V. — Action des lèvres et des joues
Les lèvres qui concourent, chez plusieurs animaux, à la préhension des aliments, servent aussi à la mastication, en les faisant parvenir dans la boucht et en les retenant dans cette cavité. Nous avons vu déjà que le cheval, mis dans l'impossibilité de se servir de ses lèvres, peut encore bien saisir le foin dans le râtelier et le tirer avec ses dents incisives ; mais ce foin, une fois saisi, retombe dès que l'animal desserre les dents, et pas un brin ne lui en reste dans la bouche. Les joues servent également à la fonction qui nous occupe, en empêchant les aliments de fuir en dehors des arcades molaires et en les ramenani sous ces dernières à mesure qu'ils échappent à leur action ; mais quelquefois, soil faiblesse des buccinateurs (muscles molaires), soit irrégularité des dents, les aliments broyés s'accumulent à la face interne des joues, en plus ou moins grande quantité, et l'on dit que l'animal fait magasin ; particularité fréquente chez les solipèdes, et dont les ruminants ne paraissent pas oiïrir d'exemples.
Les muscles des lèvres et des joues tirent leur motricité des divisions du nerf facial seulement. Ces parties sont complètement paralysées quand les deux nerfs de la septième paire sont coupés. Les nerfs qui viennent de la branche susmaxillaire de la cinquième paire n'ont aucune influence motrice sur les muscles des lèvres ni sur ceux des joues ; le nerf bucco-labial ne préside pas non plus aux mouvements de ces parties, puisque Mayo et Longet n'ont vu se pro-