VITESSE DU SAMG DANS LA CIRCULATION
saiig, soit 32 kilogrammes, a, d'après mes meosurations, une capacilé ventriculaire égale à environ 1 litre, mais comme le ojenr ne peut se dilater autant pendant la vie qu'au moment où il est pris sur l'animal expirant et comme, d'autre part, il peut ne pas chasser l'intégralité de son contenu , admettons qu'il lance seulement dans le système artériel les deux tiers de sa capacité, soit 666 grannncs. Eu 1 minute 6 secondes, s'il se contracte 38 fois à la minute, il projettera US ondées représentant la totalité de la masse du sang. D'où il suit que cette masse y passera 1296 fois en vingt-quatre heures, et qu'en tout ki U12 kilogrammes de sang le traverseront en un jour, soit une masse égale à 92 fois le poids de l'animaL La substance du corps est donc ainsi en vingt-quatre heures arrosée par 92 fois son poids de sang. C'est une irrigation extrêmement abondante.
I3n autre moyen de mesurer la vitesse de la circulation a .été imaginé par M. Héring, et perfectionné par Vierordt. Il consiste à injecter dans la jugulaire d'un animal une solution de ferrocyanure de potassium et à déterminer le temps qui est nécessaire à celte solution pour paraître dans le sang de l'autre jugulaire. I.a solution injectée dans une veine fait nécessairement, avec le sang auquel elle est mêlée, un tour complet de circuîation avant de paraître dans Tautre; elle descend dans le cœur droit qui la pousse dans le poumon, d'où elle revient dans le cœur gauche qui, à son tour, la lance dans le système artériel, d'où elle passe cn6n dans les capillaires généraux et les veines. Or, sur le cheval, Héring a vu, dans 18 expériences, que le cyanure de fer et de potassium injecté par une jugulaire mettait seulement de 20 à 30 secondes pour paraître au point correspondant de la jugulaire opposée. Dans ses expériences, comme il n'essayait le sang que de cinq en cinq secondes, l'apparition du sel ne pouvait être indiquée qu'à quelques secondes près, mais dans celles plus récentes de Vierordt, le sang étant recueilli d'une manière continue, de seconde en seconde, sur un disqne tournant avec une vitesse uniforme, le moment de l'arrivée du sel a été déterminé avec toute la précision désirable.
Quoique l'exactitude du procédé de Héring soit à peu près admise, elle n'est pas parfaitement établie. D'une part, la diffusion peut porter le sel un peu plus loin, en iin temps donné, que le courant circulatoire ; d'autre part, comme le fait remarquer très-judicieusement M. Miliie Edwards, la partie centrale des courants capillaires c|ui marche très-vite doit apporter la solution au terme du circuit avant que le sang des parties extérieur(>s de ces courants, qui adhère aux parois vasculaires, parvienne h ce terme. Il en résulte que, dans le temps indiqué par l'expérience, une partie seulement de la masse du sang, peut-être la moitié ou les deux tiers, traverse les systèmes capillaires avec la rapidité constatée, tandis que l'autre met un temps beaucoup plus long à parcourir le même trajet. D'ailleurs tons les cercles vasculaires n'ont pas la même étendue. Ceux qui ont leurs capillaires ù l'extrémité des membres, chez les quadrupèdes^ sont beaucoup plus grands que celui des jugulaires et par conséquent exigent un temps plus long pour être parcourus, toutefois, il n'est pas facile d'apprécier exactement la valeur des effets dus à la diffusion et au retard des parties périphériques dans les courants capillaires. Aussi faut-il accepter provisoirement, et à titre d'approximation, les résultats donnés par le procédé que nous éludions.
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La vitesse indiquée pour un tour de circuiation, par le procédé de Héring, n'est pas la môme pour tous les animaux. £lle serait, d'après les rechercher de cet expé* rimeiHateur et celles de Vierordt, de : 7 secondes pour le lapin; \U secondes pour la chèvre; 16 secondes pour le chien; 27 secondes pour l'homme; 31 secondes pour le cheval.
Ce qu'il y a de très-remarquable dans les résultats de ces observateurs, c'est qu'il faut chez tous les animaux un nombre à peu près uniforme de battements du cœur ou de systoles pour faire parcourir h la totalité du sang un tour complet de grculation. Ce nombre serait de 26 à 28. Et comme ce nombre s'effectue dans un délai d'autant plus court que la taille des animaux est plus faible, ou comprend très-bîeii pourquoi le tour de circulation est d'autant plus rapidement parcouru que les animaux sont plus petits.
Si les résultats dont il s'agit sont exacts, si en 27 systoles le cœur chasse la totalité du sang en circulation, chacune d'elles représenie 1/27^ de la masse totale du liquide, que Vierordt évalue pour l'homme à 5 kilogrammes ou au douzième du poids du corps. Chaque systole chasserait 1/353*^ ou 1/383'' du poids du corps, soit environ 185 grammes de sang chez l'homme, et 1185 grammes chez un cheval de 650 kilogrammes ayant 32 kilogrammes de sang, 1/1/4^ de son poids. Mais ces chiffres sont manifestement exagérés, et en les réduisant de moitié on se rapproche assez de la vérité. " •
Dans les expériences de Héring et de Vierordt, la vitesse de la circulation a paru varier suivant diverses conditions. Lorsque sur le cheval exercé le nombre des battements du cœur s'élevait au double et presque au triple du chiffre normal, cette vitesse au lieu de doubler et de tripler ne présentait, sur la normale, qu'un accroissement d'un cinquième; d'où il suit que lorsque le nombre des systoles double ou triple^ leur valeur ou la masse de sang qu'elles lancent se réduit presque à la moitié ou' au tiers du chiffre ordinaire. Et, particularité plus curieuse qu'il ne faut pas accepter sans faire ses réserves : sur les animaux dont le nombre des pulsations arrive de 90 à 100 par le fait de la réaction fébrile due à une maladie inflammatoire, l'expérience du sel injecté indiquait que le tour de circulation, au lieu de se faire en une trentaine de secondes, en exigeait plus de quarante et que, par conséquent, la vitesse de la circulation sur le sujet fiévreux, au lieu d'êire accrue comme on le pense, était diminuée d'un tiers.
La promptitude avec laquelle agissent certains poisons peut aussi servir à juger de la rapidité de la circulation, quoiqu'elle ne permette pas de la mesurer. Lorsque divers agents sont injectés dans le cœur, par la jugulaire, ils manifestent' leurs effets en quinze, vingt, vingt-cinq secondes, et môme plus tôt chez les petites espèces. Ce court délai suffit au sang pour les porter de la jugulaire dans les cavités droites, de celles-ci dans le poumon et du poumon dans l'aorte, enfin dans les artères coronaires et le système capillaire du cœur, où ils agissent alors sur les éléments conlrac* tiles et les nerfs de l'organe. Or, les expériences de Blake ont fait voir que les sels minéraux, l'acide arsénieux, la strychnine^ injectés dans la jugulaire du cheval, produisaient leurs effets, par exemple, la chute du corps, le tétanos en seize à dixsept secondes et sur le chien en douze secondes, sur le lapin en quatre à cinq. J'ai