‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 273 sur 287 · RÙLK DES FLUIDES INTESTINAUX · texte numérisé non relu

RÙLK DES FLUIDES INTESTINAUX

Elles sont fort petites chez le dromadaire, plus grandes chez les solipèdes, plus encore chez le porc; enfin, elles s'offrent avec des dimensions énormes chez le bœuf, oi!i elles ont 10, 15, 25, et jusqu'à 30 centimt''lr('s de longueur sur une largeur de 1 à 2 centimètres. On en compte un nombre très variable, suivant les animaux, Le chat en a 5 ou G ; le lapin, de 6 à 8 ; le chien, de lij à 24 ; le porc, de 24 à 33 ; le bouc et le bélier, di; 28 à 35 ; le bœuf, de 40 à 50 ; le cheval, de 100 à loO, et le dromadaire plus de 700.

Ces glandes sont constituées par un certain nombre de petites capsules arrondies, visil)les à l'œil nu, sans ouvertures, logées une à une au fund des dépressions de la plaque. Elles sont disséminées d'une manière très irrégulière. En général, les plus petites se trouvent dans la première moitié de l'intestin grêle chez les solipèdes et les ruminants domestiques; les plus grandes se voient à la dernière portion. La plus considérable de toutes occupe l'iléon et se continue habituellement sur la saillie de l'intestin grêle dans le caicum; elle a 15 à 20 centimètres chez le mouton et la chèvre, 20 à 25 chez le chien, 40 à oO chez le bœuf; enfin, elle n'a pas moins de 1 mètre 1/2 à 2 mètres, et quelquefois plus, dans l'espèce du porc. L'espace le plus considérable qui existe entre les glandes de Payer est celui qui se trouve entre les deux dernières ; il est généralement de 2 mètres pour le bélier, et de 4 à 5 pour les grands ruminants.

Ces glandes se trouvent en petit nombre dans le ca:cum et à l'origine du côlon de quelques animaux : les ruminants, le lapin, le lièvre et le porc, par exemple.

Enfin, la muqueuse du gros intestin porte un autre ordre d'organes sécréteurs api)elés follicules solitaires. Ceux-ci, à peine visibles à l'œil nu chez le cheval, sont très gros chez le Ixinif, le porc et les animaux carnassiers, lis ne deviennent bien apparents chez les solipèdes que dans certaines circonstances, comme sur les sujets qui meurent de faim. Parfois ils s'hypertrophient au point de devenir comme de petites lentilles rosées, dont le centre est percé d'une large ouverture pleine d*' mucus.

Le nMe de c(>s organes sécréteurs, dont le développement et la disposition offrent tant de variétés, suivant les animaux, peut-il être déterminé? Leur produit a-t-il des caractères uniformes et une composition identique? Les physiologistes s'épuisent en conjectures à cet égard; mais leurs dissertations ne peuvent rien nous apprendre de positif. Il faut demander aux expériences ce qui, sans elles, demeurerait toujours un impénétrable mystère.

Le liquide pris dans l'intestin des chevaux à jeun, analysé par Tiediiuuin et Gmelin, et considéré comme du suc intestinal, était évidemmeut un mélange de la salive et des fluides gastriques parvenus à l'intestin, avec la bile, le suc pancréatique et le suc intestinal associés aux boissons et aux principes solubles des aliments qui demeurent si longtemps dans l'intestin des herbivores. Aussi les expérimentateurs allemands ont-ils trouvé à ce produit une composition très variée. Us y ont vu un peu d'aci.le libre dans la première moitié de l'intestin grêle; du mucus, de l'albumine, une matière caséeuse. de la matière salivaire et del'osmazome; une autre matière qui rougit par le chlore; de la résine biliaire, un peu de graisse; une substance acide et azotée analogue à l'acide allantoïque; des phosphate, chlorure, sulfate et carbonate alcalins ; du plios[diate, du carbonate de chaux et de

magnésie. Depuis l'époque à laquelle cette analyse a été donnée, les physiologistes se sont fait des idées très fausses sur le produit des sécrétions intestinales. Quelques-uns l'ont supposé analogue au suc gastrique, à cause de la ressemblance qui existe entre les glandes tubuleuses de l'estomac et celles de l'intestin. D'autres, Blondlot est de ce nombre, l'ont regardé comme un simple mucus à réaction alcaline.

Frerichs,puisBidderetSchmidt, en comprimant entre deux ligatures une anse d'intestin grêle de 4 à 8 pouces de longueur, avaient ensuite essayé de recueillir ce suc ; mais comme ils opéraient sur le chat, ils ne réussissaient pas, même en une période de quatre à six heures, à en obtenir assez pour l'analyser. Ce qu'ils prenaient dans l'anse était une matière épaisse, \isqueuse, constituée essentiellement par du mucus et de la bile; c'étaient plutôt les matières demeurées adhérentes à la muqueuse qu'un produit formé à compter de l'occlusion de l'anse intestinale. En employant sur les grands animaux un procédé analogue, très simplifié, j'ai réussi à obtenir ce suc assez pur et en quantité suffisante, tant pour les analyses que pour les digestions artificielles. Voici en quoi il consiste.

Sur un cheval en pleine digestion et debout, je fais au flanc gauche une incision de 8 à 10 centimètres; incision par laquelle j'attire une petite partie d'une anse d'intestin grêle. Dès que j'ai saisi celle-ci, j'applique sur elle un petit appareil composé de deux lames métalliques enveloppées chacune d'un ruban de velours et se rapprochant par deux vis de pression que l'on fait mouvoir tant que les parois de l'intestin ne sont point parfaitement en contact. Une fois que le compresseur est fixé, je soulève l'anse de manière à faire descendre progressivement les matières alimentaires, toujours très délayées, et je la presse doucement entre les doigts à partir du point intercepté jusqu'à ce qu'elle soit débarrassée de son contenu sur une longueur de 1 mètre 1/2 à 2 mètres; puis, sans déplacer les doigts, j'applique là un second compresseur semblableau premier. Enfin, j'achève de faire rentrer dans la cavité l'anse qu'un aide y réintroduisait à mesure qu'elle devenait libre, afin qu'elle ne fût pas exposée au contact de l'air, et aussitôt je ferme la plaie du flanc.

Par cette opération simple, qui s'exécute en quelques minutes et sans aucune difficulté, on a complètement privé de son contenu une anse intestinale qui n'a plus aucune communication avec le reste de l'intestin (fig. 125). C'est dans son intérieur que s'accumule le suc intestinal. Les parois de l'organe n'ont été nullement lésées. Les deux compresseurs, serrés modérément, ne blessent point les membranes sur lesquelles ils portent par l'intermédiaire d'une garniture de velours. La circulation n'est en aucune flicon troublée, puisque les petites anastomoses de l'anse intestinale sont en dehors des points interceptés. Au bout d'une demi-heure on tue l'animal par l'efl'usion du sang, on laisse descendre, par son propre poids, à une extrémité de l'anse, le liquide sécrété dans son intérieur, et on le retire à l'aide d'une petite ponction.

La quantité de suc intestinal qu'on obtient ainsi est assez considérable. Elle m'a paru, d'après la moyenne d'un gi-aïul nombre d'expériences, de 80 à 120 grammes en une demi-heure, pour une longueur de 2 mètres d'intestin grêle. Elle est beaucoup moindre chez les sujets dont la digestion intestinale est suspendue, mais

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