‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 45 sur 239 · CARACTÈRES MICROSCOPIQUES DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES MICROSCOPIQUES DE LA LYMPHE

des expansions, et même efface celles qui existaient.. Péndanl que ces changements s*opèrent, on f oit un certain nombre de globales qui crèvent : leur contenu s*échappe et leur paroi se crispe. Du reste^ ces globules soumis à Taction de l'acide acétique, des solutions alcalines et des autres réactifs, se comportent comme ceux du chyle.

Leur constitution ne diffère pas de celle des globules du chyle. Leur enveloppe, indiquée par un contenu sombre, est susceptible de se dissoudre et de se déchirer. £lJe renferme un liquide probablement visqueux dont la quantité augmente ou diminue par suite des actions osmotiques effectuées à travers la paroi. Au sein de ce liquide se trouvent des granulations inégales plus ou moins rapprochées et plus ou moins apparentes dont l'aspect se modiûe avec une grande facilité. D'un cOté, sous l'influence prolongée de l'eau ou de l'acide acétique, cet amas de granulations se fractionne nettement en plusieurs petites masses sphériques, assez distinctes, devenant libres dès que l'acide a dissous l'enveloppe, et se dissociant si l'on exerce sur elle une certaine compression. Comme l'acide acétique en donne un peu plus que l'eau, M. Robin se refuse à admettre leur préexistence. Pourtant elles semblent bien être des granulations nucléiformes simplement agglutinées et dont les réactifs facilitent la désagrégation. Je les ai toujours vues plus ou moins distinctement dans les globules encore vivants examinés dans la lymphe, non additionnée d'un li(|uide, et à l'instant de sa sortie des vaisseaux ; elles m'ont constamment paru distinctes à la période des expansions sarcodiques comme après : aussi, quand l'enveloppe cellulaire se rompt, le contenu se trouve souvent mais non toujours fractionné, car ses différentes parties se tiennent agglutinées en raison de leur compression antérieure ou de leur viscosité. C'est là un point important sur lequel il faudra revenir à propos des mutations successives éprouvées par les fluides blancs.

Indépendamment de ces granulations irrégulières, il y aurait encore au centre du globale un et quelquefois deux noyaux admis par Henle^ par Valeutin, par Virchow, etc., niés par fiischoff, M. Robin et par d'autres. On les dit arrondis, réguliers. Ils seraient susce|nibles de se diviser en deux ou trois noyaux secondaires. Je suis loin de mettre en doute leur existence : seulement ils ne m'ont point paru bien distincts des autres granulations de la cellule.

La structure des globules moyens n'a rien de particulier. Ils sont, comme les premiers, sphériques, à contours réguliers, pâles, et ils ont une enveloppe cellulaire et on contenu granuleux dont les réactifs modiQent l'aspect, comme ils le font pour les grands leucocytes.

£nûn, les plus petits globules, auxquels il faut réserver le nom de globulins, sont ou de simples noyaux ou de très-petites cellules en voie de développement. Un examen attentif porte à croire qu'ils sont, pour la plupart, des granules isolés, de la nature de ceux que renferment les grands leucocytes. J'ai vu tant de fois de semblables granules s'échapper à travers l'enveloppe déchirée des leucocytes, qu'il ne me reste pas de doute sur leur nature commune. Ils deviennent très-nombreux dans la lymphe en voie d'altération, et semblent un résultat de la destruction des globules parfaits. Mais, d'autre part, leur existence dans la lymphe qui s'échappe des radicules donne à penser qu'un certain nombre sont des granules destinés à constituer oltérieurement des globdles à enveloppe. D'où il suit, que probablement, dans. un fi. COUN. — Physiol. comp., 2* édit. u. — 10

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échantillon donné de lymphe, une partie de ces granules n'a pas encore servi à former des globules, tandis que l'autre provient de globules détruits.

Quoi qu'il en soit, ces divers globules et granules ont les caractères de ceux qiie nous retrouvons dans le sang où ils sont apportés par le canal thoracique. Néanmoins ils ne me paraissent pas avoir déjà dans la lymphe le degré de viscosité qu'ils acquièrent dans le sang, car au milieu du premier liquide ils ne se rassemblent guère en masses de 10, 15 et même plus, comme ils le font dans l'autre.

Leur quantité est Indéterminée et ne peut s'évaluer que très-approximativement. Elle s'accroît beaucoup dans quelques conditions voisines d'un état pathologique et dans certaines maladies du système lymphatique. Ainsi, ou en trouve énormément dans les vaisseaux tuméGés sur les chevaux atteints de farcin, comme M. Delafond l'a observé le premier. Toutefois, comme dans les lymphatiques des cordes farcineuses, il y a une irritation aboutissant très-vile à la pyogénie : les globules lymphatiques se modifient très-sensiblement, et à un moment donné ils sont plutôt des noyaux d'épithéliums vasculaires que de véritables globules de lymphe. Finalement, ils deviennent des globules purulents que les phis habiles micrographes allemands, Yirchow (1) entre autres, trouvent exactement semblables aux globules de la lymphe, au point qu'il serait impossible de les en distinguer.

Les divers globules dont il vient d'être question ont été considérés comme des éléments produits exclusivement dans les ganglions, quoique J. Muller les ait vus dans la lymphe avant son entrée dans ces organes. Ils se forment probablement dans toutes les parties du système et dès les réseaux d'origine, car je les ai trouvés déjà fort nombreux dans la lymphe de la région digitée, conséquemment bien au-dessous des ganglions brachiaux et des poplités. Mais les esprits à qui les théories plaisent plus que les faits n'en persistent pas moins dans leurs anciennes opinions.

Quant aux globules rouges admis encore tout récemment dans la lymphe par des observateurs de mérite, ils ne s'y rencontrent jamais si elle est pure, sauf dans celle de la rate, et je puis affirmer ce fait d'après des centaines d'observations. Ceux qui s'y trouvent mêlés par accident y deviennent souvent dentelés et y éprouvent une réduction de diamètre que M. Robin évalue à 1 ou 2 millièmes de millimètre.

Les fines particules de graisse que le chyle laiteux contenait si abondamment font à peu près défaut dans la lymphe à l'état normal. On y en trouve cependant un certain nombre, surtout lorsqu'elle tend à devenir un peu trouble, sur les animaux gras, sous l'influence de la résorption adipeuse que provoque l'abstineuce ou une maladie fébrile.

Les bactéries linéaires et les bactéries granuleuses peuvent se montrer dans la lymphe chez les septicémiques et les animaux atteints d'affections charbonneuses. Je les ai trouvées dans ces deux circonstances, et en assez grand nombre, sur divers animaux. Tout récemment quelques observateurs, peu familiarisés avec ces études, ont prétendu en voir dans la lymphe des chevaux affectés de la morve et du farcin. Ils ont évidemment pris des globulins et des granules disséminés pour des bactéries punctiformes, et s'ils ont réellement vu des bactéries filifonues c'est dans la lymphe altérée par la décomposition cadavérique, car sur les animaux morveux et

(1) Virchow, Pathologie cellulaire, i'« édil., 1860, p. 125 à 129.

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