‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 213 sur 239 · ACCOUPLEMENT · texte numérisé non relu

ACCOUPLEMENT

Incision en arrière de Ponverture préputiale. Par cette ôutertare assez grande ponr laisser passer la main, le pénis ayant été attiré an dehors, non sans le secours d'nne traction énei^qne, a été ramené ensuite rapidement dans sa situation normale, dès qn*on Ta abandonné à lui-même. La Terge étant retirée une seconde fois, les deux muscles furent coupés en travers ; elle rentra lentement dans le fourreau, car il restait les deux faisceaux blancs qui émanent du rectum et de la face inférieure du coccyx. Enfin, elle fut tirée une troisième fois hors de sa gaine, pendant que je coupais les faisceaux blancs, mais après cette dernière section elle demeura pendante et immobile : les piqûres, les pressions exercées sur elle, ne la firent point rentrer. Il est évident, d*après cela, que la verge est ramenée dans le fourreau, maintenue dans cette situation et rendue sinueuse à la région scrotale par les deux muscles rétracteurs rouges qui agissent avec rapidité, et par les deux faisceaux blancs, dont la contraction s'opère avec lenteur, comme celle des autres muscles de la vie organique.

Après l'accouplement, la femelle qui est restée à peu près passive, celle qui a cherché à se soustraire aux étreintes du mâle, ou celle qui a souffert en gémissant les caresses de ce dernier, éprouvent souvent des spasmes, et rejettent une grande partie, sinon la totalité, du fluide qu'elles ont reçu. Une réjection de cette nature s'observe particulièrement sur Tânesse, dont la lascivité avait été reconnue par les anciens ; aussi, du temps d'Aristote, on faisait courir, en les frappant, les ânesses aussitôt après l'accouplement. Cet usage s'est conservé, en se modifiant, car on a généralement l'habitude de soumettre à une course les femelles qui viennent d'être couvertes, et de leur jeter de l'eau froide sur les reins et la croupe. Par là, on apaise l'orgasme vénérien, Qt l'on prévient les efforts que l'animal peut faire pour Texpalsion des urines, efforts qui entraînent en même temps la liqueur spermatique mêlée aux mucosités vaginales, sécrétées abondamment sous l'influence du rut et à la suite de l'excitation causée par le contact des organes du mâle. Après l'accouplement, les femelles d'oiseaux, comme Aristote l'avait remarqué, frissonnent et secouent leurs plumes ; le croupion, qui s'élève et s'abaisse, met en mouvement les plumes de la queue; le sphincter du cloaque éprouve des contractions répétées, qui souvent poussent au dehors la muqueuse de cette cavité.

L'accouplement, ne faisant pas cesser immédiatement le rut des femelles^ peutêtre répété plusieurs fois à des intervalles fort rapprochés. Les animaux des deux sexes, surtout les mâles, se prêtent à cette répétition souvent avec ardeur, quelquefois même avec un emportement très-remarquable. Parmi les espèces sau-f vages, les mâles, qui n'entrent en rut qu'à une seule époque de l'année, éprouvent des désirs génésiques plus impétueux que ceux dont l'aptitude à la reproduction est à peu près permanente. F. Guvier (1) dit que le cerf, dont le rut a lien en automne, poursuit ses femelles, et les tue quand elles lui résistent : au contraire, l'axis, constamment disposé à se reproduire, ne maltraite nullement sa femelle. L'âne, qui est, suivant Aristote, après l'homme, le plus lascif des grands animaux, peut, quand il est libre, couvrir dix à quinze fols la même femelle en un jour, ou dix à quinze femelles différentes. Les chevaux, surtout quand ils sont fougueux,

( 1) F. Cuvier et Et. Geoffroy Saint-Silaire, Hitt. naiur, des mammifères, Paris^ 1830-1842.

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peuvent faire plus de vingt saillies dans ane matinée. Le bélier, le bouc, si remarquables par leur grande venu proiiGque^ réitèrent jusqu'à trente fois par jour l'accouplement avec des femelles différentes. Toutefois^ dans de telles conditions, les mâles ne tardent pas à s*épuiser : aussi a-t-on soin, dans Tintérêt de ramélioralion des races, de restreindre, pour chacun, le nombre des saillies qu'il doit effectuer et des femelles qu'on lui donne à féconder.

Mais une fois que les chaleurs de la femelle sont passées, le mâle, bien que les siennes persistent, se refuse à un rapprochement; il flaire la femelle fécondée et s'en détourne : un accouplement pendant la gestation pourrait avoir pour conséquence l'avortement. L'homme, cet être intelligent, mais souvent non moins libidineux que les satyres de la Fable, se soucie peu des dangers auxquels il expose sa descendance en se livrant a des assauts auxquels la hôte se refuse. Heureusement que dans son espèce les rapprochements dans de telles conditions n'ont pas les mêmes inconvénients que chez les animaux.

