‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 51 sur 239 · CABACTÈRE5 MICROSCOPIQUES DU CHYLE · texte numérisé non relu

CABACTÈRE5 MICROSCOPIQUES DU CHYLE

comme auparavant Si néanmoins un coagalum filamenteux s'y est formé, il se r^serre et n*empécbe pas le chyle de couler autour de lui.

La coagulabilité du chyle, d'autant plus prononcée que le chyle se rapproche plus de sou point de déversement dans le système sanguin, tient évidemment, comme celle du sang, à la présence constante d'une certaine quantité de fibrine ou de matière fibrinogène. Il est probable que cette matière n'est pas diiïérente de celle que, dans le sang, Denis (1) a appelée piasmine, laquelle se dédouble spontanément en donnant d'un côté de la fibrine, de l'autre une certaine quantité d'albumine. Si, en effet, on traite du chyle encore liquide par une solution de sulfate de sonde, et qu'on y ajoute ensuite du sel marin pulvérisé, la plasmine se précipite. Une fois redissoute dans l'eau, elle reprend ses propriétés primitives, donne un coagulum fibrineux et laisse une partie albuminiforme, qui diffère, du reste, de l'ai- ' bumine ordinaire en ce qu'elle est précipitable par le sulfate de magnésie.

IL — Caractères microscopiques du chyle.

Rien n'est plus vaguement déterminé par les auteurs que la constitution micrographique du chyle. On décrit généralement dans ce liquide des globules blancs, des globules rouges, des gouttelettes de graisse, de fines particules de la même substance, parce qu'on étudie le plus souvent un produit impur pris dans le canal ou dans la citerne, résultant du mélange du véritable chyle avec dç h lymphe de diverses provenances et avec du sang apporté par le reflux de la sous-clavière. Le chyle pur, pris dans les vaisseaux blancs du mésentère ou versé par une fistule établie k ces vaisseaux par les procédés que j'ai fait connaître (2) dès 1853, ne contient d'autres éléments figurés que des globules blancs de diverses dimensions et de fines particules de graisse. Il faut, pour les étudier tels qu'ils sont et s'en faire une idée exacte, examiner le chyle vivant, au moment même où il sort des canaux mésentériques, car si on le prend sur le cadavre, comme on le fait d'habitude, et si ou l'étudié un certain temps après son extraction, ces éléments sont altérés et déformés; ils perdent leurs véritables caractères.

Les globules du chyle ou les leucocytes sont de dimensions variées. Les uns, plus volumiueux que ceux du sang, ont un diamètre de 6, 7,8 millièmes de millimètre chez les solipèdes et les ruminants, et un peu moins chez d'autres animaux. Les autres ont à peu près les dimensions des globules rouges du sang, ou de 5 à 6 millièmes de millimètre;, Quelques-uns, plus petits, appelés globulins, ont environ le tiers ou la moitié des premiers, 2, 3^ U millièmes de millimètre. Gomme l'eau les gonfle rapidement, il faut éviter le mélange de ce liquide avec le chyle dans les études niicrographiques.

lis ont une forme sphérique régulière et une surface lisse. Mais cette forme s'altère assez vite, soit spontanément, soit par l'action de divers réactifs, et les changements qu'elle subit sont si prompts qu'ils peuvent être aisément suivis par l'observateur. En effet, quand on examine une goutie de chyle au moment de sa sortie

(i) Denis, Mémoire sur le sang, 1859.

(2) G, Colin, Bulletin de la Société impériale et centrale de méd. vétérin., octobre 1853 {Recueil de méd, vét., p. 1037).

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d'un vaisseau méscntérîque sur ranimai vivant, on voit les globules, d*abord à contours nets et circulaires, devenir irréguliers, bosselés à la surface. D'un point de leur périphérie se développe une saillie qni s*allonge plus ou moins et se termine en une pointe aiguë ou mousse ; à côté ou à une certaine distance s*en détachent une autre, puis une troisième, qui peuvent rapidement changer de dimensions et de figure. Tant que le chyle demeure liquide, comme pendant et même après sa coagulation, ce curieux phénomène se produit et donne naissance à ce qu'on a appelé les globules étoiles ou hérissés, globules dont quelques auteurs ont fait une espèce à part, et que d'autres ont assimilés à des êtres vivants^ à des amibes. Ce sont là de pures modifications qu'éprouvent ou que peuvent éprouver tous les globules du chyle, et qui ressemblent à celles des éléments sarcodiques des espèces inférieures, telles que les acalèphes, les infusoires, sans impliquer aucunement l'animalité des des globules. Elles cessent, en général, une demi-heure ou une heure après Textraction du liquide, et ne se produisent plus dans la lymphe recueillie sur le cadavre refroidi. L'addition d'eau s'oppose à leur formation, et les efface si elles sont déjà développées. Je les ai observées sur tous les animaux dont j'ai examiné le chyle, et dans les conditions les plus variées. Dès qu'elles cessent de surgir, les globules reprennent leur forme sphérique et leur surface lisse. Néanmoins, plusieurs d'entre eux peuvent demeurer pendant longtemps déformés, elliptiques, mamelonnés, étoiles, même polyédriques s'ils se trouvent groupés et soumis à une certaine pression réciproque.

Les globules du chyle sont blancs, brillants, d'un beau reflet argentin. Leur partie centrale, plus brillante que le reste, est formée par un noyau que Yirchow dit quelquefois multiple. Autour de celui-ci se trouvent des granulations inégales, un peu sombres, qu'il est possible de compter, sur une face, à un fort grossissement. Elles donnent au globule un aspect pointillé, caractéristique. C'est à tort que beaucoup de micrographes très-habiles les regardent comme le résultat d'une coagulation du contenu cellulaire déterminée par l'eau ou par d'autres réactifs. Je les ai toujours vues dans les globules sortant des vaisseaux lactés sur l'animal vivant^ et au moment de la formation des prolongements sarcodiques ; mais elles tendent à s'effacer si le globule se dilate, et à s'accentuer, au contraire, par l'action des liquides qui en coagulent le contenu, ou^ui le crispent plus ou moins.

Ces globules ont évidemment une enveloppe comme toutes les cellules, et un contenu. L'enveloppe, qui est très-osmotique, parait douée d'une résistance considérable, car, si elle se déforme, elle ne se déchire pas par la compression; elle résiste à la distension, à une putréfaction même assez avancée; cependant l'eau la déchire souvent en gonflant outre mesure son contenu, et, une fois déchirée, elle se crispe comme une membrane élastique ou contractile.

Les globules de deuxième grandeur, ou d'un diamètre égal à celui des hématies, ont la même constitution que les grands leucocytes : une enveloppe transparente à surface légèrement visqueuse, un contenu pointillé, granuleux, susceptible de se désagréger si la membrane enveloppante vient à se rompre. Ils donnent moins d'expansions sarcodiques et des expansions plus petites que les globules de première grandeur.

Les petits leucocytes, ou les globulins, qui ont la moitié ou le tiers des plus grands,

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