PHOSPHATE
de niagnësic.
2,7 1.7 1,5 1,5 1,3 1,2 0,5 1,7 1,1 1,2 1,2 0,5 1.2 traces.
CAIIBO.HATX
de
chaux.
Il est quelques parties dans l'organisme, telles que Tépidcnne, les épiihéliums, la corne, les poils, les plumes et les dents, dont la formation et le renouvellement tiennent à la fois de la nutrition et des sécrétions* Ces parties, complètement privées de vaisseaux et de nerfs, ne paraissent le siège d*aucun travail moléculaire et interstitiel qui leur soit propre, et leur accroissement résulte de l'addition de nouvelles couches qui se développent entre les couches anciennes et les parties vivantes d'où elles tirent leurs éléments formateurs. £n elles, la nutrition va se montrer sous un aspect qu'elle n*avait dans aucun des tissus que nous avons rapidement passés en revue.
L*épiderme de la peau et Tépiihélium des muqueuses sont constitués par plusieurs couches de cellules, réunies les unes aux autres d'une manière plus oU moins intime. Dans les couches profondes ou de formation récente, les cellules régulières, pleines de liquide, ont un noyau bien distinct^ et beaiicoup d'entre elles renferment de la matière colorante^ Dans les couches superficielles, les cellules à parois plus épaisses
semblent avoir perdu leur contenu; beaucoup ne conservent plus leur noyau, et la plupart ont pris une configuration diiïérente de celle qu'elles possédaient dans le principe. Les premières forment à la peau ce qu'on appelle le corps muqueux de Malpighi ; les secondes constituent Tépiderme proprement dit. Aux muqueuses, le nombre des couches de cellules épithéliales est généralement peu considérable ; quelquefois même il n'y en a qu'une seule, et les cellules qui la forment étant faiblement unies entre elles, se dissocient ou se désagrègent avec une extrême facilité.
La formation de l'épiderme et des autres produits épithéliques est extrêmement simple. Suivant les partisans de la doctrine de Schleiden et de Schwann, dans le blastème exhalé par les vaisseaux du derme, des noyaux se forment en grand nombre, puis s'entourent d'une membrane, et les cellules épidermiques se trouvent achevées. Au contraire, d'après Yirchow, on ne voit jamais ni blastème, ni noyaux libres : les cellules nouvelles sont produites par la division, la scission des cellules précédemment formées tant qu'elles demeurent molles, et celles-ci l'ont été, soit par des cellules antérieures semblables, soit par le tissu conjonctif avec lequel elles se trouvent en contact. Dans les points où des pressions, des frottements sont exercés, la prolifération devient très-active; le noyau des cellules encore molles se divise, puis la cellule et de nouveaux noyaux, les nouvelles cellules ne tardent pas à se diviser à leur tour. La peau devient ainsi calleuse. Dans les couches extérieures, les cellules sont aplaties et sans noyaux, grandes dans les moyennes et avec un noyau très-distinct, mais dans les profondes, elles restent petites et cylindriques. Nulle part on ne voit de démarcation entre le réseau de Malpighi et l'épiderme; le premier est destiné à se convertir insensiblement en épiderme. Cette formation s'eiïectuant continuellement, le nombre des couches cellulaires augmenterait dans une proportion illimitée, si les couches superficielles ne devaient pas se détruire. Mais comme il s'use à l'extérieur une couche de cellules en même temps qu'il s'en développe une autre à la surface du tégument, Tépaisseur totale de Fépiihélium reste 5 peu près invariable. Les feuillets, naguère profonds et récents, deviennent bientôt superficiels et anciens, remplacés par d'autres qui, à leur tour, ne tarderont pas à être amenés à l'extérieur.
Les cellules épithéliales, une fois formées, ne conservent pas toujoui*s leurs caractères primitifs ; elles éprouvent dans la série de leurs âges successifs des changements très- appréciables, qui portent principalement sur leur forme et leur contenu. Dans le principe, elles sont sphéroîdalcs et gonflées par des liquides, même par du sang, si l'on s'en rapporte à l'assertion de Ilenle. Peu à peu elles deviennent polygonales en se serrant les unes contre les autres; leurs parois s'épaississent; leur noyau devient moins distinct, et disparaît même dans un certain nombre; enfin leur contenu se perd. Une fois arrivées à la surface, elles s'enlèvent, réunies en petites lames furfuracées. Tous ces changements sont étrangers aux vaisseaux^ puisque l'épiderme et les épithéliums en sont dépourvus; ils tiennent à l'action des agents extérieurs*
Les différentes formes que prennent les cellules épithéliales en s'organisant, les divers caractères de leur contenu, ne sauraient s'expliquer d'une manière satisfais santé. Rien ne donne la raison |)our laquelle on voit se développer ici l'épitliélium
