‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 29 sur 239 · ABSORPTION INTESTINALE · texte numérisé non relu

ABSORPTION INTESTINALE

resserré, contracta, sa muqueuse sècbe, collée à elie-iu^me, la marche du liquida îugéré se trouve ralentie et son absorption est rendue très-difficile.

Erichscn, en cherchant à formuler ces différences par des chiffres, est arrivé Jk des résultats intéressants que Ton ne doit cependant considérer que comme des approxi*» mations. C'est en utilisant un cas d*extroversion de la vessie sur un enfant, qu'il a fait la constatation suivante après l'ingestion du ferro-cyanure de potassium: A jeun le sel ingéré s'est retrouvé dans l'urine une minute après cette ingestion ; — au moment du repas, au bout de trente à quarante minutes ; — une demi-heure après le repas, au bout de seize minutes ; — une heure et demie après le repas, au bout de six à sept minutes; — quatre heures après le repas^ au bout de deux minutes.

Conséqucmment on peut dire que la condition la plus favoral)!o à l'absorption d'une substance médicamcntenhe, surtout si elle doit exercer, comme les purgatifs, les calmants, les astringents, une action topique sur la muqueuse, est la période de jeûne qui suit immédiatement la fin de la digestion. Néaumoios si la substance à absorber est trè.s-activc, à dosi- faible, on ne voit pas de différence bien sensible dans la rapidité de l'absorption suivani ces divers cas. Il suit de U que, sauf dans la dernière circonstance, il y a avantage à médicamentcr à jeun si l'on veut agir un peu vite, et qu'il n'y a aucun jnconvénient à le faire pendant la digestion si l'on n'attend de l'agent médicamenteux que des effets lents et à longue échéance.

Le pouvoir absorbant de la muqueuse gastro-intestinale, qui porte sur tant de substances différentes, ne varie pas seulement suivant l'état de vacuité ou de plénitude, le degré de réplétion de l'appareil digestif; il se modifie sensiblement d'après d'autres conditions, fort nombreuses, comme la vascularité de la muqueuse, son état de congestion ou d'irritation, l'abondance de ses sécrétions, la persistance des mouvements ou l'inertie des plans charnus. Il est même des cas où, comme dans les affections cholériques, ce pouvoir devient tout à fait nul. Toutes ces modifications peufent élre pressenties, prévues, calculées même, jusqu'à un certain poiot^ d'après ce que nous avons vu sur les lois générales et le mécanisme de l'absorption.

L'absorption qui s'effectue sur une surface double de celle de la peau, pounuci de plusieurs dizaines de millions de villosités, et chez l'homme de huit à neuf cûj^h valvules connivenies, a. par ses résultats, une très-grande importance. Chez un cheval ou un bœuf qui ingère par jour 1 2 kilogrammes de fourrages secs, cédant à Tabsorp* tiou Uù pour 100 de leur poids, puis 50 kilogrammes d'eau, et dans l'appareil digestif duquel il est versé : k2 kilogrammes de salive, 5 de suc gastrique^ 5 de bile, 5 d€ fluide pancréatique et 10 de suc intestinal, en tout 114 kilogrammes dont 32 sont rejetés ; le reste, ou 82 kilogrammes, est absorbé par sa muqueuse digestive. En répartissant cette masse, qui représente trois à quatre fois celle du sang, sur la totalité de la surface, on trouve que chaque mètre recueille, en moyenne, 7 kilogranime^ et demi de matières solides ou liquides en vingt-quatre heures.

Il y a nécessairement à cet égard des différences considérables suivant les espèces. Lcbnann dit que chez les chevaux et les vaches il n'est absorbé que la moitié seulement de l'eau insérée, tandis que chez le chien, le cbnt, l'absorption en prendrait les 17/20* de la quantité totale.

On pourrait calculer la quantité de fécule transformée, de sucre, de matières albuminoïdes, de graisse, de sçls, ((u'uu animal d'un poids donné peut ab^rber par

108 DE l'absorption.

heure oq par vingt-quatre heures. Déjà Lehmann (1) a donné quelques chiffres qui me semblent très-inexacts. Il dit, par exemple, qu'en une heure Tabsorplion gastrointestinale, chez rhomuie, peut prendre 430 grammes de sucre, /i5 grammes de matières grasses et 100 grammes de matières albuminoîdes.

Cependant cette absorption qui rassemble une si grande masse de matériaux se fait avec une certaine lenteur pour ne pas introduire dans le sang, en un temps trèscourt, une grande proportion de matières étrangères et ne pas changer très brusquement les proportions de ses éléments solides ou liquides. Elle est tellement réglée que, à mesure de rapport, il y a départ de matériaux, et que, au moment où les derniers produits entrent, les premiers sont déjà sortis.

Page 1