‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 143 sur 239 · II. — Propriétés physiques du sang · texte numérisé non relu

II. — Propriétés physiques du sang

Coalevr, odear, aavear, densité. — Le sang est un liquide incolore OU faiblement coloré, dans un grand nombre d'espèces inférieures. Les naturalistes l'ont trouvé sans coloration sensible dans plusieurs groupes de mollusques et d'insectes, lactescent et bleuâtre dans divers gastéropodes, jaune orangé dans les échinodermes. le Yer à soie, la chenille du sauie, verdâtre dans certains ortboptères, brun chez h généralité des irsectes coléoptères. Il est rouge déjà chez les annélides et les planorbes, et conserYe cette couleur dans tous les animaux vertébrés, avec quelques légères nuances.

Le sang des mammifères et des oiseaux est d'un rouge vif dans les cavités gauches du cœur, le système artériel aortique et les veines pulmonaires; il est d'un rouge brun plus ou moins foncé dans les cavités droites du cœur, le système Yeineux général et l'artère pulmonaire. Cette couleur devient uniformément sombre pour le sang veineux et le sang artériel, lorsque la respiration cesse de s'opérer, même pendant un temps très-court. Celle du temps artériel est plus vi?e dans les ruminants, et en particulier dans le bœuf que dans les solipôdes, le porc et les carnassiers. Elle devient plus vive dans l'anémie et d'un ronge vineux dans les cas où la proportion des globules blancs est trcs-considérable. La graisse émulsiounée la

modifié comme le ferait Taddition d'une petite quantité de lait. Cette teinte parait qaelquefois bleuâtre, irisée dans le sang un peu gras qui commence à se coaguler.

Le degré de coloration du sang a été généralement attiibué aux proportions relatires d*oxygène et d'acide carbonique dont les globules sont chargés. Le premier donnerait la rutilance, le second la teinte sombre. Dans ces derniers temps on a pensé que la teinte vermeille pouvait tenir à une forte concavité des deux feces des globules et la teinte foncée à un gonflement qui rendrait ces faces convexes. La concavité'produite par la contraction résulterait de l'action de l'oxygène, des sels alcalins, de l'eau sucrée; elle rendrait les globules très-aptes à réfléchir la lumière, tandis que la distension outrée par l'eau, l'acide carbonique, les acides étendus aurait pour conséquence de difluser les rayons lumineux. Dans tous les cas, divers agents chimiques avivent la teinte du sang : le nitrate de potasse, le sulfate de magnésie, tandis que d'autres la rendent plus sombre.

Le sang a une odeur peu prononcée, qui rappelle celle de l'animal ou des produits de la transpiration,' odeur bien sensible dans le sang du. chien, du cbat, du bouc, des bétes bovines, soumis à l'ébullition ou mêlé à son yolume d'acide sulfurique. Elle parait due à des addcs gras volatils. Sa saveur est légèrement salée, sa réaction alcaline. Il a une densité supérieure d'un vingtième à celle de l'eau, variant chez l'homme de 10/i5 à 1075. D'après Lehmann : terme moyen, elle est évaluée à i 050. Suivant J. Davy, celle du sang du bœuf et du porc est 1060, du mouton 1050 à 1058, du chien 1050, de l'agneau 1046 à 1053, du veau 1043. Elle est plus faible chez les poissons et les reptiles.

c^iicnuabiiHé. — Le sang extrait de ses vaisseaux ne consene pas longtemps sa fluidité ; il se coagule assez rapidement et prend l'aspect d'une gelée très-ferme, assez élastique. Ce changement d'état s'opère pinson moins vite suivant les animaux et les conditions dans lesquelles ils peuvent se trouver. Le sang des petits oiseaux, du pigeon, de la poule, se coagule en une on deux minutes, celui du lapin, du mouton, du chien en quatre à cinq minutes, celui de l'homme en quatre à six minutes, du bœuf en huit minutes, du porc, du cheval en 15, 25, 30 minutes, etc. Elle s'achève cinq, dix minutes plus tard alors que toute la fibrine est constituée. Il y a à cet égard quelques variantes qui dépendent de l'état des animaux, des conditions extérieures et des quantités sur lesquelles on opère. Les observateurs ne donnent pas de chiflres concordants, parce que les uns notent la coagulation au moment ot la masse du sang est prise en gelée; et les autres seulement l'instant où cette gelée est devenue très-ferme. La distinction entre les divers degrés est d'ailleurs difficile. Ainsi, en recueillant une éproavette de sang de mouton en quinze secondes, on voit qu'une minute et demie ou deux minutes au plus après l'extraction le caillot est formé et même assez ferme, car si à ce moment on renverse Téprouvette il ne s'en échappe point ni ne s*ébranle[sensiblement.

La coagulation du sang a lieu très-vite à la température ordinaire; elle s'accélère sous l'influence de la chaleur jusqu'à +40 degrés centigrades. Le contact de l'air ou de l'oxygène la favorise, c'est pourquoi elle s'accélère si le sang s'étale en nappe ou s'il coule en mince filet dans un vase très-large. Néanmoins elle s'opère encore assez promptement dans le vide et dans divers gaz ou mélanges gazeux. Le sang artériel se coagule plus vite que le veineux : aussi, chez les solipèdes, le premier donne

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beaucoup noîûs de caillot blanc qne le secood oa même n'en donne .pas. Le nng des sDJeCs jeunes, pléthoriques, est aussi beaucoup plus coagulable que celui des animaux âgés. Celui des animaux atteints de maladies inflammatoires met quelquefois deux ou trois Ibis autant de temps à se coaguler que le sang normal : anssi donne-t*il alors beaucoup de couenne dans l'homme et un caillot blanc énorme sur le cheval. Le sang de chevaux monrelix se prend de même avec lenteur; celui des animaux typhiques et charbonneux est peu coagulable et son caillot mou se résout vite en bouillie sur le cadavre.