626 DE L\ NUTRITIOH.
pavimcntcux, là TéphLélium à cylindfe, plus loin I épitbéiiam vibratile. Rien oc nous montre la cause du développement de cellules pigmentaires en certains pointe, de leur absence en d'autres poinls très-voisins des premiers. Les forces vitales s'enveloppent d'un mystère aussi impénétrable dans les productions les plus simples que dans les plus compliquées ; mais elles conservent ici, comme partout, les caractères d'après lesquels elles organisent la matière en vue d'une destination définie et rigoureusement déterminée.
Les épithéliums pavimenleux de la peau, de la muqueuse buccale, oesophagienne, de celle de l'estomac d'un certain nombre d'auinyaux, jouissent d'une fixité que n'ont pas les épithéliums de Tinlestin grêle, des conduits excréteurs des glandes, dont la mue est pour ainsi dire conliuuelle ou opérée à de fréquents intervalles; ils se constituent aux dépens d'une substance gélatineuse associée, d'après les analyses de M. Frémy, à environ 3 anuièmes de matières minérales, comme on le voit surtout chez les reptiles dont l'épiderme, épaissi, est devenu éçailleux. Aussi l'on doit admettre que, dans le travail de formation des cellules épilhéliale»^ au sein du plasma qui s'est échappé du réseau des capillaires muqueux, les éléments non utilisés à la constitution des cellules sont résorbés insensiblement par les vaisseaux dont ils émanent.
Le tissu corné qui forme des enveloppes résistantes au pied des animaux, des armes h certains d'entre eux, des ornements h quelques*uns, se produit par un mécanisme analogue à celui qui donne naissance à l'épiderme, dont la conie n'est qu'une simple modification physique.
Ce tissu est constitué d'après les observations de MM. Gurlt (1)^ Dclafond (2) et H. Douley (3), par des tubes cylindriques légèrement évasés à leur origine pour emboîter les papilles du tissu sécréteur. Ces tubes, vides dans une grande partie de leur étendue, remplis souvent vers leur extrémité libre d'une substance spongieuse, soni parallèles les uns aux autres, formés de couches concentriques résul* tant de la super|)osiiion de cellules épilhéliales plus ou moins déformées, unies |)ar une matière amorphe, comme le sont les cellules épidermiques. La corne des sabots du cheval et des autres animaux, celle des appendices frontaux des ruminants présente celle structure simple avec quelques modifications dans la forme, le diamètre, l'arrangement des tubes et le degré d'altération des cellules qui entrent dans leur constitution.
Quoique, à première vue, le tissu corné diffère du tisKU épidermique, il a« comme hii^ une texture cellulaire. En le traitant par la soude ou un autre alcali concentré, on le ramollit et l'on rend ses cellules distinctes, quelquefois presque transparentes, cellules qui, suivant les cas, sont arrondies, aplaties, polygonales, etc. Elles se trouvent unies entre elles par une matière intermédiaire, amorphe, plus ou moins abondante.
Au point de vue histologicjue, la corne du sabot a une oi^ganisation analogue «I celle des os. Ses tubes» destinés 5 loger les papilles vasculaires, remplacent les canalicules osseux et servent à charrier les fluides nutritifs, même dans les poinls
(i) Renie, Anatomie générale, t. I, p. 280 et suiv.
(2) Delafond, Recueil de médecine vétérinaire^ t. XXH.
(3) H. Oouley^ Traité de V organisât ion du pied du cheval, i'\ partie, p. 128.
DE LA NOTRITION BAMS L£S DIVERS TISSUS. 625
OÙ la papille cesse de se prolonger; ils se rétrécissent par des formations intérieures emboîtées les unes dans les autres comme celles que Ton voit sur la "oupe des canalicuies asseux ; enfin, dans ses couches soiit disséminées des corpuscules qui rappellent jusqu'à un certain point ceux du tissu des os; et distincts des corpuscules de pigment. Aussi me semble-t-ii que le tissu corné est l'analogue du tissu osseux dépouillé de ses sels et devenu souple par Faction d'un acide, j'ai déjà indiqué ces vues (1) que je me propose de développer ultérieurement d'après des préparations récentes.
