‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 2 sur 287 · DIS · texte numérisé non relu

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11 n'est pas de science plus pleine de merveilles et de mystères que la plnsiologie. Cette science de la vie, de ses manifestations et de ses actes, est peut-être celle dont le domaine comprend les phénomènes de l'ordre le plus élevé et le plus complexe, phénomènes dont l'étude ne peut être abdrdée sans le secours de connaissances anatomiques, pliysiques et chimiques assez étendues.

La physiologie, qu'elle soit étudiée pour elle-même, ou en vue de ses applications et des lumières qu'elle peut jeter sur la plupart des branches de la médecine, doit prendre un rang honorable dans la grande société des sciences. En possession d'une méthode sévère d'investigations, riche des enseignements qu'elle tire de l'observation patiente des faits, de l'expérimentation habilement dirigée, éclairée par les brillantes découvertes de la chimie moderne, elle se constitue solidement, en préparant des assises durables à la pathologie, à l'hygiène et à la thérapeutique. En outre, par la connaissance qu'elle nous donne de la nature physique, intellectuelle de l'homme et des animaux, elle jette quelque clarté dans les dédales de la philosophie comme sur plusieurs points des sciences sociales (jui, trop souvent, dans leurs systèmes, ne tiennent pas assez compte des instincts, des facultés et des besoins de la nature humaine.

Avant d'en venir à l'examen des difTérentes parties de cette science, jetons un

coup d'oeil sur l'ensemble de son domaine, sur l'organisation animale dont elle

dévoile le mécanisme, sur la vie dont elle analyse les phénomènes, sur les moyens

qu'elle emploie pour développer ses connaissances et multiplier ses découvertes.

Ce coup d'œil d'ensemble, ou à distance, fera l'objet de notre introduction.

I. — De rorgranisatioii on jscénéral, de se» Tovmo» et (le ^eN Ioi!>i*

L'organisation ou l'ensemble des parties qui constituent l'être animé est, en réalité, une machine qui recèle en elle le principe de son mouvement. C'est un

G. coi.i.N, — Physiol. conip. 3' étiil. I — 1

agrégat malériel de tonne déterminée, de structure plus ou moins complexe, jouissant d'une activité propre, intrinsèque, réglée et limitée.

Cette organisation se présente sous une inlinité de formes inégalement compliquées. Faut-il, pour s'en l'aire une idée claire, l'envisager réduite à sa plus simple expression ou arrivée à son maximum de complication? Sera-t-elle plus intelligible avec un petit nombre de rouages peu distincts et rudimentaires que sous la forme appartenant aux mammifères et à l'homme?

Au premier abord il semble que les principes de la construction des êtres animés doivent être d'autant plus saisissables qu'ils sont étudiés dans les types les plus simples ou les plus élémentaires. Le physiologiste porte instinctivement les regards vers les êtres appelés imparfaits, quand il veut se faire une idée nette de ce qu'il étudie avec peine aux degrés les plus élevés de l'échelle zoologique.

Or, que voit-il dans les régions inlimes de l'animalité ? Un être presque informe, homogène, souvent microscopique. Mais cet être naît de parents semblables à lui ; il se nourrit, s'accroît, se reproduit et meurt; il sent, se meut, digère, absorbe, sécrète sans posséder d'organes spéciaux propres à l'exécution de ces derniers actes. Il sent quoique dépourvu de système nerveux ; il se meut sans appareil musculaire, respire sans branchies ni poumons, digère sans estomac ni intestins, absorbe sans vaisseaux, sécrète sans glandes. Tous les éléments des organes sont confondus en lui, ces organes n'existent même pas encore en tant qu'instruments séparés et, cependant, déjà les fonctions de chacun s'exécutent avec une certaine perfection. Un tel spectacle n'est pas de nature à l'éclairer beaucoup. Il faut qu'il envisage autrement l'organisation animale.

Si cette organisation est, à son point de départ, une sorte de chaos où tout est confondu, ce chaos ne tarde pas à se débrouiller. Les éléments, d'abord mêlés, se séparent et commencent à se dessiner; les organes se façonnent, s'isolent, se mettent à leur place, s'agencent dans un certain ordre, et, peu à peu, par des perfectionnements gradués, ils arrivent à constituer des organismes de plus en |)lus parfaits. C'est en assistant à ce démêlement du chaos animé, en considérant ces formes successives d'organisation, en les comparant entre elles, les plus élémentaires aux plus compliquées, que le physiologiste arrive à bien concevoir l'être vivant en général.

Mais quel ordre suivra-t-il danscetexamen comparatif ?Celui,s'ilpeutle trouver, que la nature a suivi elle-même dans la formation et le perfectionnement des êtres. 11 n'est pas douteux, poui' quiconcjue considère un peu philosophiquement les merveilles de la nature, (|uc les êtres vivants n'aient été façonnés d'après un plan arrêté et en vue d'une destination déterminée. L'intelligence créatrice a, fout à la fois, conçu ce plan et trouvé les moyens de le réaliser.

D'abord, il est évident que la nature a voulu établir des degrés dans la complication, ou, ce qui est la même chose, dans le perfectionnement des êtres aniniéSj et clic y a été contrainte, indépendamment de tous autres motifs, par la nécessité d'approprier ces êtres à leurs conditions d'existence. L'infusoire, le coquillage, l'insecte, le mammifère, l'homme, examinés comparativement, montrent assez cette gradation pour qu'elle ne soit niée de personne. Il y a incontestablement des êtres imparfaits et des êtres supérieurs.

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