VITESSE DU SANG DANS LA CIRCL'LATION
obteou aussi par te sublimé corrosif, en solution très^tendue, une action aussi prompte, presque foudroyante.
Quelques physiologistes ont pensé que la rapidité avec laquelle le sang s'échappe des artères blessées ou ({ue la quantité de sang versée en un temps donné par une artère de diamètre connu pouvait aussi servir à déterminer la vitesse de la (Circulation. C'est une grande erreur.
Déjà Wailœus, dans une de ses lettres à Bartholin, fait observer que le sang coula plus vite d*une artère blessée qu'il ne marche dans une artère intacte, par la raison que dans le premier cas il n'a pas à vaincre la résistance des fluides qui sont devant lui et qui doivent lui céder la place, fiichat dit aussi qu'il s'écoule d'une artère divisée une quantité de sang supérieure à celle qui y passe dans le même temps |K)ur se porter aux capillaires, et que, par conséquent, « il ne faut pas prendre pour mesure de la vitesse du sang le jet des artères ouvertes. » Mûller partage la même opinion, qui me paraît très-juste.
Les expériences que j'ai faites à cet égard, sur les animaux solipèdes et sur quelques ruminants, prouvent que la quantité de sang qui s^écbappe d'une artère divisée est inGniment supérieure à celle qui y passe h l'état normal; elles démontrent aussi que le sang, lorsqu'il n'a plus à vaincre la résistance que lui op|)osent les frottements et les portions de fluide placées en avant de lui, acquiert une vitesse infiniment supérieure à sa vitesse ordinaire. Dans ces expériences, le sang de la carotide et de la fémorale a été recueilli, minute par minute, jusqu'au moment de la mort. Dans un certain nombre d'entre elles, l'artère, librement ouverte, versait du sang par ses deux extrémités; dans d'autres, l'extrémité supérieure ou l'inférieure seule versait ce fluide.
Dans la première série (voy. p. 508], la carotide, ouverte longitudinalement sur une étendue de 5 à 6 centimètres vers le milieu de l'encolure, laissait échapper et le sang poussé par le cœur et celui venu des anastomoses par voie rétrograde. En un espace de sept k dix minutes, cette artère a donné passage à la totalité du sang qui peut devenir libre par une hémorrhagie mortelle. Elle versait en moyenne un peu plus du tiers dans la première minute, le quart dans la seconde, la septième partie dans la troisième, la dixième partie dans la quatrième, la vingtième dans la cinquième, la trente-troisième dans la sixième, la centième dans la septième, la cent onzième dans la huitième.
Dans la deuxième série (voy. le tableau, page 508), la carotide, ouverte comme précédemment par une incision longitudinale vers le milieu du cou^ étant liée immédiatement au-dessus de l'ouverture, ne donnait écoulement qu'au sang poussé du cœur vers la blessure. £n huit à neuf minutes, l'émission s'achevait et donnait une masse de sang variable de la quatorzième à la vingt-troisième partie du poids du corps. Son abondance décroissait, à très-peu de chose près, suivant le même rapport que daps les cas où l'artère donnait le sang par ses deux extrémités.
Dans la troisième série (voy. le tableau, page 509), la carotide ouverte était liée au-dessous de l'ouverture, c'est-à-dire du côté du cœur, de sorte qu'elle ne donnait plus que le sang venu de ses anastomoses supérieures. En une durée moyenne de vingt à vingt-cinq minutes, elle veinait une masse de sang égale de la dix-huitième à la vingt-huitième partie du pids du corps, c'est-à-dire une quantité infé-
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