SENSATIONS RELATIVES AUX ACTES REPRODUCTEURS
ques autres circonstances. Elle-ne dépasse pas un à deux jours chez la vache et la brebis, trois jours chez la chè?re, dix à douze jours chez' la chienne ; souvent elle n*est que de douze à vingt-quatre heures chez les femelles non fécondées dont les chaleurs se sont déjà renouvelées plusieurs fois.
Le rut reparaît chez les mâles isolés et chez les femelles qui ne portent point, à des époques assez variables. La vache revient en chaleur toutes les trois semaines ou tous les mois, quelquefois à des intervalles beaucoup plus rapprochés; la femelle du buffle et celle du zèbre, à peu près tous les mois, d*après F. Guvier ; les singes, du vingtième au trentième jour; les truies et les brebis, du quinzième au trentième^ mais le plus généralement tous les mois. Le rut cesse après la fécondation, et il ne reparaît point pendant toute la durée de la gestatioq. Néanmoins il n*est pas rare de voir des truies et des juments pleines redemander et recevoir le mâle. Un assez grand nombre de femelles n'entrent pas en rut avant que la période [de la lactation soit passée ; mais beaucoup d'autres, telles que la vache et Tânesse, redemandent le mâle peu de jours après Taccouchement : c'est même alors que Fânesse conçoit le plus aisément, suivant la remarque d'Aristote reproduite par Buiïon.
Le rut peut^ chez les animaux, se renouveler à peu près pendant tout le cours de la vie. Arislote en avait déjà fait l'observation pour la jument, l'ànesse, la vache, la chienne et les mâles de ces espèces ; il cite même un étalon qui pouvait encore effectuer la monte à Tâge de quarante ans. S'il est vrai que les animaux domestiques peuvent se reproduire jusqu'à un âge très-avancé^ il est certain que leur féconditéL finit par s'épuiser au déclin de la vie, surtout chez les sujets affaiblis par le travail, quelquefois parles privations et les maladies. Alors quelques parties de l'appareil reproducteur, notamment les ovaires, peuvent éprouver un commencement d'atrophie, et d'autres devenir le siège de dégénérescences, comme celle du col utérin de la brebis. Les femelles devenues stériles peuvent quelquefois prendre certains attributs de l'autre sexe, telles les biches, dont la tête peut, dit-on, se charger de bois.
L'excitation qui caractérise le rut et les phénomènes qui l'accompagnent ont leur point de départ, non dans les centres nerveux, comme Gall l'avait pensé, mais dans les organes génitaux. Nous verrons bientôt que chez les femelles le travail essentiel qui s'opère au moment des chaleurs est la déhiscence spontanée d'un ovule arrivé à sa maturité. Chez le mâle, Texcitation part d'abord, soit du système nerveux, soit des organes génitaux : du système nerveux, pour réagir sur ces organes lorsque le mâle est impressionné par la présence et les émanations de la femelle; et, au contraire, des organes génitaux pour réagir sur les centres seusitifs, lorsque les fluides élaborés dans les premiers, n'étant point éliminés, y déter minent une irritation plus on moins vive. Quant à la périodicité de cette excitation, elle est réglée par la nature en vue de la conservation des espèces. Arislote, si profond observateur, avait bien remarqué que l'époque du rui et de l'accouplement est celle qui permet aux jeunes animaux de naître dans les saisons où ils trouvent une nourriture assurée (1). Seulement, dans les pays chauds, où l'alimentation ne fait jamais défaut, les animaux tels que les cerfs et les antilopes, l'hippopotame,
(1) Arislote, Histoire des animaux j traduction française, liv. Vl^ p. 381.
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entrent en rut à toutes les époques de Tannée, pri¥ilége qui, dans tous les dimats, appartient à l'espèce humaine.