‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 76 sur 287 · II.TilIlMll · texte numérisé non relu

II.TilIlMll

Ci'nliiiii'ti'.

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Cheval

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Bœuf

Bélier

Chèvre

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Chien

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:: 1 : Jfiî) :: 1 : ->,09 :: 1 : 3,43 :: 1 : -J.-JO :: 1 : 1,95 : : 1 : 0,Ô4 : : 1 : 3,i4 : : 1 : 1,17 : : 1 : 0,fi8 :: 1 : 1,17

On voit, d'après ce tableau, (jue l'aire du crâne, relativement à celle de la face, offre son maximum d'étendue dans le chat, qui se trouve ici, comme pour le volume du cerveau et l'angle facial, placé en première ligne : le chien vient après, puis le lajiin, la chèvre, l'àiie, le bélier, le cheval, le porc et le bœuf.

l*lii*éiiolo;rie. — Un autre moyen de juger des facultés de l'homme et des animaux constitue ce qu'on a appelé la phrénologie.

Gall ', à qui on doit cette science problématique, en définissant les facultés admises par les philosophes de l'école écossaise, a prétendu qu'elles ont des sièges ou des organes distincts dans Tencéphale, et que ces petits organes, suivant le degré de leur développement, peuvent donner lieu à des différences notables dans la configuration du crâne et dans la proéminence de ses diverses régions.

D'après cet observateur, l'encéphale, qui déjà se compose de tant de parties distinctes par leur forme, leur structure et leurs propriétés physiologiques, se subdiviserait en un grand nombre de départements dont chacun serait le siège d'une faculté, soit instinctive, soit intellectuelle. Le cerveau, si homogène en apparence, et si irrégulièrement découpé à sa surface, serait partagé presque en autant de parties dilTérentes ([u'il a de circonvolutions. L'une (pielconque de ces dernières, bien qu'elle ait la ligure, le volume, la texture de toutes les autres, et qu'elle n'offre pas de démarcation tranchée avec celles qui l'entourent, aurait cependant un rôle spécial, parfaitement limité. CiCtte spécialité fonctionnelle de cluKpie fraction du cerveau subsisterait même après la disparition des circonvo. lutions. Elle serait aussi réelle dans les hémisphères tout à fait lisses des oiseaux que dans ceux de l'homme et des mammifères. Dans tous, les facultés affectives

1. Gall, Anatomie et phijsio/ofjie ilu si/ftème 7ierve»x,elc. Paris, 18! 0. — Ga.\ï, Sur les fonctions du cei'veau et sur celles de chacune de ses parties. Paris. 18-25.

et intellectuelles seraient réparties par petits groupes, en raison de leurs affinités, comme les sections dans une académie. Gall en a admis 27, dont il a assigné le siège respectif d'après ses propres observations ; mais Spurzheim, en comblant les vides que le maître avait laissés et en dédoublant quelquefois les circonvolutions auxquelles un rôle était déjà assigné, en a porté le nombre à 42.

Voici d'abord, pour l'homme, la topographie des facultés admises par les fondateurs de la phrénologie, puis, pour le chien et le corbeau, celle des facultés que le docteur Vimont croit avoir reconnues à ces animaux.

FiG. 37. — Système de Gall (*).

FiG. 38. — Système de Gall (**).

Gall et la plupart de ses disciples ont poussé très loin la détermination des organes cérébraux chez les brutes; ils ont tracé sur le cerveau d'un oiseau ou d'un tout petit mammifère la circonscription des nombreuses facultés auxquelles ils avaient assigné des sièges distincts sur le cerveau de l'homme; et il leur a été facile d'y imaginer des organes et des proéminences pour les facultés les plus saillantes de tel ou tel animal. Ainsi, ils ont reconnu l'organe de la destruction chez les carnassiers ; celui de la ruse chez les renards, les singes, le chat; celui du courage chez le coq ; de la musique chez les oiseaux chanteurs ; de la construction chez ceux qui se creusent des galeries, se disposent des habitations; ils ont vu l'organe de la mémoire des lieux dans le cerveau des animaux qui émigrent ou voyagent à diverses époques de l'année; celui de la mémoire des faits chez le chien et les espèces les plus intelligentes ; celui du sens des hauteurs chez l'aigle, le chamois et les habitants des lieux élevés ; ils n'ont pas manqué de trouver à la pie l'organe des nombres; au lapin de garenne, l'organe de la mécanique; au

