‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 220 sur 287 · Longet, Traité de phijsioloiiie, t. I, p · texte numérisé non relu

Longet, Traité de phijsioloiiie, t. I, p

mucus buccal. Il est possible qu'elle la doive à une simple modification de ses matières animales analogue à celle qui, dans le grain d'orge en germination, donne naissance à la diastase; et ce qui semble l'indiquer, c'est que la salive parotidienne altérée possède le pouvoir saccharifiant à un haut degré, aussi : pour moi, chaque salive peut l'acquérir par elle-même en se modifiant. Ce serait alors la ptyaline, plus ou moins modifiée, qui jouerait le rôle de ferment, M. Mialhe prétend que ce pouvoir est du à la présence de la matière qu'il a appelée la diastase salivaire, mais qui n'est pas certainement distincte de la ptyaline et que beaucoup de chimistes, Lehmann entre autres, ne veulent pas admettre. D'après M. Béchamp\ qui a fait une étude minutieuse de la salive parotidienne du cheval, sur un échantillon de deux kilogrammes que j'avais recueilli pour lui et sur sa demande, a trouvé dans cette salive au moins deux substances animales, la sialozymase et une espèce d'albumine, matières qui selon lui diffèrent de celles de la salive de l'homme parce qu'elles possèdent un pouvoir rotatoire plus considérable. Cette salive intacte n'a pas fluidifié l'empois ni déterminé de saccharification même après vingt-quatre et trente-six heures de contact; mais après son altération elle a fluidifié, puis saccharifié comme je l'avais indiqué déjà dans la deuxième édition de ce livre. Celle du chien a paru un peu plus active; elle a fluidifié la fécule, mais encore sans donner de glycose. Au contraire la salive parotidienne de l'homme a fluidifié et sacchariflé. D'après M. Béchamp la salive humaine devrait son action fluidillante et saccharifiante à la présence des organismes buccaux , des granulations moléculaires qu'il appelle microzymas. Après les avoir détachés par le raclement de la muqueuse de la langue de l'homme et soumis à des lavages réitérés il les a vus convertir promptement l'amidon en dextrine et en glycose. De plus la salive parotidienne du cheval à laquelle était ajoutée une certaine quantité de ces éléments ligures d'origine humaine acquérait la propriété fluidifiante et saccharifiante. Elle la conservait même après la reprise de ces petits éléments figurés par la liltration parce que, d'après l'auteur de ces observations, les microzymas avaient produit, dans la salive du cheval, une zymase douée des propriétés de la diastase. Mais, chose inexpliquée, les mêmes éléments flgurés pris sur la langue du bœuf ou du porc ne jouiraient ni du pouvoir de ceux de l'homme ni de la faculté de produire la zymase diastasiqiie.

La salive commence à opérer dans la bouche la saccharification de la fécule, surtout si celle-ci est cuite ou seulement très triturée; elle l'opère assez vite sur l'homme. Dans le cas où la fécule est à peu près intacte, comme cela arrive sur le cheval qui mange de l'avoine, la transformation est insigniflante. On s'en assure facilement en traitant par les liqueurs cuivriques le liquide filtré qu'on tire des matières prises dans la bouche ou dans l'œsophage lors de la déglutition. L'action sacchai'ifiante de la salive sur la fécule paraît se continuer dans l'estomac, quoiqu'on ait ci'u d'abord qu'elle ne pouvait persister dans un milieu acide, Bidder et Schmidt se sont assurés que cette action s'opère encore en présence des acides. Scluwder, en expérimentant sur une femmeù fistule gastrique et sur

1. IJéciianip, Arclùfe^ di; iihi/siokxj'K; ni>riiuUe el palhuluijKjiw, 1H81.

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un chien dans les mnnes conditions, a vu que la fécule introduite directement dans le viscère ne tarde pas à s'y convertir partiellement on glvcose. Je viens de vérifier cette observation sur un jeune chien porteur d'une fistule récente. Chez les ruminants dont les premiers estomacs reçoivent continuellement de la salive pendant la rumination, etdans les intervalles des repas, la conversion de la f(''cul(', non entravée par l'acidité, est beaucoup plus active que chez les autres animaux.

Du reste, la saccharification, qu'elle soit peu ou point entravée dans l'estomac, reprend dans l'intestin grêle, tant par l'action de la salive dont l'aliment demeure imprégné, que par celle du suc intestinal et du fluide pancréatique dont le pouvoir modificateur est phis prononcé que celui des fluides salivaires. C'est là surtout que la transformation s'opère, comme Lehmann le fait observer avec beaucoup de justesse.

Dans tous les points où elle s'opère, elle a lieu graduellement de l'extérieur du grain à l'intérieur; les couches su[»erfici<'IIes, les lamelles, se dissolvent et se désagrègent les premières, de telle sorte que les grains sont fort rapetisses vers la fin de l'intestin.

La salive parait, au moins tant qu'elle est dans la bouche, sans action sur les hydrates de carbone, sucre, gonune, mucilage et sur les albuminoïdes ; mais quand elle est visqueuse, comme celle des maxillaires et des sublinguales, elle peut émulsionner mécaniquement les graisses. Longet en a fait la remarque et je l'ai faite également sur les herbivores.

En somme, le nMe de la salive considéré, même indépendamment de ce qui se rapporte aux principes amylacés, est d'une importance incontestable. D'abord, sans l'eau de ce produit, comment les matières sèches parviendraient-elles à se ramollir et à se délayer suffisamment? Ensuite, qui sait si le mélange de la salive avec le suc gastrique et les divers fluides intestinaux n'est pas le point de départ de plusieurs propriétés nouvelles que ces fluides ne possèdent pas isolément? Le fait de l'amaigrissement, du marasme dans lequel tombent les individus à fistules salivaires n'indique-t-il point une perturbation profonde dans les actions nutritives?

Tout récemment j'ai vu se produire cet amaigrissement à un haut degré sur un petit cheval corse auquel j'avais ouvert d'abord un canal parolidien, puis le second deux semaines après. En un mois l'animal avait perdu le septième de son poids initial.

Un fluide dont la masse sécrétée représente, en un jour, plus que le poids total du sang, peut-il être un produit d'une utilité accessoire?

Quant aux salives i\u\, chez certains re[»tiles, jouissent de propriétés toxiques, elles paraissent servir tout à la fois à tuer la proie et à favoriser sa digestion ; elles ne sont pas de nature à être absorbées |)ai" la muqueuse des voies digestives.

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