‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 130 sur 239 · coLiH* — Phisiol. comp.^ 2* édit. il · texte numérisé non relu

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(iécril aubhl celles des branches principales de la veine porte de ce dernier quadrupède.

Ces valvules sont fort belles et très-larges en plusieurs points dans les sollpèdes, les rumiOsints domestiques ; mais elles sont peu nombreuses et assez petites chez h* chat, le chien, Thyène et le lion, parmi les carnassiers. On les trouve surtout dans la division mésaraïque qui provient du rectum et dans les autres veines, vers leur jonction au tronc principal du système. Chez le cheval, j'en ai compté deux ou trois rangs dans les gastriques, vers leur extrémité centrale; six ou sept dans la splénique, à partir de la pointe de la rate; le dernier rang, qui est composé de trois grosses valvules, se trouve tout à fait à la jonction de cette veine avec le tronc de hi porte; deux ou trois rangs vers Textrémité centrale de la grande veine du côlon replié ; trois rangs dans Tune des cœcales ; cinq ou six rangs dans les branches de la petite mésaraïque provenant du côlon flottant; et enfin, douze h quinze rangs dans la petite mésaraïque, depuis le point où elle traverse la tunique du rectum jusffu'à son anastomose avec la grande mésaraïque. Il n'y en a dans les branches de Tinlestin grêle qu'à leur embouchure, et aucune trace dans leurs grandes arcades anastpmotiques, oî!h le sang peut à la fois se diriger en avant et en arrière.

Chez le bœuf, où elles sont très-grandes et également disposées par paires, j'en ai trouvé neuf rangées dans la gastrique droite qui longe la grande scissure supérieure du rumen ; cinq ou six rangées dans la gastrique gauche de la scissure longitudinale inférieure du même réservoir, cl plusieurs dans les collatérales postérieures que cen veines reçoivent des scissures transverses ; neuf dans la veine de la grande courbure du feuillet ; six dans la veine intermédiaire au réseau et au feuillet ; trois dans la veine de la grande courbure de la caillette; quatre dans celle du duodénum; deux dans la splénique; quatre dans le tronc principal de la mésaraïque; deux k quatre rangées dans les collatérales de cette dernière.

Les replis valvulaires peu nombreux dans la veine porte, relativement aux autres veines, sont tellement distribués que, d'une part, ils tendent à mettre obstacle au reflux du sang du tronc dans ses afierents, tels que la petite, la grande mésaraïque et la splénique; d'autre part, à rendre difficile le passage de ce fluide d'une grande branche dans une petite, et des principales, les unes dans les autres; enfin, leur multiplicité vers les points où le système de la porte va contracter des anastomoses avec les radicules des veines hémorrhoïdales appartenant à la veine cave postérieure, rend aussi difficile que possible le passage du sang d'un système dans l'autre. Néanmoins, il u*y a pas dans tout cela des obstacles invincibles à ces communications. La matière à injection poussée dans l'une des branches de l'intestin grêle passe dans toutes les autres, arrive au tronc qu'elle remplit, et se dissémine de là dans toutes les parties du jiystème, au point que souvent les arborisations des parois intestinales sont injectées jusque vers leurs radicules les plus ténues que l'œil puisse apercevoir. Seulement, les branches rectales ne se remplissent jamais jusqu'à leur origine, et la matière ne parvient pas dans les anastomoses. Les choses se passent ainsi chez les ruminants comme chez les solipèdcs, certains carnassiers, comme le chien, le chat et le lion, et le système s'injecte de même, mais moins bien, si on pousse les matières du tronc vers ses afTéronts.

Il y a donc, malgré les valvules, possibilité du passage du sang d'une veine à

GOUBS DU SANG DAMS LES VEINES. 699

tontes les autres du même système. Reste à voir si la toulité ou uue partie de ce fluide pourrait revenir au cœur sans traverser le système capillaire du foie. Or, cela .est possible s*il va des anastomoses directes entre la veine porte et la veine cave, soit dans le foie même^ soit en dehors de cet organe. Ce retour indirect peut avoir une immense utilité lorsque le tissu hépatique a perdu de sa perméabilité sous l'influence de divers états morbides, ou lorsque le tronc de la veine porte est le siège d'une phlébite purulente qui paraît y mettre obstacle au cours du sang.