(*) 1, faculté reproductive; 2, philogéniture; .i, éùucubililc ou éventualité: <i, mémoire des lieux; 5, mémoire des personnes; 6, connaissance des couleurs; 7, sens musical ; 8, sens des nombres; 9, mémoire des mots; 10, sens des langues; 11, construction; 12, amitié; 13, sens de la rixe; li, sens de la destruction.

(**) l.'i, ruse; 10, sens de l'acquisition et du vol; 17, fierté; 18, ambition; 19, circonspection; 20, sagacité comparative; 21, causalité ; 22, esprit de saillie; 23, induction; 24, douceur; 2.'i, mimique ; 26, vénération; 27, fermeté. — A, concentrativité, liabitativité ; B, conscience; G, espérance; D, merveillosité ; E, Idéalité; F, individualité ; G, étendue; II, sens de la pesanteur; I, ordre ; K. temps.

serpent, celui de la prudence, etc. Enlin, ils sont parvenus à placer, comme le dit ironiquement un des |tlus spirituels adversaires de la phrénologie, sur le cerveau d'une oie ou d'une corneille, (pii a (|uel(|ues centimètres d'étendue, \ingt-

Fifi. 39. — Localisation des facultés ilu chien, daprès le docteur Vimont (*).

neuf organes distincts, et très probablement ils auraient pu en faire autant sur celui de l'oiseau-mouche.

L'examen des doctrines phrénologiques, entrepris par des auteurs d'un grand

(*) 2, choix des alimeiils ; 3, destruction; 4, ruse; 5, courage; 6, choix des lieux; 7, concentration; 9, attachement; ICI, reproduction; 11, attachement à la progéniture; 12, propriété; 13, circonspection; 14, perception de la substance; 20, localités; 26, éventualité; 27, construction; 30, comparaison; 33, persévérance ; 3'J, douceur.

mérite, comporte des diflicultés nombreuses qui n'ont pas toutes été abordées. Il faudrait pour les juger, en principe, résoudre les questions suivantes : 1° les facultés de l'instinct et de l'intelligence sont-elles distinctes? 2° dans l'hypothèse où elles seraient distinctes, ont-elles chacune, ou par groupes, un siège, un

FiG.4U. — Localisation des racultés du chien.

organe spécial ? > dans l'aflinnative, quel est ce siège ou cet organe? 4° l'organe d'une faculté a-l-il un degré de développement proportionné à l'étendue de cette faculté? 5° enfui, dans cette autre hypothèse, peut-on juger du développement des organes cérébraux par la conliguration extérieure du crâne chez l'homme et

FACULTÉS INSTINCTIVES ET INTELLECTUELLES. ■iUi

un ceilaiii noiiibn^ d'animaux? Toutes cos questions que les plirénologues, sans les poser nettement, ont supposées résolues, attendent leur solution.

D'abord, sur le premier point, il ne reste guère de doute. Les facultés sont distinctes; chacune a sa pliysionomie, sa manière de s'exercer, son but ; elles ne se développent lias nécessairement ensemble; se perfectionnent indépendamment les unes des autres, se perdent isolément; elles manquent ou acquiériMil, suivant les sujets et les espèces, une prédominance plus ou moins marquée. Tel individu a la mémoire des lieux, tel autre celle des nombres ; celui-ci a le sens de l'imitation, cet autre celui de la musique; l'un est bienveillant, l'autre a de la tendance à la destruction, etc.

