‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 121 sur 239 · III. — Vitesse du sang artériel · texte numérisé non relu

III. — Vitesse du sang artériel

La rapidité avec laquelle se meut le sang dans les artères est beaucoup plus grande que dans toutes les autres parties de l'appareil circulatoire ; mais il n'est pas facile de la mesurer exactement

Volkmann, le premier, a essayé de la déterminer à l'aide d'un instrument assez simple, composé d'un tube en U plein d'eau que l'on adapte à une artère, tube dans lequel le sang, par le jeu de deux robinets, peut arriver et progresser. La marche du liquide peut y être srivie pendant quelques secondes. Elle a été, en moyenne, de 25 à 35 centimètres par seconde dans les grosses arières du chien. Yierordt, à l'aide d'un autre hémodromètrc, a trouvé une vitesse moyenne de 26 centimètres pour la carotide. Ludwig, en se servant d'un tube pourvu de deux boules dans l'une desquelles se trouve de l'huile que le sang chasse dans l'autre, a obtenu aussi des données intéressantes sur ce point.

il5U DE LA qB€ULATION.

A l'aide de ces appareil» que Ton a variés et multipliés, on a pu constater de curieuses particularités du cours du sang artériel. On a vu que la vitesse n'est pas uniforme dans toutes les parties du système ; qu'elle est plus grande dans certaines artères que dans d'autres de môme calibre et également éloignées du cœur; qu'ainsi elle peut se trouver accélérée dans la carotide pendant qu'elle est ralentie dans la crurale, et réciproquement. On a vu qu'elle est indépendante de la pression du sang et même du nombre des pulsations, car elle n'augmente pas avec le degré de la première et le nombre des secondes. Elle paraît s'accroître un peu lors de la systole du cœur, au moment de l'inspiration et de la contraction musculaire, et se ralentir une fois que l'impulsion du cœur tend à s'éteindre, lors de l'expiration et du felâchement des muscles. Elle est modifiée dans les différentes artères par les résisunces qu'elles offrent, vers leurs extrémités, au passage du sang, résistances en rapport avec l'élargissement ou le rétrécissement des voies^ et avec les divers degrés d'obstruction des capillaires. Le sang marche vite dans les artères des organes dont les petits vaisseaux capillaires sont larges et libres ; il marche plus lentement dans celles qui aboutissent à des capillaires rétrécis et embarrassés. Et comme les différentes parties du système capillaire sont, jusqu'à un certain point, solidaires les unes des autres, si le cours du liquide est libre dans quelque grande fraction, il est facilité par suite dans les autres. Si, par exemple, il coule librement dans le système vasculaire intestinal ou dans celui des membres, sa marche devient plus libre dans a tête et dans différents viscères, de même que dans un système d'irrigation, une écluse, une vanne levée en un point facilite le dégorgement des canaux les plus éloignés. Il résulte de ces influences réciproques des départements vasculaires les uns sur les autres que si dans l'un d'entre eux la circulation est gênée, elle s'embarrasse ailleurs. 'Ainsi, par exemple, dans les obstructions, dans les congestions intestinales^ la circulation cérébrale devient moins facile. Dans les cas où elle est gênée à la peau et aux parties superficielles par le froid, elle devient moins libre à la tête; elle reprend sa liberté dans l'appareil digestif si elle peut être activée à la peau, et dans les muscles par le fait de l'exercice ou des frictions.

On conçoit fort bien qu'indépendamment des résistances plus ou moins grandes offertes par les capillaires et capables de ralentir à divers degrés la vitesse du sang, les artères puissent agir dans le même sens. En vertu de leur contractilité, elles se resserrent pour rétrécir les passages et augmenter la tension sanguine. Gomme leur contractilité est très-marquée dans celles qui ont beaucoup de nerfs, il est clair que les artères viscérales, dont j'ai démontré la sensibilité, sont celles où le cours du sang doit être le plus influencé par celte cause. A certains moments, celles de l'estomac, du foie, du pancréas, des reins, ont besoin de recevoir beaucoup de sang, à d'autres elles ne doivent en admettre qu'une petite quantité. C'est, en grande partie, par leur contractilité que l'afllux sanguin y est réglé dans la mesure des besoins fonctionnels.

La vitesse du sang ne peut être uniforme dans toutes les parties du système artériel. Il est démontré, en physique, que la quantité de liquide qui passe dans les diverses sections d'un tube plein est partout la mêma Or, comme les sections du système aortique sont de plus en plus larges à mesure qu'elles s'approchent des capillaires, la vitesse des courants doit se ralentir à mesure qu'ils s'éloignent

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du cœur. Mais ou n'a pas, jusqu*ici, de données précises qui permettent de fixer le chiffre de ce ralentissement.

Diverses causes peuvent s'ajouter aux précédentes pour diminuer encore la rapidité des courants qui abordent à des organes délicats. Dans les arières rectilignes, comme Taorte, la carotide^ les crurales, elle est à son maximum. Mais elle se ralentit dans les branches qui naissent sous des angles plus ou moins ouverts et surtout dans celles qui affectent une disposition transverse ou rétrograde : cela doit arriver, notamment aux artères intestinales. Les flexuosités, les anastomoses collatérales, les plexus, les réseaux qui existent en divers points, comme sur le trajet des artères cérébrales^ ont évidemment pour but de ralentir la vitesse des courants, de les équilibrer entre eux et d'amortir les saccades, les secousses dues à des causes très* diverses.

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