PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU CHYLE. M
sur de grandes masses. Elle est variable suivant les animaux. Dans aucune elle ne m'a (>aru spermatique, quoi qu^en di$ent les auteurs. Elle rappelle Todeur propre à i*animal ou à sa transpiration. L'action de la chaleur, portée à 50 et à 100 degrés, Vexagère et la rend toujours très-sensible. G*esl Todeur du chien dans le chyle de cet animal, celle du suint et de la toison chez le mouton, de la bouverie chez les bêtes bovines. Déjà Vauquelin avait reconnu l'odeur du chyle du cheval par l'addition de quelques gouttes d'acide sulfurique, et sa remarque s'applique à tous les animaux. Celte odeur est due à la présence d'acides gras volatils, assez nombreux, que M. Wurtz est parvenu à isoler sur des masses énormes de chyle de divers animaux que j'ai mises à sa disposition. Les changements de régime ne m'ont pas semblé la faire varier sensiblement sur la môme espèce animale.
La saveur du chyle est salée ; elle diffère un peu suivant les espèces, mais pas assez pour qu'il soit possible de bien distinguer les provenances du liquide. Elle tient surtout au chlorure de sodium et aux sels alcalins.
La fluidité et la consistance du chyle, au moment de son extraction, ne sont point invariables. En général, ce liquide, pris dans les vaisseaux, est moins épais, moins visqueux que le fluide mixte du canal ihoracique. Il est plus chargé de principes salins vers la .fin de la digestion qu'au début, plus sur les carnassiers que sur les herbivores. Ces différences, d'ailleurs très-légères, dépendent des proportions de la fibrine et de l'albumine.
La densité de ce liquide est supérieure à celle de la lymphe, mais beaucoup plus faible que celle du sang. D'après Marôet, celle du sérum du chyle, dans le canal tboracique du chien, serait de 1021 à 1022; celle du chyle entier du taureau a été trouvée de 1013 par M. Lassaigne.
Il possède, comme la lymphe et le sang, la propriété de se coaguler ou dé se prendre en masse après avoir été extrait des vaisseaux. Cette faculté lui appartient dans tous lés points du système chylifère: entre l'intestin et les ganglions, dans les ganglions, entre ceux-ci et la citerne, comme dans la citerne même et dans le canal thoracique. Si on Ta cm incoagulable avant son passage dans les glandes mésentériques où l'on suppose qu'il prend sa fibrine, c'est qu'on n'en a pris dans ces points que des gouttelettes dont la coagulation n'est pas toujours facile à constater. Il résulte de mes expériences que, contrairement à un opinion mise en vogue par les physiologistes allemands, le chyle est coagnlable avant d'avoir traversé les glandes du mésentère.
Reçu dans une éprouvette ou dans tout autre va.se de faible capacité, il s'épaissit promptement sans devenir^ à proprement parler, ni visciueux ni filant; il se trouble, 800 opalinité augmente ; il prend l'aspect.d'une gelée qui se fige. Après dix à douze minutes la coagulation est déjà avancée ; elle est plus prononcée à la vingtième* mais c'est seulement de la vingt-cinquième à la trentième qu'elle s'achève. Alors le caillot est ferme, et il se maintient entier, bien qu'on incline le vase ou qu'on lui imprime de légers mouvements. Toutefois, à compter de ce moment, la consistance du caiJJot augmente même, pendant une heure ou deux, par suite de la coagulation trè84ente des dernières portions de la fibrine ; ce qui le prouve, c'est qu'en retirant le caillot au bout d'une demi-heure, le sérum mis à part donne un nouveau coagulum encore assez considérable.
156 * DE l'absorption.
Da reste, le temps nécessaire à la coagulation complète varie suivant la provenance du cbyle, le volume de la masse recueillie, la rapidité de Técoulement, celle du refroidissement, la température ambiante^ etc. Ainsi le cbyle se prend d*autaut plus vile qu'il coule avec plus de lenteur, que les vases de réception ont plus de surface, qu'ils sont moins agités. Tout mouvement brusque détache le caillot, en voie de formation, des parois auxquelles il adhère, et le fait flotter au sein du liquide : il fait perdre au caillot définitif sou homogénéité.
La coagulation, lente ou rapide, ne s'effectue pas uniformément dans toute la masse ; elle commence au fond, sur les parois latérales du vase et à la surface du liquide, à peu près comme la solidification de diverses substances fondues dans un creuset. Les premiers filaments fibrineux forment un lacis sur lequel se déposent des filaments nouveaux. Une fois qu'elle est achevée, le coagulum remplit complètement le vase, adhère à ses parois jusqu'au début de la décomposition putride, sans subir de retrait analogue à celui du coagulum sanguin. L'agitation seule du cbyle^ effectuée surtout vers la fin de la période de coagulation, détermine le détachement et le retrait du coagulum qui se réduit bientôt en une petite masse irrégulièie et flottante dans le sérum. Ce que quelques observateurs ont dit de la séparation spontanée en caillot et en sérum au bout de cinquante à soixante minutes ne s'applique qu'au chyle pris dans les vaisseaux un certain temps après la mort, et à celui dont la coagulation est troublée par des secousses.
La coagulabilité du chyle est souvent plus prononcée chez les herbivores, dont les aliments sont cependant peu riches en matières azotées ou ûbrinogènes, que chez les carnassiers. Au moins, c'est ce que j'ai vu avec étoiinement en comparant le chyle du cheval, de l'âne, du taureau, de la Viiche à celui du chien ou du chat Tiedemahn et Gmelin, en faisant leurs observations sur le liquide mixte du canal thoracique, avaient déjà noté cette différence qui leur a paru très-grande parce qu'ils prenaient, notamment sur le cheval, dans le canal thoracique, un liquide très-chargé de lymphe et mêlé à une forte proportion de sang. £lle augmente parallèlement à l'activité du travail digestif et à la quantité de matières versées dans l'intestin. Au contraire, elle s'affaiblit quand la rumination est suspendue, et sur les animaux dont les matières intestinales sont très-délayées, comme sur les sujets affaiblis à la suite de longues opérations chirurgicales. Alors le chyle des bêtes bovines ou ovines ne contient plus que des traces de fibrine, d'albumine, il ne semble être que de Teau tenant en dissolution quelques sels.
La coagulation du cbyle à l'intérieur, où il peut être retenu exceptionnellement sous rinfluence de causes mécaniques, se fait très-lentement. Elle ne s'effectue pas encore dans les douze à vingt-quatre heures qui suivent la ligature du canal thoracique. Je ne. l'ai jamais constatée non plus dans les chylifères sur les cadavres d'animaux tués pendant la digestion. C'est par erreur que Cruikshanks l'indi^que comme un phénomène ordinaire chez l'homme et les animaux. Il n'en est pas de même pour le contenu mixte de la citerne et du canal thoracique, qui se coagule constamment sur le cadavre^ et d'autant mieux qu'il s'est fait un reflux sanguin plus considérable lors des deniières secousses de l'agonie. Toutefois, pendant la vie, la coagulation dans le canal thoracique ne se produit pas en un ou dcux^ jours, car si, après ce délai, on ôte la ligature placée près de l'insertion du conduit^ le chyle coule