Mais, ces facultés plus ou moins distinctes ont-elles, chacune ou par ^M-oui»es. (les parties affectées à leur exercice? Cela n'est pas tout à fait invraisemblable. Les localisations sont fort nombreuses dans le svstème nerveux. A chaque [lartie de l'encéphale est dévolu un rôle spécial : aux hémisphères, la perception des impressions; au cervelet, la coordination des mouvements; au bulbe, la direction du mécanisme respiratoire; à la moelle, les transmissions centripètes, les transmissions centrifuges, les actions réflexes. Il y a plus : les diverses parties de l'encéphale, les corps striés, les couches optitiues, les tubercules quadrijumeaux, les pédoncules, ont leurs propriétés. Les cordons supérieurs, les cordons inférieurs, l'axe gris de la moelle ont aussi chacun les leurs. Les nerfs ont des filets affectés à la sensibilité, d'autres à la motricité : ceux de la sensibilité sont impressionnables à tous les excitants ou à un seul, à la lumière ou aux vibrations sonores, auv odeurs ou aux saveurs, etc. Il pourrait se faire que, dans les hémisphères cérébraux, affectés en bloc à l'exercice des facultés, il y eût telles parties plus pariiculièrement en rap[iorl avec telles fecultés ou avec tels groupes de facultés. Sans doute, l'expérimentation ne semble pas favorable à cette sorte de localisation, car si l'on détruit partiellement les hémisphères, comme l'afaitM. Flourens, on anéantit toutes les facultés, dès qu'on parvient à en anéantir une et, dès qu'une reparaît, toutes reparaissent en même temps. Mais il y a dans le cerveau une telle solidarité d'actions, des liaisons fonctionnelles si intimes, qu'un trouble local, dû à la vivisection, peut provoquer des perturbations très étendues, comme la compression le fait dans le cas d'apoplexie.

I']n troisième lieu, si les facultés sont, une à une ou par groupes, exercées plus piirticulièrement par telles fractions de Tencéphale, par telles circonvolutions, eomment pourra-t-on le reconnaître? Que d'observations à faire, que de coïncidences à constater pour s'assurer que la lésion de telle partie entraîne l'affaiblissement ou la perte, soit d'une faculté, soit d'un groupe de facultés ! Que d'études pour reconnaître que le faible ou le grand dévelo|ti>enient d'une région de l'encéphale ré[>ond, dans les divers individus ou dans les diverses espèces animales, à la dépressipn ou à l'exagération d'une faculté !

A ce sujet, que de recherches à entreprendre 1 Si, par exemple, je conqiare les cerveaux des animaux à organisation identique, mais à facultés différentes, comme ceux du chien, du loup, du renard, ou ceux du bœuf, du mouton, du chevreuil, je trouve à chacun de ces cerveaux un aspect particulier. Celui du chien n'a pas les mêmes proportions relatives que celui du renard, ni tout à fait

les mêmes circonvolutions. Est-ce que les différences cérébrales entre le chien et le renard ne pourraient pas être en relation avec la sociabilité de l'un et la ruse de l'autre? Est-ce que la stupidité de la brebis, les habitudes de famille restreinte du chevreuil ne dépendraient pas des particularités différentielles que la comparaison me montre ? Depuis que j'ai examiné comparativement, avec soin, des animaux très rapprochés par l'ensemble de leur organisation, mais différents par

leurs facultés, par leurs instincts, leurs mœurs, je découvre entre leurs cerveaux des différences anatomiques qui, si elles signifient quelque chose, pourraient bien exprimer les différences psychologiques. Est-il impossible, en définitive, que le développement exagéré d'une région des hémisphères ou l'atrophie d'une autre influe sur le degré d'une faculté ou d'une aptitude. Pourquoi, par exemple, la forme sphéroïdale du cerveau de l'homme n'aurait-elle pas d'action sur le caractère des facultés humaines? Pourquoi la dépression supéroinférieure qui croît chez les singes, le raccourcissement du lobe postérieur qui cache de moins en moins le cervelet, n'imprimeraient-ils pas une modification au caractère et à l'étendue des facultés des animaux où ces dispositions s'observent? Pourquoi, parmi les carnassiers, ici un cerveau court, large en arrière comme chez le chat , ou très rétréci en avant comme chez le chien, la taupe, les vermiformes, triangulaire comme chez les édentés et les rongeurs ?