Les anastomoses entre la veine porte et la veine cave dans le tissu du foie ont été admises depuis fort longtemps par quelques anatomisies célèbres. Bauhin signale |>arliculièrement une anastomose considérable, susceptible de recevoir une grosse sonde, et établissant une continuité entre la veine porte et la veine cave; G. Bartholin (1), qui en fait mention, la figure dans son livre; Th. Bartholin (2) reproduit cette flgure et en donne une autre où plusieurs grandes anastomoses sont trèsnettement représentées. EnGn, M. Bernard (3) a décrit sur le cheval et le mouton, ces voies anastomotiques dont les modernes paraissaient avoir perdu le souvenir. D'après lui, plusieurs branches de la veine porte^ au moment où elle pénètre dans la scissure inférieure du foie, se dirigent à la surface du tronc de la veine cave, y forment un réseau, puis se divisent en deux ordres de rameaux : les uns qui continuent à se diviser et à devenir capillaires, les autres, qui, au contraire, conservent un calibre considérable et vont s'aboucher dans le trono de la veine cave, de telle sorte qu'une partie du sang de la veine porte peut passer inimédiatemen dans cette dernière veine et revenir au cœur sans être obligé de traverser le système capillaire hépatique.

De telles anastomoses me paraissent être des fictions. J'ai injecté plusieurs foies de solipèdes et de ruminants pour les mettre en évidence. La matière poussée par la veine porte, si elle était grossière, ne parvenait pas ou ne parvenait qu'en petite ffuantilé dans la veine cave, faute de pouvoir traverser les capillaires : elle serait arrivée aisément dans celte dernière s'il y avait eu des , communications directes entre les deux troncs vascuiaires. J'ai ensuite injecté successivement la glande par la veine porte et par la veine cave, de manière à remplir tous ses vaisseaux, puis j'ai détruit par de longues manipulations tout le parenchyme aGn de mettre à nu les vaisseaux. Alors, j'ai pu suivre avec soin les branches de la porte qui forment un réseau à la surface du tronc de la veine cave et dont un grand nombre se trouvent accolées à ses parois, mais j'ai reconnu très-nettement que toutes se divisaient peu à peu et devenaii^nt capillaires : aucune d'elles ne s'ouvrait directement dans le tronc de la veine cave. Les grandes ouvertures qui se voient à l'intérieur de celle-ci sont les orifices des veines sus-hépatiques émanées du système capillaire. Conséqueminent, le sang de la veine porte, pour se rendre à la veine cave, doit entièrement traverser les capillaires du foie.

Cependant, chez le cheval, une partie du sang amené au foie parla première de ces veines, peut se rendre dans le système veineux général sans être obligé de suivre la filière des capillaires. Ce sang, parvenu vers la région moyenne de l'organe^

(1) G. Barlholin, Ouvr. cit,^ p. 98 et 103.

(2) Th. Bartholin, Anatomia^ etc. Lugd. Batav., 1651, p. 85, 88 et 407.

(3) Claude Bernard^ Comptes rendus de r Académie des sciences^ 3 juiu 1850.