En général, parmi les bêtes; on n'observe ni sympathies ni antipathies particulières entre les mâles et les femelles de la même espèce. Les premiers, cominele taureau nous en montre un exemple» couvrent indistinctement toutes leurs femelles, à mesure qu'elles entrent en chaleur. Et, à leur tour, celles-ci reçoivent, sans préférence marquée, les caresses de tous les mâles qui les approchent. Dans certaines espèces, appelées monogames, un mâle et une femelle contractent l'un . pour l'autre un attachement réciproque, ne se séparent point, et vivent dans l'intimité de la famille, même alors que les besoins de la reproduction sont satisfaits. On voit quelquefois, comme le fait observer M. Huzard (1), de jeunes chevaux qui s'attachent à de» cavales, délaissent les autres, et refusent mêpie de les couvrir. Le bélier montrerait assez souvent, si l'on en croit les anciens, une préférence marquée pour les vieilles brebis.

D'ailleurs, les animaux n'établissent entre eux aucune distinction fondée sur la parenté; ils ne reconnaissentfpoint leur sang, même quand ils ont toujours vécu en bmille dès leur jeunesse; du moins, s'ils possèdent cette connaissance, elle n'est point pour eux un motif d'exclusion. Le frère s'allie à la sœur, le père avec la fllle, le fils avec la. mère, dès que les instincts génésiques s'éveillent. Tout ce qu'on a écrit sur Téloignement prétendu que la parenté ferait naître parmi les animaux est dénué de preuves. S'il est vrai qu'un chameau, dont le voile se détacha pendant qu'on le forçait à s'accoupler avec sa mère, ait mis en pièces son conducteur', la violence commise par cet animal n'avait certainement pas pour cause le sentiment de l'inceste. 11 est peu probable qu'un jeune cheval ait refusé de s'accoupler avec la jument dont il tenait le jour, tant qu'un voile ne l'eut pas empêché de la distinguer. II est moins vraisemblable encore qu'après l'accouplement ce cheval soit allé se jeter dans un précipice, parce qu'il aurait reconnu son erreur (2). Tous les jours, de pareils accouplements consanguins s'effectuent dans toutes nos espèces domestiques, et plus tard nous en verrons les heureux résultats sous le rapport de la conservation et du perfectionnement des races les plus précieuses.

(i) Huzard^ Des haras domestiques en France^ 2« édition. Paris, 1842. (2) Aristote, Histoire des animaux, trad. française^ Hyre IX, p. 635.

Les animaux d'espèces différentes, réduits à la domesticité, s*ils sont pressés par le besoin, s'unissent quelquefois entre eux, et si les espèces sont du môme genre et très-voisines, ces unions illicites peuvent parfois devenir fécondes, comme nous le verrons plus tard. De telles alliances paraissent très-rares parmi les espèces sauvages, qui peuvent, sans contrainte, satisfaire leurs désirs les plus impérieux. G*est sans aucune preuve que Pline nous dépeint l'accouplement qui se fait de gré ou de force entre les mâles ei les femelles de toutes esi)èces rassemblés par la soif sur le bords des rivières ou des fleuves. C'est aussi sans fondement certain qu*il prétend que les chiennes attachées par les Indiens dans les forêts sont couvertes par les tig^jres; car, selon toute probabilité, le tigre dévorerait plutôt la chienne que de lui prodiguer des caresses. Mais nos animaux domestiquer s'allient souvent entre eux, d'espèce à espèce, ou avec des animaux sauvages approivisés. L'âne couvre la jument, lorsqu'il n'a pasd'ânesse à son service; de môme, lu cheval, séparé de sa propre femelle, s'accouple avec l'ânesue en chaleur. On a vu des accouplements féconds entre le loup et la chienne, le chacal et le chien, etc. Parmi les oiseaux, de telles mésalliances sont fort communes. On les a observées entre le coq et la faisane, le canard commun et le canard musqué, le chardonneret et le serin des Canaries, le morillon et la sarcelle, le cygne et l'oie, etc.

EuGn, il arrive quelquefois que les animaux, pressés par des besoins qu'ils ne peuvent librement satisfaire, se livrent avec fureur à la masturbation, ainsi qu'on le voit assez fréquemment chez les singes, les chiens, le bouc, et môme, dit-on, chez le cheval. Certains animaux vont aussi jusqu'à simuler un accouplement contre nature avec des individus de même sexe. Aristote (1) dit cela des perdrix, des cailles et des coqs relativement aux mâles que les premiers ont vaincus. Buffbn a vu des tourterelles de même sexe, soit mâles, soit femelles^ enfermées dans des cages, se joindre ensemble, comme si elles avaient été de sexes différents. Dugès a fait des observations analogues sur des canards et des coqs, et Desmoulins prétend que, parmi les mammifères^ les cobayes font subir ce traitement humiliant aux cobayes vi ncus dans leurs combats amoureux.

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