‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 274 sur 287 · KOLE DI-:S FLUIDES INTESTINAUX · texte numérisé non relu

KOLE DI-:S FLUIDES INTESTINAUX

elle est plus considérable si l'on a injecté dans l'anse préalablement vidée une quantité connue d'une solution de manne, de sulfate de soude et d'aloès.

Le suc ainsi obtenu est mêlé à un pou de mucus qui s'en sépare par le repos

FiG. 124. — Goniprcsseur ialestinal.

ou la fiUration. 11 est presque clair, d'une teinte assez jaunâtre. Sa saveur est légèrement salée, et sa réaction alcaline. M. Lassaigne, qui a bien voulu, à ma prière, en faire l'analyse, l'a trouvé composé de : eau, 98,1 ; albumine, 0,4o; chlorure sodique, chlorure potassique, phosphate et carbonate sodiqucs, 1,413. Sa densité est do l ,1>1() à la température de 15 degrés centigrades. Quelques chimistes

FiG. 125. — Anse inlesliiiale pif|niiée pour reiiii'illif le suc entériquc.

y ont trouvé 3,2 pour 100 de matières solides, une matière précipitable par l'alcool, apte à se redissoudre dans l'eau, mais non préci[)itable par les acides minéraux et le sublimé. Les éléments figurés quil itouf [irésenter, globules muqueux, granules divers, lui sont étrangers.

Le suc intestinal, si pur qu'il soit, est encore un liquide complexe, car dans une anse intestinale se trouvent, avec les glandes de Galeali, les glandes agminées ou les plaques de Peyer, et, de plus, si l'on se rapfiroche de lestoniac, des glandes de Brunner. Or, ne pourrait-on pas pousser l'analyse plus loin, et

parvenir, jusqu'à un certain point, à démêler, à isoler ces trois produits, à supposer qu'ils ne soient pas identiques?

Les glandes deBrunner sont énormes chez le cheval. Pour en obtenir le produit, j'ai lié les canaux biliaire et pancréatiques, appliqué une double ligature bien serrée sur le pylore ; puis, à partir de ce point, j'ai poussé progressivement, par la pression des doigts, le contenu du duodénum vers la partie libre de l'intestin grêle, et j'ai appliqué une ligature sur l'anse pylorique au niveau delà grande mésentérique, de manière à laisser le duodénum tout à fait vide, et à empêcher l'arrivée d'aucun fluide étranger dans sa cavité. Mais alors, comme la pression des doigts avait pu ne pas tout entraîner à cause de la disposition irrégulière de la muqueuse, je recommençai à la comprimer du pylore vers la partie libre de l'intestin, et je plaçai une nouvelle ligature en deçà de celle qui avait été mise précédemment près de la mésentérique. Au bout d'une heure, je tuai l'animal qui était en pleine digestion au commencement de l'expérience. Le pylore, les canaux, l'extrémité postérieure du duodénum étaient bien liés ; celui-ci contenait 80 grammes d'un beau liquide, visqueux, épais, d'une saveur salée, et légèrement alcalin. Il ne se coagulait point par la chaleur, et n'émulsionnait ni n'acidifiait les matières grasses; seulement, après une agitation prolongée, il en rendait une partie mousseuse, blanchâtre et opaque. Lassaigne le trouva ainsi composé: eau, 98,47 ; mucus, 0,9o ; chlorure de sodium et carbonate de soude, 0,48 ; sous-phosphate de chaux, 0,10. Sa densité était de 1,008 à la température de -\- 15 degrés centigrades.

Le fluide des glandes de Brunner est donc un suc muqueux qui n'a, sous le rapport de la composition et des propriétés, rien de commun avec le suc pancréatique. C'est bien gratuitement, par conséquent, qu'on a donné à l'amas de ces glandes le titre de second pancréas^ et que tout récemment on a supposé que ce produit devait jouir des mômes propriétés que le fluide pancréatique.

Dès que j'eus appris que le suc des glandes duodénales était un suc muqueux, je pensai qu'il serait sécrété plus abondamment par suite d'une stimulation quelconque. Pour vérifier mes conjectures, je laissai couler dans le duodénum tantôt la bile, tantôt le suc pancréatique, et cela pour éviter la plaie nécessaireà l'introduction d'un stimulant étranger.

Lorsque le suc pancréatique arrivait seul dans l'anse duodénale, j'obtenais en une heure, sur les sujets en pleine digestion, 500, 800, 1000 grammes d'un liquide limpide, à reflet très légèrement opalin, visqueux, comme une solution de sucre très concentrée. Ce mélange de suc pancréatique avec le suc de Brunner, sécrété abondamment, était alcalin, non coagulable par- la chaleur. Lassaigne l'a trouvé composé de: eau, 98,34; mucus, 0,33 ; chlorure de sodium, 1,20; carbonate de soude et traces de phosphate de soude, 0,03 ; sous-phosphate de chaux, 0,10.

Lorsque, au contraire, la bile coulait seule dans l'anse après la ligature des canaux pancréatiques, le mélange s'offrait sous l'aspect d'un fluide légèrement jaunâtre, é[)ais, filant, et presque semblable, quantaux propriétés physiques, àce beau liquide citrin et visqueux qu'on trouve dans l'intestin grêle des chevaux ù jeun depuis quelques jours.

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