Les productions cornées» quelles que soient leur forme et leurs propriétés pby* . siques» sont composées d'une matière hygrométrique^ flexible, élastique, insoluble dans l'eau, soluMe dans les acides et dans les alcalis, matière dont la nature est la même que celle des substances protéiques, c'est-à-dire de l'albumine, de la fibrine et de la gélatine, comme l'ont fait Voir les analyses de Scherer et de AI. Fremy. Cette matière, isomérique à celle qui forme la trame organique des os, est associée, à de.la graisse, des sels, du soufre, et à des traces de fer.
D'après Lebmann, outre la substance agglutinative, la corne serait constituée par trois substances différentes, celle des cellules, peu solublc dans les alcalis, le contenu des cellules et le noyau, assez solublés^ enfin les granules réfractaires à la dissolution. Cette distinction me paraît fondée, car l'étude microscopique de la corne montre dans ce tissu plusieurs substances inégalement perméables, et se colorant diversement par le carmin, même dans ce qu'on appelle les lames kéraphylleuses.
La corne se forme et s'accrott comme Tépithélium des muqueuses et l'épiderme cutané, à la surface externe de la peau, plus ou moins modifiée dans son aspect, son épaisseur et son degré de vasciilarité. Au pied, des solipëdes et des ruminants, la peau^ arrivée à la naissance de l'ongle ou du sabot, se renfle et se dispose en un bourrelet circulaire, épais et hérissé de volumineuses papilles coniques; au-dessous de ce bourrelet, sur toute l'étendue de la face antérieure de la première phalange, le tégument aminci offre une infinité de petites lamelles parallèles les unes aux autres, dont la face externe est dépourvue de prolongements papillaires; enfin, à la face inférieure de cet os, le tégument reprend des papilles semblables à celles du bourrelet. De même^ la cheville osseuse du frontal qui supporte chaque corne est recouverte d'un prolongement cutané très-vasculaire, riche en papilles; la peau qui produit la châtaigne des solipèdes, les ergots d'un grand nombre de mammifères ongulés, a, au-dessous de la corne, la structure veloutée et papiU laire qui, en définitive, n'est que l'exagération de la structure que celte membrane offre dans tout le reste de sou étendue. Ce sont ces portions tégumentaires modifiées qui deviennent les organes générateurs de la corne : elles n'ont pas dans leur épaisseur do glandes particulières chargées de fournir la matière cornée. Les vaisseaux laissent seulement exhaler à leur surface le plasma dans lequel se développent spontanément les cellules cornées, et ces cellules, par l'ordre de leur évolution successive, par l'agencement forcé que leur impriment les papilles ou les lamelles du tissu vivant, prennent, suivant les points^ la forme de tubes, ou
{i) G. Colin^ Buli. de la Société centrale de médecine vétérinaire^ 1867, p. 212, 0. couH — Physiol. comp.^ 2* édit. ii. — AO
conservent celle de lames, de plaques, d*écaiUes irrégulières. Le mécanisme de cette formation, exactement le même que celui des épithéliums, n'en diflère qoe par plusieurs particularités accessoires.
Sur le pied des solipèdes, par exemple, toutes les parties du tégument, en rapport avec le sabot, jouissent de la propriété de fournir le plasma qui se transforme en matière cornée : c*est ce que les opérations les plus simples démontrent tous les jours. Dès qu'une partie du tissu sous-jacent à Tongle a été mise à découvert, elle se recouvre d*une couche de matière jaunâtre, molle, dont Tépaisseur et la con- . sistance augmentent graduellement, matière cornée de nouvelle formation, destinée à remplacer provisoirement celle qui a été enlevée. Mais toutes les parties du tégument sous-corné ne prennent point une part égale et uniforme à la production de la corne nouvelle, et par conséquent, à celle de Tongle dans l'état normal. Les expériences de MM. Renault et H. Bouley ont montré que les parties pourvues de papilles, c'est-à-dire le bourrelet, le tissu villeux de la sole et de la fourchette possèdent seules la propriété de donner naissance à la corne fibreuse, pourvue de tubes, tandis que les parties lamelleuses sans papilles, comme le tissu podophylleux, ne produisent qu'une corne homogène sans fibres et sans tubes, bien qu'elle soit, comme la première, constituée par des cellules. Ainsi^ le bourrelet donnerait naissance à la paroi dont les couches profondes, lamelleuses, proviendraient du tissu podophylleux qui tapisse la face antérieure de la troisième phalange. Le tissu villeux qui recouvre la face inférieure de cet os et du coussinet plantaire sert à la furmation de la sole et de la fourchette.
