‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 44 sur 239 · CARACTÈRES PRYSIQUKS DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES PRYSIQUKS DE LA LYMPHE

plas prononcée sur les solipèdes que sur tous les autres animaux qu'il in*a été possible d*obfterver, et à peine jaunâtre chez les ruminants et les carnassiers dont ie sérum sanguin est toujours très-pâle. Elle me parait due à la matière biliaire qui colore le sérum et toutes les autres sérosités, car la hmphe donne, par Taclde azoliqne, les mêmes réactions que ces liquides. L'hcmatinc, que quelques chimistes et nilcrograpfies admettent dans la lymphe, n*a pu être trouvée que dans les cas où ce liquide était associé à une certaine quantité de sang.

Le nuance de la lymplie éprouve peu de variations. Elle m*a semblé plus pâle chez les jeunes animaux qu'à l'âge adulte, plus aussi chez les sujets anémiques et infiltrés que dans les conditions normales. Je l'ai vue devenir opalescente sur un cheval gras au bout d'une très-longue abstinence. Au contraire, sa teinte ambrée ro*a para exagérée sur les animaux ictériques.

Sa saveur est salée, légèrement alcaline, à peu près comme celle du chyle et du dérum du sang. Son odeur est peu marquée pendant la vie; elle rappelle quelquefois, sur le cadavre, celle des parties d'où elle a été tirée.

6a densité est de 1022 d'après Magendic, celle de son sérum n*esl que de 1009 à 1010 d'après M. Lassaigne. Elle a éfé trouvée plus grande par d'autres observateurs qui ont probablement recueilli ce liquide goutte à goutte, et éprouvant par conséquent une concentration mar(|uée.

La lymphe jouit d'une coagulabiiité très-prononcée : aussi ses caillots obstruentils bientôt les tubes adaptés aux Vaisseaux si ces tubes prennent des positions capables de ralentir l'écoalement du liquide. En moyenne, elle ne met qu'un quart d'heure pour se coaguler : mais son caillot continue à prendre de la consistance jusqu'à la vingtième et la trentième minutes, quelquefois même encore après. Mais la coagulation peut s'opérer en un temps beaucoup plus court, si la lymphe est en trèspetite quantité ou si elle progresse lentement. Au contraire, il est des cas, sur les animaux très-aflaibiis, notamment sur les bêtes bovines, où je ne l'ai vue s'opérer qu'à peine en une heure. Leurct et Lass^aigne disent qu'elle peut se faire dans le vide, ians l'hydrogène, l'acide carbonique, comme au contact de l'air, fait que je n*ai pas * en Toccasion de vériGer.

Elle ne s'opère pas sensiblement dans les vaisseaux, soit sur le cadavre, soit pendant la ^ie. La remarque en a été faite depuis longtemps, et elle est en général trèft-jusle. Les ligatures appliquées sur les lymphatiques pendant douze à vingt-quatre heures ne la produisent même pas, quoiqu'elle se fasse assez vite dans les tubes adaptés aux vaisseaux dès que l'écoulement du liquide vient à être gêné : Yirchow explique celte particularité eu disant que la librine, iucompiéiement formée dans la lymphe, a besoin du contact de lalr pour s'achever. On pourrait tout aussi bien l'attribuer à ce que, dans les vaisseaux, la plasniine ne subit pas les modifications qoi la rendent aptes à se dédoubler eu librine et en matière albumineuse précipitabie par Je sulfate de magtiésie. JNéaumoins, à la longue, la coagulation se produit quelquefois dans les vaisseaux. J'en ai vu un exeuipie daus le canal thoracique où la lymphe n'avait pas éié altérée par le reilux sanguin.

La coagulabiiité de la lymphe est une propriété qu'elle présente dans tous les points du système, à compter des plus petits vaisseaux d'où il est possible de la tirer. Je me suis assuré maintes fois qu'elle existe bien manifestement dans celle

iUU DE L* ABSORPTION.

des lymphatiques des régions digiiées, métacarpiennes ou métatarsiennes des soU^ pèdes, comme aux joues, près des lèvres, où se trouvent de gros vaisseaux qui n*ont point traversé de ganglions; cependant elle paraît un peu plus marquée dans celle qui a traversé les glandes. La lymphe rougeâlre de la rate et des ganglions lombaires la possède à un haut degré. Elle est aussi plus, prononcée qu'à Tétat normal dans le cas de fièvre intense, de morve aiguë, comme M. Delaiond l'avait d'ailleurs très-bien noté.

Lorsque la lymphe paraît coagulée, son caillot ne renferme pas tout d'abord la totalité de la fibrine ; car si l'on vient à exprimer ce caillot à la quinzième, à la vingtième et même à la vingt-cinquième minute^ il s'en forme dans le sérum un second d'une faible consistance. Sous ce rapport la lymphe se comporte exactement comme le chyle.

Une fois ce caillot achevé, il conserve pendant plusieurs jours ses dimensions initiales, reste adhérent aux parois du vase et n'éprouve aucune rétraction comparable à celle des caillots sanguins ; mais pour peu que le vase soit agité, il s'en détache, devient irrégulier, filamenteux, et nage dans le sérum ; il se réduit alors à de très-faibles proportions.

On a dit à tort que ce caillot devenait écarlate par l'action de l'oxygène, du sel marin, du nitrate de potasse, et brun sous l'influence de l'acide carbonique. Ces changements ne se produisent que dans la lymphe chargée d'une certaine quantité de sang. Dans celle qui est pure, non-seulement le caillot ne rougit pas, mais il pâlit, blanchit légèrement, car il rassemble et retient les leucocytes.

IL — Caractères microscopiques de la lymphe.

La lymphe prise sur le cadavre, comme sur l'animal vivant, présente une seule espèce d'éléments figurés, les globules blancs, et de très-rares particules graisseuses.

Les globules blancs ou leucocytes, dont Hewson paraît avoir le premier constaté l'existence, sont semblables à ceux du chyle. Us sont de trois grandeurs, comme ceux de ce dernier liquide. I^es uns, dépassant en diamètre les globules sanguins, ont de 5 à 8 millièmes de millimètre, souvent davantage. Les plus nombreux, égaux à peu près à ceux du sang, ont 5 à 6 millièmes de millimètre, les petits ont seulement de 2 à /i millièmes de millimètre, et même moins : c'est à ces derniers qu'on peut réserver la qualification de globulins.

Us sont blancs et argentins comme ceux des chylifères, sphériques, d'aspect pointillé, susceptibles d'éprouver des déformations qui se pipduisent et disparaissent à la manière des expansions sarcodiques des infusoires. £n examinant la lymphe vivante et chaude au moment même où elle sort des vaisseaux, on voit ces globules se déformer rapidement, donner un prolongement qui s'agrandit, change de figure, puis un second et souvent d'autres qui rendent le globule étoile, hérissé, prolongements qui peuvent disparaître aussi vite qu'ils se sont formée. Us ne se produisent pas dans la lymphe recueillie depuis un certain temps. L'addition de l'eau, tout en donnant lieu au gonflement ^f.« globules, fait cesser le développement

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