Cuvier, Anatoniie cotnpan-'e, 2' édit., t. U, p
310 Dr;? FONCTIONS DU SYSTÈME NERYFAW.
un tube osseux dont l'ouverture s'élève bien au-dessus des cellules mastoïdiennes, ainsi qu'on le remarque chez le porc où son orifice est placé 8 à 10 centimèti'es au-dessus de l'extrémité inférieure des cellules. Aussi, en classant les animaux d'après l'ouverture de l'angle facial, on ne les range pas dans l'ordre de leur intelligence. Le chat se trouve placé en première ligne, puis le chien, le lièvre, le lapin, le bélier, la chèvre, le taureau, la vache, l'àne, le bardot et le porc. Le cheval, qui est incontestablement le plus intelligent après le chien et le chat, ne vient que le dernier de tous. Ces seuls exemples prouvent assez que l'angle facial ne saurait donner la mesure relative de l'intelligence des animaux comparés les uns aux autres.
Ka^pl)oi>t entre les aires clii crâne et de la, face. — Un second moyen de juger du développement de l'encéphale et, par suite, de l'intelligence des animaux, a été proposé parCuvier. llconsisteà comparer, sur une tête sciée longitudinalenient, dans le sens vertical, l'aire du crâne à celle delà face, et à établir le rapport qui existe entre elles. Cette comparaison fait voir que, par exemple dans l'Européen, l'aire de la coupe du crâne est à peu près quadruple de celle de la face (la mâchoire inférieure non comprise), tandis que dans le nègre, l'aire de la face augmente d'un cinquième, et dans le Kalmouk d'un dixième.
L'aire du crâne diminue considérablement, par rapport à celle de la face, chez les divers animaux, à mesure qu'ils s'éloignent de l'espèce humaine. Ainsi, dans les sapajous, l'aire de la face égale déjà la moitié de celle du crâne; dans les makis, les deux tiers. 11 y a égalité entre ces deux aires dans les guenons, les mandrilles, et dans la généralité des carnassiers. Enfin, « les rongeurs, les pachydermes, les ruminants et les solipèdes, ont tous l'aire de la coupe de la face plus grande que celle du crâne : parmi les rongeurs, le lièvre et la marmotte l'ont d'un tiers plus grande; mais elle est d'un tiers plus petite dans l'aïe-aïe; elle est plus que double dans le porc-épic ; elle est presque double dans les ruminants, à peu près triple dans l'hippopotame, presque quadruple dans le cheval. Dans les cochons, l'aire de la coupe de la cavité cérébrale n'est que la moitié de celle du crâne tel qu'il paraît à l'extérieur, tant il est augmenté par les grands sinus qui régnent jusqu'à l'occiput, et tout le crâne ensemble égale à peine la face poui' l'aire. A la vérité, il est beaucoup plus haut, mais plus court '. »
11 y a quelques animaux qui présentent des rapports tout à fait exceptionnels tenant à des dispositions particulières delà tête, comme la baleine et le cachalot, où Taire de la face est quinze à vingt fois aussi étendue que celle du crâne.
Pour déterminer exactement l'étendue des aires de la face et du crâne, il faut placer sur une feuille de papier une tête sciée en deux et munie de sa cloison cartilagineuse, puis en calquer les contours, ainsi que ceux de la périphérie interne de la cavité crânienne. Cela fait, on divise le dessin en deux parties pni' une ligne passant au niveau de la crête ethmoïdale. Tout ce qui se trouve en dessous de cette ligne constitue l'aire de la face que l'on partage en centimètres carrés ou en petites ligures régulières, pour avoir la surface totale. L'aire du crâne est mesurée de la même manière, et les sinus |)lacés entre le crâne cl le front,