Dans le travail générateur de la corne, les parties tégumenlaires sous-jacentcs à l'ongle ne paraissent nullement jouer le rôle d'organes de sécrétion; elles ne préparent point dans leur tissu la matière cornée; cette matière n'y est formée ni par des follicules ni par des glandules ; elle se produit à leur surface soit par les cellules du derme, soit aux dépens du plasma exhalé par les capillaires, comme l'épiderme se produit à la surface du derme dans le plasma qui s'échappe des vaisseaux de ce dernier, comme la substance osseuse se forme à la face interne du périoste aux dépens des matériaux dérivés des vaisseaux de celte membrane fibreuse. Toutes les parties de la surface extérieure du tégument sous-corné y concourent proportionnellement à leur degré de vascularité. Aucune d'elles n'a à cet égard de privilège exclusif. Les papilles doivent y prendre part, de même que les lamelles, et ces parties proéminentes partagent cette propriété avec les espaces inter-papillaires et inter-laniellaires qui en jouissent d'une manière incontestable; car la formation de la corne s'opère encore sur les surfaces où les papilles et les lamelles ont été excisées, et avant qu'elles se soient régénérées. Seulement, ces appendices servent, en outre, de moules à la matière cornée, comme le dit avec tant de justesse M. H. Bouley. Ce senties papilles qui donnent à la corne la forme tubuleuse, ce sont elles qui déterminent le nombre, la direction, la forme des tubes, de même que la papille du bulbe pileux entraîne la forme du poil et sa cavité centrale ; de même encore que la proéminence osseuse du frontal tapissé par un prolongement dermoïde, donne forcément à l'étui corné la forme d'un tube conique et creux ; enfin, ce sont les lames podophylleuses qui font reproduire à la corne, en dedans du sabot, la disposition qu'elles affectent elles-mêmes.
L'accroissement des produciions cornées s'effectue sans interruption dans celles dont l'usure est continuelle, et il se continue seulement jusqu'à une certaine limite dans celles qui ne doivent pas éprouver d'usure bien sensible ; il a lieu comme dans l'épiderme, par une formation de substance cornée à la surface du tissu générateur» de telle sorte que les parties les plus profondes sont les plus récentes; mais la disposition des parties vivantes apporte quelques modiGcations au sens de cet accroissement. Dans le sabot des solipèdes, l'accroissement de la paroi a lieu du lx>urreiet vers le bord inférieur du pied ; car si une ligne transversale est tracée près du bourrelet, elle descend peu à peu et finit par arriver au bord inférieur de la paroi. A ce moment, toute la corne qui, dans le principe, élisait depuis la ligne jusqu'à la partie inférieure du pied, se trouve usée,' et toute celle qui est supérieure à la ligne s'est formée pendant l'usure de la première. La corne de la sole et de la fourchette s'accroît aussi de haut en bas, c'est-à-dire de la face adhérente vers la face libre ou inférieure. Si l'usure du sabot compense exactement l'accroissement, l'enveloppe cornée conserve ses proportions normales. Si, au contraire, le sabot ne peut s'user suffisamment, comme chez les animaux privés d'exercice, condamnés à une inaction absolue^ ou chez ceux dont l'ongle est protégé par le fer, le sabot s'allonge et prend peu à peu des proportions qu'il n'acquiert jamais dans les conditions où la nature a placé les animaux.