est charrié par un ou plusieurs vaisseaux qui se dirigent vers le ligameiil du lobe droit du foie, glissent entre ses deux lames, s*y divisent souvent et viennent eofin s*anastornoser à plein canal avec la veine asternale droite, laquelle communique elle-même d'une part avec la circonflexe iliaque, et d'autre part avec les intercostales correspondantes. Cette anastomose que j'ai découverte se voit très-bien dans Tépaisseur du ligament du lobe droit Ordinairement, elle se compose de branches qui, remplies de sang ou de matière à injection, offrent le diamètre d'une plume de corbeau; quelquefois elle est constituée par une seule veine du volume d'une plume d'oie. Dans tous les cas, on l'injecte fort bien en poussantde la matière, même assez grossière, par une des racines de la veine porte, matière qui se propage assez loin dans la veine asternale. Par l'intermédiaire de cette anastomose remarquable, une partie du sang de la veine porte, dispensée de traverser le système capillaire hépatique, se rend dans Tasternale, de là dans la thoracique interne, et enûn, dans la veine cave antérieure, d'où elle est versée dans le cœur droit. Les anastomoses que je signale ici n'ont rien de commun avec ces canaux biliaires et ces vaisseaux sanguins arborisés que l'on voit souvent sur une grande étendue du ligament hépatique droit du cheval, lorsque la substance glandulaire du lobe de ce côté est entièrement détruite dans une certaine étendue vers son extrémité, accident que j'ai observé fréquemment sur les solipèdes, et dont l'homme offi*e aussi des exemples, car Ferrein et Haller (1 ) ont vu des canaux hépatiques et des veines sortir de la substance du foie se porter assez loin dans l'épaisseur du ligament où ils se terminaient après s'être capillarisés.

Du second ordre de communications permet à une petite partie du sang de la veine poilc de passer dans le système veineux général : C/e sont les anastomoses établies entre les racines rectales de la petite mésaraîque et les racines des veines anales ou hémorrhoîdales. Guvier et Duvemoy (2) signalent cette communication comme générale et extrêmement développée chez les vertébrés ovipares. Néanmoins, elle l'est très-peu dans nos espèces domestiques. Les injections que j'ai poussées dans l'ensemble du système abdominal par l'une des branches de l'intestin grêle l'ont rempli à peu près exactement; mais l'injection n'est jamais allée au delà du point où les racines de la petite mésaraîque traversent la tunique musculeuse du rectum pour constituer la veine do méso-rectum. Au delà de ce point, les racines sont ténues et forment un réseau entre la muqueuse et la membrane charnue; or, c'est seulement par les divisions de ces racines que la petite mésaraîque se met en continuité avec les veines anales appartenant au système des veines caves. Gonséquemment, la communication est étroite, et impropre à donner passage^ du moins dans l'état normal, à une quantité considérable de sang; d'autant plus que de nombreuses valvules se trouvent précisément rassemblées dans les branches de la petite mésaraîque par lesquelles les deux systèmes veineux s'ouvrent l'un dans l'autre.

Une troisième espèce de communication est établie entre la veine porte et le système vasculaire général à sang noir. Les ramifications antérieures des veines

(1) MiïWer^ Manuel (le physioiogte. Paris, 1851, 2^édit.^ t. I, p. 366.

(2) Covier, Leçofis (Tanat, comp., t. VI, 2«é(lit., p. 264.

Teiue œsophagienne médiastin et vient jeter dans l'oreil-

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avant son entrée dans la scissure hépatique. Le sang ap|)orlé par les artères distendait énormément tous les vaisseaux, s'extravasait dans les mésentères, s'infiltrait entre les tuniques intestinales et venait s*exhaler à Finiérieur de l'intestin. Je n'ai pu, également, prolonger au dt là de quelques heures la vie des chiens chez lesquels un tube iixé au tronc de la veine porte versait dans l'une des émulgentcs, et de là dans le tronc de la veine rave, le sang des viscères digestifs.

Quant aux coinmunicaiions très-fines que Retzius a signalées dans l'espèce humaine entre les veines du côlon et des branches de la veine cave, elles ne paraissent pas exister chez nos animaux domestiques, du moins chez le cheval et le chien. L'habileté du savant anatomistc qui les a vues ne permet pas de douter de leur existence, bien qu'elles soient extrêmement déliées et injectables seulement à Taide de matières très-pénétrantes. Toutefois, je dois faire observer qu'il peut s'oiïrir aux yeux de l'observateur plusieurs causes d'illusion à cet égard. Quand on pousse une injection ténue dans la porte, par l'une des branches intestinales, le système tout entier se remplit, le foie prend un aspect magnifique si l'injection a une couleur qui tranche sur la teinte hépatique, la matière traverse le système capillaire, oà parfois elle se décolore, puis elle arrive dans la veine cave postérieure par les veines sus-hépatiques. De là, si la veine cave est liée en avant du dia()hragme, elle reflue dans la partie abdominale, les émulgentes, les lombaires jusqu'aux sinus rachidiens, aux iliaques, etc.