Quelle est la raison de toutes ces différences dans le nombre, l'aspect des circonvolutions ? Il y a évidemment là des rapports à chercher, des coïncidences à constater entre telles dispositions et telles facultés. Les phrénologues l'ont bien senti dès le début. Aussi Gall et tous ses disciples ont-ils cherché chez les animaux les dispositions accentuées qu'ils supi>osaiont devoir exister, en regard de facultés nettement dessinées, mais ils ne sont pas allés assez loin dans cette voie de délicates investigations.

(♦) 2, 3, it, 5, G, 7, comme sur le chien; 8, attachement à vie ; 9, 10, 11, 12, 13, 14, comme sur le chien ; 16, étendue; 17, distance; 1«, sens géométrique; 19, résistance; 20, localités; 22, ordre; 23, temps; 26* 27, comme sur le chien ; 28, talent musical ; 29, imitation ; 30 et 39, comme sur le chien.

FiG. 41. — Topographie des facultés du corljcau {*).

Ce serait après ces premières études qu'il faudrait chercher à retrouver daus les formes et les proportions variées du crâne l'expression des formes du cerveau. Nul doute que dans l'homme et quelques rares espèces, la configuration extérieure du crâne ne reproduise assez fidèlement les grandes formes cérébrales. Mais, chez la plupart des animaux, il ne saurait en être de même.

En ell'et les arcades zygomatiques si prononcées, dans les carnassiers notamment, la protubérance occipitale, les crêtes pariétales, les sinus frontaux, donnent au crâne, par suite de leur disposition et de leur développement, parfois très considérable, une configuration qui ne répond guère à la forme de sa cavité, et par conséquent à celle de l'encéphale. Ainsi, chez le bœuf, le bélier et la plupart des ruminants à cornes, chez le porc, le sanglier, l'éléphant et divers autres pachydermes, des sinus très spacieux séparant la table interne delà table externe du crâne, donnent au front, de même qu'à la partie supérieure de la tète, un aspect plus ou moins bizarre, mais complètement étranger à la disposition extérieure du cerveau. A cela viennent s'ajouter, et des ciotaphites plus ou moins volumineux qui recouvrent les parties latérales du crâne, et la terminaison des muscles cervicaux supérieurs qui dérobe à la vue la région correspondant au cervelet. Il en résulte que la partie supérieure de la tète du chien, du chat et de la généralité des carnassiers, est énormément large ; que celle du bœuf, de l'éléphant, ofl'rent des dimensions sans rapport avec le volume de l'encéphale. Si on se laissait séduire par ces apjiarences, on donnerait au taureau, dont le front est si large et si élevé, une intelligence bien supérieure à celle qu'il possède réellement. Mais, il suffit de jeter un coup d'œil sur cette tète ouverte pour être désillusionné.

Les i)hrénologues, cependant, ne se sont i)as laissés arrêter par cette sorte de voile qui masque les proéminences que peut ollrir la lame osseuse immédiatement en contact avec le cerveau : ils ont fait des bosses avec des saillies musculaires, lies dilatations des sinus ; ils en ont trouvé dans des régions au niveau desquelles il n'y a pas de cerveau ; ils ont déplacé, transposé les facultés, suivant les convenances arbitraires de leurs doctrines. Aussi ils ont déconsidéré leur système aux yeux des savants, et prêté largement le flanc à la critique, qui a relevé leurs exagérations et leurs erreurs sans démontrer la fausseté des principes de la phrénologie '.

1. Voy. Flourens, Examen de la phrcnoloQie. — Lélul, Rejet de l'or;janolu;jie phrenolofjiqne de Galt. Paris, 1845. — Leurel et Gratiolet, Anatomie comparée du sijsfème nerveux considéré dnns se-i rapporfs arec rintelligrnrr. Paris, 1839-1857.

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