Les productions cornées éprouvent quelques variations sous le rapport de leurs propriétés physiques et de leur accroissement aux divers âges de la vie. Elles appa« laissent dès les premiers mois de la vie fœtale sur le cheval et les ruminants, d'abord sous forme d'une substance pâle, jaunâtre, très*molle, ayant beaucoup d'analogie avec la corne de nouvelle formation qui se produit à la surface des tissus dénudés. Le pigment noir ne s'y montre pas dès le début; mais dès qu'il s'y fait observer, les parties du tégument sous-jacentes à la corne noire possèdent la même couleur dans leur couche superficielle; au niveau des parties colorées, les cellules qui se forment se remplissent de corpuscules pigmentaires. Les cornes frontales des ruminants se développent seulement après là naissance, à partir du moment où une saillie de l'os du front se dessine pour soulever la peau, jusqu'alors couverte de poils. La portion du tégument qui enveloppe la proéminence se modifie; ses papilles s'hypertrophient, et bientôt celte portion se trouve recouverte d'un petit cône de matière cornée tenant lieu d'épiderme et de poils. A mesure que l'animal avance en âge, le support osseux augmente de volume, et il se forme à la surface du tégument modifié qui le recouvre de nouvelles couches qui chassent devant elles les plus anciennes. Aussi, la corne frontale résulte- 1- elle réellement d'une succession de cornets emboîtés les uns dans les autres> cornets dont le premier est à la pointe, et le dernier, ou le plus récent, en contact avec le support osseux. Aiusi^ l'accroissement de la corne ne procède pas seulement, comme on l'a dit, du bourrelet qui existe à sa base, il s'opère simultanément dans tous les points du tégument qui tapisse le support osseux (l]i
La régénération des parties cornées détruites s'effectue aisément si les téguments
(1) Voy. Duveriley, Observations sur la végétation des cornes, Œuvres anatomiques^ t. I, Jï 669. — Numann, d'Utrècht, Considérations anatomo-^hysiologiques sur les cornes fron^ taies de fespèce hovine {Bibliothèque vétérinaire, iSA7).
sou8-jac€nts sont intacts ; elle peut même se faire encore si ces téguments ont été détruits eux-mêmes, du moins en partie, dès que leur reproduction préalable a pu s'opérer.
Les poils de différenles sortes qui se trouvent à la peau, ceux qui existent à la muqueuse buccale de plusieurs rongeurs, à la muqueuse intestinale des solipèdes, enGn, ceux qui se développent accidentellement sur la conjonctive et sur d'autres membranes muqueuses, ont^ par leur mode de formation, d'accroissement, et par leur nature, la plus grande analogie avec la corne et les productions épitbéliales. Ils sont formés d'une couche corticale extérieure très-dense, d'aspect ûbreux, et d'une substance médullaire centrale, spongieuse, granulée. La première constitue une sorte de tube très-fin dans la cavité duquel la seconde est déposée. Toutes les deux résultent de l'agrégation de cellules plus ou moins modifiées, cellules ircs-allou* gées dans la couche extérieure, et à peine déformées dans la partie médullaire où se trouvent, quand les poils sont colorés, une certaine proportion de cellules pigmentaires. En effet, si le poil est traité à chaud par l'acide sulfunque, la sub^ stance corticale se divise en fibres plus ou moins longues qui se fractionnent en plaques à noyau représentant les cellules déformées. Cette substance tout entière, à l'exception de ses noyaux, est soluble à la longue dans la potasse. Les cellules de la substance médullaire sont très-distinctes sans le secours des réactifs.
La base du poîl incluse dans un follicule se trouve implantée ,sur une papille conique , analogue à celles qui se voient au bourrelet et au tissu villeux de la face plantaire du pied des animaux ongulés. C'est ce bulbe énormément développé à la base des longs poils roldes de la moustache du cheval, du lion, de l'hyène, du chat, qui devient l'organe sécréteur du poil, et qui fournit à cette production les matériaux d'accroissement et de régénération.
La formation et l'accroissement des |)oils a lieu aux dépens du plasma exhalé dans la cavité folliculaire. Les cellules qui en naissent s'allongent et s'unissent très-intimement pour former la couche corticale ; elles se modifient moins dans la partie centrale ou médullaire, au milieu de laquelle les cellules pigmentaires sont |)arfaitement reconnaissables. Les substances qni constituent chimiquement la pro* duction pileuse sont assez nombreuses : la principale d'entre elles, de nature proléique, paraît être isomère avec celle de Tépiderme, de la corne, avec l'osséioe, et enfin avec la fibrine et l'albumine, dont elle se distingue cependant, d'après Schercr« par un léger excès d'azote et d'hydrogène. Le reste, d'après les analyses de Vau-* quelin, est une huile blanche et une huile brunâtre, auxquelles on a attribué les diverses nuances de ces productions; du phosphate et du carbonate de chaux, de l'oxyde de manganèse, de l'oxyde, du sulfure de fer, de la silice et du soufre; mais on n'a pas encore examiné comparativement les productions pileuses dans les animaux-, où elles se montrent avec tant de caractères différeots. (M. Chevreul a trouvé la laine brute de mérinos composée ainsi qu'il suit : matière terreuse qui se dépose dans Teau avec laquelle on la lave, 26,06; — suint soluble dans l'eau froide, Z2ylli; -^graisses particulières, 8,57; — matière terreuse fixée par la graisse, 1,/iO ; — laine proprement dite, 31,23.