Le cours du sang dans la veine porte peut-il être modifié par la rate que l'on a depuis longtemps considérée comme un diverticuhim ? C'est là une question sur laquelle on a beaucoup disserté sans avoir pu jusqu'ici lui donner une solution précise.

On sait, depuis longtemps, que le volume ou l'état de turgescence de la rate peut varier dans de très-grandes limites. Haller a noté le gonflement de cet organe à la suite de la ligature du tronc de la veine porte; Boycr, cité par Bérard, dit que la rate se distend rapidement si l'on comprime la veine splénique, et s'affaisse lorsque la compression cesse. Lieutaud a prétendu que cet organe diminue de volume pendant que l'estomac est plein d'aliments, et qu'il se gonfle dans les intervalles de la digestion, lors de la vacuité du réservoir gastrique; Home a avancé qu'il devenait plus volumineux par suite du passage dans son intérieur des fluides absorbés dans le réservoir gastrique. M. Goubaux a reproduit celte dernière opinion d'après des expériences faites sur le chien et le cheval. Enfin, on a signalé diverses conditions dans lesquelles le volume du viscère change très-sensiblement. Ce volume augmente sous l'influence des courses rapides, des accès de fièvre intermittente; il devient énorme chez les animaux ruminants qui meurent du sang de rate, etc.

Le fait des variations du volume de la rate s'explique aisément dans la plupart des circonstances où il a été observé. La rate se congestionne après la ligature de la veine porte, comme tous les autres organes digestifs qui, dans celte circonstance, ne peuvent plus se débarrasser du sang qu'ils reçoivent ; elle se congestionne plus que les autres à cause de la dilatabilité de ses vaisseaux et des propriétés érectiles de son tissu; elle se gonfle lors de la compression de la veine splénique, pour la même raison ; peut devenir plus volumineuse sous l'influence de la coui^ par

COURS DU SAW; DANS LES VEJNES. .SO.l

suiie de la diflBculté que le sang veineux éprouve, de même que dans tous les autres efforts, à revenir aux caviiésdu cœur; elle se tum(*fîe sensiblement quand l'abdomen est ouvert, attendu que dans cette circonstance, ies vaisseaux des viscères, soustraits à la pression des parois abdominales, se distendent et ne réagissent plus avec leur énergie habituelle sur le sang qu'ils contiennent. La rate, d'un tissu mou, aréolaire, très-expansible, se prête aisément à ces variations. Il suffit de pousser de l'air dans la veine splénique du cheval pour voir Torganç doubler et bientôt tripler de volume. Sa longueur peut être alors portée de 50 centimètres à 70, et son volume, de 1 à 5 décimètres cubes; dès qu'on cesse rinsuOlalion, la rate s'affaisse et revient sur elle-même en vertu de son élasticité. Pendant la vie on immédiatement après la mort, elle paraît jouir, avec l'élasticité, d'une contractilité spéciale que plusieurs observateurs ont mise en jeu à l'aide de l'électricité, contracliliié due à des fibres musculaires signalées par divers micrographes.

Mais quant aux changements de volume qui seraient en relation avec la plénitude ou la vacuité de l'estomac, la digestion ou l'abstinence, l'absorption des l)oissons, etc. , ils ne sont nullement démontrés. On ne sait pas encore si la rate est plus volumineuse pendant le travail digestif que dans ses intervalles; si elle est plus gonflée quand l'absorption des liquides s'effectue que dans les circonstances opposées. Rien de précis ne se trouve à cet égard dans les autcui-s, et, pour ma part, je n'ai, jusqu'à ce jour, saisi aucune relation entre le volume plus ou moins considérable de cet organe et l'état des animaux ouverts vivants ou immédiatement après la mort. Tout ce que j'ai pu voir, c'est que les variations dans le volume de la rate sont moins grandes qu'on ne le pense généralement pour des animaux de même espèce et de même taille ; elles sont même peu marquées entre les sujets tués par effusion de sang et ceux que l'on sacrifie sans hémorrhagic.

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