FORCE DU CŒUR
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ticjuc le couduisaicut à des chiffres très-éloignés de la vérité ; il délerminait bien la hauteur de la colonne sanguine qui presse le cœur, mais il n'obtenait qu'une fraction de la base de celte colonne.
M. Poiseuille (1) qui, il y a près d'un demi-siècle, a critiqué Haies et rejeté sa méthode, en a indiqué une autre tout à fait vicieuse. Il a bien mesuré exactement la hauteur h laquelle le sang peut s'élever dans un tube qui serait adapté à une artère, en notant à quel niveau le sang artériel fait monter le mercure d'un tube recourbé; mais il a pris l'étendue de l'aire transverse de l'aorte à son origine pour base de la colonne fluide qui presse le cœur; il n'a enfin trouvé que la pression exercée par le sang sur les valvules sigmoîdes de l'orifice aortique, et c'est cette pression qu'il a considérée comme représentant la force statique du cœur gauche. Chose étonnante, depuis si longtemps que celte détermination est reproduite dans tous les traités, dans tous les cours de physique et de physiologie, ni M. Poiseuille, ni personne n'a semblé s'apercevoir qu'elle était radicalement fausse.
Passons maintenant à l'apphcation de la méthode qui vient d'être exposée ; voyons à quels résultats elle conduit, et cherchons à recueillir les enseignements qui en découlent.
Pour mesurer la pression du sang artériel et la force impulsive du cœur, je (2) me suis servi d'un instrument analogue à celui de Haies. Il consiste en un tube de verre de 3 mètres de hauteur et de 1 centimètre 1/2 de diamètre, îi\^ sur une règle graduée; son extrémité inférieure est unie par un anneau de caoutchouc à un robinet de cuivre légèrement aminci et recourbé de manière à pouvoir s'adapter à des artères de différents calibres. Lorsqu'on veut eu faire usage, on engage le robinet dans le vaisseau préalablement isolé sur une certaine étendue, et on l'y maintient à l'aide d'une ligature. A peine l'appareil est-il placé, "[que le sang s*y élève avec rapidité, et arrive bientôt à un niveau qu'il ne dépasse plus. L'ascension du liquide est tellement prompte, qu'on a tout le temps nécessaire pour prendre les hauteurs, car il ne commence à se coaguler qu'à partir de la cinquième à la huitième minute, et il ne faut pas la moitié, ni même le tiers de celte période pour noter le niveau de la colonne sanguine et juger de ses variations.
Le niveau du sang qui a pénétré dans l'hémodynamomètre éprouve une agitation presque continuelle ; il s'élève et s'abaisse alternativement. Un examen attentif de ses oscillations fait voir qu'elles sont doubles, que les unes correspondent aux battements du cœur, et que les autres sont
(1) PoiseuiRe^ Recfierches tur la force du cœur aortique, Paris, 1828.
(2) G. Colin, De la déicmiination expérimentale de la force du cœur. Compte f retidus de l'Académie ilen sçiencea, 26 juillet 4858, cl Annales des sciences naturelles, A« série, t. IX.
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