L'accroissement des poils dérive de la juxtaposition de nouvelles cellules à la partie incluse dans le follicule, de telle sorte que chaque segment d'un poil est d'au*
IfQsRS TISSUS. 629
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^|*auz longs poils des paupières, ;licval, ainsi que divers obser-
n'aient ni vaisseaux ni nerfs, [«j^lité obscure que plusieurs faits beaucoup de maladies, ie poil lu à peu, avec le retour de la '
630 DE LA MUTRITION.
santé, sa souplesse et son brillant, tant par suite des changements apportés à la sécrétion des prodnits qui entretiennent sa souplesse et son brillant que par la mo* diûcation probable des courants établis dans sa cavité médullaire. Dans certains cas, le poil perd sa résistance, devient cassant ; il se brise, par exemple, à une certaine distance de la peau lorsque des cryptogames ont envahi la cavité de la portion intra-foUiculaire. On sait qne ces parties peuvent éprouver d'assez brusques changements de coloration ; leur blancheur, produite quelquefois en un temps trèscourt, dépend, dit-on, de la présence d'une très-grande quantité d'air dans leur tissu ; leurs couleurs diverses, dues aux pigments des cellules de la substance corticale, sont indépendantes, suivant Lehmann, des proportions de fer ou d'autres substances minérales qu'ils peuvent contenir.
La coloration des poils éprouve des variations remarquables, suivant les parties du corps, les âges de la vie et les saisons. Chez les chevaux, les porcs, les bœafs, les chiens tachetés de noir et de blanc, les poils sont noirs dans les places où la surface externe de la peau est noire, et ils ont d'autres couleurs sur tous les points qui ne sont pas noirs. Le pigment noir apparaît dans le poil comme dans la corne, au niveau des points où la surface dermoîde est elle-même recouverte de pigment. Chez certains animaux, au lieu d'offrir une teinte uniforme dans toute leur longueur, ils se montrent sous des nuances différentes aux divers points de leur étendue, ce qui s'explique parles différences de teintes des pigments qui se forment aux diverses périodes de l'accroissement. Plusieurs d'entre eux portent dans lenr jeune âge un pelage différent de celui qu'ils devront avoir plus tard, comme on le voit pour le faon, le marcassin, les jeunes porcs, entretenus par grandes troupes dans quelques parties de TAmérique; d'autres, et le nombre en est considérable, prennent, en vieillissant, une robe un peu différente de celle qu'ils avaient à l'âge adulte, comme on le voit sur les chevaux gris clair, qui finissent par devenir presque blancs, et sur ceux de certaines robes, chez lesquels apparaissent de nombreux poils blancs aux tempes et au voisinage des yeux. EnGn beaucoup sont remarquables par les changements de couleur que la robe éprouve suivant les saisons : on cite à ce sujet le lièvre variable, des contrées du Nord ; le renne, qui est brun en été^ blanchâtre en hiver; le cerf de nos pays, dont le pelage brun perd son brillant en automne: le cerf de Virginie, qui devient cendré en hiver, de brun jaunâtre qu'il était auparavant; le daim, qui abandonne sur la fin de la belle saison son pelage fauve, tacheté de blanc, pour une robe brune uniforme. Nos animaux domestiques eux-mêmes n'ont pas leur pelage d'hiver d'une nuance exactement semblable à celle de leur robe d'été; néanmoins, quelques espèces entretenues dans les ménageries, notamment celles qui viennent des contrées chaudes, conservent un pelage d'une nuance invariable (1).
La plupart des productions pileuses éprouvent une mue périodique au retour de la belle saison, aussi bien chez les animaux domestiques que chez les espèces qui vivent à l'état sauvage ; celles qui ne tombent point sont, sur les solipèdes, les crins de la queue, de la crinière, du toupet, les poils des lèvres, des ailes du nez, de la
(1) Voy. Et. Geoffroy Saint-Hilaire et Fr. Cuvier, Histoire naturelle des mammifères. Parii^ 1820-1842.
plus grande partie de la face et ceax de rextrémité inférieure des membres, è partir du genou et du jarret.
