le plus lent, et il pouvait être tel sans inconvénient chez les carnivores qui, en général, boivent très peu, ainsi que chacun le sait.

La préhension des li(piides oflVedcs [tarticularités fort remarquablesdans'asérie animale, |iar suite deladis|)ositi()M des parties chargées de l'efl'ectuer; mais quelle que soit leur conliguration, ces parties fonctionnent toujoursd'aprèsl'im des modes précédemment indiqués. Ai isi, rélé|)hant boit en se servant de sa trompe : dès qu'il inspire, le vide tend à se faire dans le double tuyau de cet appendice, et l'eau y monte; puis l'animal recourbe cet organe, fait une forle expiiatioii qui itiojctte dans la bouche le liquide introduit dans les narines : la trompe agit absohnucnt comme la pompe aspirante et foulante. Les oiseaux boivent, pour la plupart, d'une manière assez singulière; ils plongent le bec dans l'eau, en remplissent leur mandibule inférieure, relèvent la têteet avalent ce qui a pénétré dans la bouche, puis ils recommencent un plus ou moins grand nombre de l'ois la même opération Les ramiers, la tourterelle, ainsi (jue l'avait noté Aristote', le pigeon, d'après Pline,

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