Diverses ciitonstaoces extérieures la rendent plus dllBcile. Le froid la rétarde. A quelques dixièmes de degré au-dessus de zéro elle ne s'effectue pas; le stng demeure liquide, si, en sortant des vaisseaux, il peut descendre à cette température avant le moment où peut se faire, sa coagulation. L'acide carbonique la ralenti! et rend le caillot mou, les acides minéraux et organiques fa retardent Les alcalis, la potasse, la soude à la dose de 1 à 2 millièmes, le carbonate de sonde rendent le sang incoagulable, probaUemeot en mettant obstacle au dédoublement de la plasnùne ; divers agents toxiques semblent agir d'une manière analogue.

Quelle que soit sa rapidité ou sa lenteur, la coagubtion est progressive. Lesangesft d*abord visqueux, puis il se prend en gelée molle, tremblante, qui devient de plut en plus ferme. Elle a lieu avec uniformité en même temps au centre et dans tous les points de la périphérie; mais le phénomène ne se produit pas de la même manière sur tous les animaux. Dans la plupart, comme l'homme, les ruminants, les carnivores, le caillot parait homogène ; il est rouge dans toute son épaisseur ou il présente seulement, en haut, une légère coucho jaunâtre, une couenne constituée par de la fibrine dépouillée presque entièrement de globules rouges. Le sang des solipèdes a un mode de coagulation exceptionnel. Son caillot se forme en deux parties très-distmctes : l'une supérieure, jaunâtre, l'autre inférieure, d'un ronge plus ou moins foncé, représentant habituellement la moitié ou les trois cinquièmes de la masse totale.

La formation de la couenne ou la séparation des deux caillots n'est pas également facile ni également rapide dans toutes les conditions. Dans l'espèce humaine il ne se forme pas de couenne sur les individus pléthoriques. Mais dès que la quantité de globules diminue comme chez les anémiques, les femmes enceintes, les tubercu^ leux, il s'en produit une plus ou moins épaisse; elle devient phis abondante dans le sang d'une deuxième ou d'une troisième saignée et présente une grande épais** seur pendant le cours des maladies inflammatoires qui diminuent la coagulabilité du sang. Sur le cheval, la séparation des deux caillots met en général de 18 à 25 minutes à s'achever. C'est à compter de la deuxième à la cinquième qne les premières couches du caillot blanc se dessinent. A la cinquième ou sixième minute l'épaisseur de la couche blanche a déjà un demi-centimètre d'épaisseur. Dans une éprouvette de 15 à 16 centimètres de hauteur, la séparation marche assez vite pour que la couche de caillot blanc augmente de 1 centimètre par minute. Sur la fin elle se ralentit de moitié. £n 12 à 15 minutes elle est le plus souvent achevée. Dans quelques cas la séparation marche avec plus ou moins de lenteur. Ainsi sur un cheval morveux, après 5 minutes, le caillot blanc avait 7 centièmes de la hauteur totale de la colonne sanguine — après 8 minutes 17 centièmes, — 10 minutes 2k centièmes.

PROPRIÉTÉS £J OOHPOSrriON DU SANG.

— 12 mîaotes 27 centièmes, — 15 minutes 32 centièmes, — 18 minutes 37 cenièmes — 20 minutes, &0 centièmes, — 25 minutes U2 centièmes, — enfin après 30 minâtes ^7 centièmes. Sor d'antres animaux, qnelqnefois sur les chevanx poussib, la séparation ne conraience (p*au bont d'aa quart d'heure, une demiheure et plus, et demeure si incomplète qu'à peine y a-t-il un caillot blanc. Le sang artériel, du reste, en fait autant : en général, il en donne très-peu, quelquefois pas. Voici, au reste, un tableau qui indique pour 10 chevaux la marche de la séparation des deux caillots. La hauteur croissante du caillot blaac y est exprimée en millimètres, de minute en minute.

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galeux.

9* cheval gras.

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5* cheval de trait.

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9* cheval morveux.

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Les proportions relatives des deux caillots, une fois la coagulation achevée, sont très-variables dans le sang des solipèdes. Le tableau suivant peut en donner une idée pour les conditions les plus communes. Les observations qu'il résume ont été faites à l'aide de mon hématomètre centésimal.

Le mécanisme de la coagulation est simple. Ce phénomène ne tient pas, comme on l'a cm pendant longtemps, à ce que la fibrine, liquide dans les vaisseaux, prend la forme solide dans le sang extrait des veines ou des artères. La fibrine ne préexiste pas dans le sang; elle se forme dans ce liquide par suite du dédoublement de la plasmine : d'une part, en fibrine concrète qni se solidifie en filaments entrecroisés

DE LA NUTRlTIOZf.

Tabieau indiquant la quantité de caillot rouge en centièmes de la masse recueillie.

N®* d'ordre.

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