Cette mue périodique peut être prévenue par une tonte opérée périodiquement. Les chevaux qu'on prend l'habitude de tondre en hiver ne semblent plus éprouver leur mue habituelle, et c'est iprobablement par le fait de cette opération que le mouton fait exception à la règle ordinaire k la généralité des mammifères; car, au rapport de M. Roulin (1), la laine des moutons américains, qui ne sont pas tondus au moment convenable, se feutre, se détache par places et se trouve bientôt remplacée par un poil court, brillant, analogue à celui de la chèvre, et qui, pour toujours, tiendra la place de la laine.
Le travail de formation, de croissance et de renouvellement des poils est modiCé à un haut degré par les influences extérieures, surtout celles qui tiennent au climat. Plusieurs espèces propres aux contrées chaudes, comme l'éléphant, l'hippopotame, le rhinocéros et les tapirs, ont la peau nue; d'autres espèces, qui vivent dans ces mêmes contrées, ont le pelage moins long, moins serré que les analogues qui habitent les riions du Nord. ïje bœuf américain qui, sur les hautes montagnes, est couvert d'un poil serré très-long, n'a plus qu'un poil rare et fin dans les plaines voisines de l'équateur, et s'y trouve même quelquefois à peu près nu. Le porc, dont les soies sont si rares et si rudes, acquiert sur les Andes un poil crépu, serré et même parfois, à la base de celui-ci, v une espèce de laine. » Les races de chevaux ont, dans les pays humides, des poils longs et grossiers aux extrémités, de la bourre en Sibérie et dans le nord de l'Asie^ des poils plus courts, plus fins dans les contrées chaudes, ce qui, du reste, est en parfaite harmonie avec l'état des productions cornées.
La plupart des modifications relatives au développement, à la chute, à la reproduction des poils, aux variations que peuvent éprouver leurs propriétés physiques, dépendent du degré et du mode de vitalité de la peau en général et du bulbe en particulier. Les changements produits avec rapidité dans la partie du poil déjà formée résultent sans doute des modifications que subissent les sécrétions cutanées et de l'imprégnation de la substance du poil par les fluides qui paraissent parvenir et se déplacer dans sa partie centrale ou médullaire. Les changements de couleur dans une partie du poil peuvent tenir à ce que, pendant une certaine période de l'accroissement, il se forme dans le bulbe plus ou moins de cellules pigmentaires, ou de ce que le poil fixe ou non des matières grasses colorées.
Les plumes, si remarquables par la variété de leurs formes et de leurs couleurs, sont produites suivant un mode analogue à celui des poils, mais beaucoup plus compliqué.
Dans les premiers temps de sa formation, la plume est incluse tout entière dans un foUjcnle cutané, oblique et fermé. A l'intérieur du follicule existe une gaine allongée, tapissée par deux membranes striées et renfermant une pulpe molle, demifluide, aux dépens de laquelle doivent se former successivement les diverses parties de la plume. Peu à peu la gaine et son contenu s'allongent, cette gaine perce l'épiderme, devient exubérante à la surface de la peau ; bientôt elle s'ouvre à
(1) Boulin, Mémoires des savants étrangen^ 1825; t. VI^ p. 319.
son tour pour laissef sortir ia pointe de la plame ; cdle-ci croît Gontiaaellcmeluk sa base par addition de nouveaux éléments qui se juxtaposent à ceux dont la for« mation est plus ancienne. Quand ia tige qui supporte les barbes a acquis toute sa longueur, le tuyau se forme, acquiert de la consistance et une longueur de plus en plus considérable; lorsqu'il vient à se rétrécir à sa base, la pulpe, jusqu'alors très-vasculaire, se resserre, perd sa teinte rougeâtre^ devient jaune ; sa partie fluide disparaît, laissant au centre du canal une membrane transparente divisée par des cloisons transversales en une série de larges cellules. A ce moment, la gaîne est unie à la face externe du tuyau, et le développement de la plume est achevé (1).
L'évolution de la plume, assez compliquée quant à la forme, est au fond à peu près semblable à celle des poils. Schwann a vu que les matériaux dérives de la pulpe s'organisent en cellules dont les plus extérieures s'allongent et se transforment en fibres, alors que les plus intérieures, celles de la substance médullaire de la tige, conservent même leur noyau pendant un certain temps.
Les plumes, de même que les poils, éprouvent une mue périodique dont les caractères offrent quelques variations parmi les diverses familles d'oiseaux : il y a d'abord une première mue dans le jeune âge, qui substitue le plumage caractérisa tique de l'espèce au plumage de livrée; puis il y a chaque année, en automne et au printemps, un renouvellement d'un certain nombre de plumes, quelquefois même de la presque totalité de ces productions, comme on le voit sur nos oiseaux de basse-cour. La régénération des plumes, spontanément tombées, s'opère comme celle des plumes arrachées aux diverses époques de leur développement : il se forme d'abord une nouvelle gaine et une nouvelle pulpe, puis la plume s'y produit et s'y accroît absolument comme celle qui l'avait précédée. Au moment de ces mues et dans leurs intervalles, la couleur du plumage change très- notablement, comme les naturalistes en ont fait depuis longtemps la remarque. En hiver, dit Aristoce(2), le merle devient roux, de noir qu'il était ; la grive, qui^ en été, porte des taches autour du cou, prend vers la saison froide la couleur de l'étourneau; la huppe a aussi le plumage changeant, comme le témoignent les vei^s d'Eschyle ; le lago^ pède, fauve en été, devient blanc en hiver. De même aussi, beaucoup d'oiseaux prennent, à l'âge adulte ou dans la vieillesse, un plumage différent de celui qui leur appartenait'd'abord : le jeune cygne, d'abord gris dans sa jeunesse, devient d'ane blancheur remarquable ; le goéland à manteau noir, qui, dans le jeune âge, est tacheté, devient blanc ; le grèbe huppé ne prend sa huppe noire qu'à un certain âge ; le pygargue, l'autour de Gayenne, plusieurs vanneaux, le petit plongeon, les mouettes et beaucoup d'autres oiseaux, éprouvent de tels changements dans le plumage, que souvent on a pris pour des espèces différentes des individus aux divers âges de la vie.
Les dents sont d'autres productions qui, sous beaucoup de rapports, se rapprochent de la corne, des poils et des plumes.
Elles se développent chacune dans un follicule qui primitivement s'ouvre à la
(1) Voy. Fr. Cuvîer, Mémoires du Muséum, i826, t. XIII; Dutrochet, Mémoires anatomiques et physiologiques sur les végétaux et les animaux. Paris, 1837, t. II.
(2) Aristote, Histoire des animaux^ livre IX, p. 637 et sutv.
surface de la muqueuse buccale, et qui, plus tard, se ferme complètement. Ce follicule porte sur son fond une papille molle, pulpeuse, diversement configurée, très* riche en vaisseaux et en nerfe, papille destinée à former la substance éburnéc ou tubuleuse de la dent, qui se moule exactement à sa surface. Toute la face interne du follicule est tapissée d*une pellicule mince ou membrane émaillante qui offre des saillies et des creux analogues à ceux que^présentera la dent une fois formée : c*est cette couche membraneuse qui est affectée à la production de l'émail. Lors de la formation de la dent, la pulpe donne naissance de dedans en dehors à des couches de substance ébumée, qui répètent exactement la configuration extérieure de la pulpe.; en même temps la surface interne du follicule verse, à l'extérieur de la masse d'ivoire, des couches d'émail dont l'épaisseur augmente d'une manière progressive. Les micrograplies pensent que la partie principale de la dent dérive des cellules à noyaux et à nucléoles, dont la ppipe dentaire est composée dès le principe.
L'ivoire de la dent dérivé de la papille est formé de petits tubes ou de fibres tubuleuscs à peu près parallèles les uns aux autres, et ouverts, d'une part, dans la cavité dentaire, d'autre part, en dessous de la couche d'émail. Ces fibres, souvent divisées vers leur extrémité périphérique, laissent entre elles des espaces remplacés par une substance intermédiaire dans laquelle se montrent quelques corpuscules rayonnes, analogues à ceux des os, mais moins bien caractérisés.
L'émail est constitué seulement par de petites aiguilles tubuleuses, prismatiques, disposées en plusieurs couches perpendiculaires à la surface externe de l'ivoire, à peu près comme les filaments du velours sur la trame de ce tissu.