PROPR JETÉS CHIMIQUES ET COMPOSITION DU CHYLE
presque traiispareot peut tenir à leur âge, à leur degré d'évolution ou aussi aiix conditions dans lesquelles on les examine.
La seconde espèce d'éléments figurés qu'on trouve dans le chyle est constituée par les fines particules de graisse en suspension dans le sérum. Ces particules, trop ténues pour être considérées comme des gouttelettes, sont extrêmement nombreuses dans le chyle laiteux des carnivores et dans celui des animaux à la mamelle ; elles le sont beaucoup moins dans le chyle simplement opalin, et deviennent rares dans le liquide presque transparent des herbivores. On les voit, à un fort grossissement, sous l'aspect d'un sablé très-fin, disséminé régulièrement. Elles sont égales entre elles, arrondies, de teinte foncée sur les bords, brillantes au centre lorsque le grossissement est porté à ses dernières limites. Leur finesse est incommensurable, dit-on, ou de moins d'un millième de millimètre. Elles sont animées dans le sérum d'un mouvement brownien très-rapide.
Ces particules graisseuses existent dans le chyle dès son entrée dans les réseaux. on a prétendu^ sans preuves sérieuses, que leur quantité diminuait dans les gan- ' glions mésenlériques. Elles deviennent réellement moins serrées dans le canal thoracique par suite du mélange du chyle avec une proportion considérable de lymphe qui eu est dépourvue. Si l'on en croit H. Mûller, elles auraient une enveloppe de nature protéique, dont M. Milne Edwards (1) admet aussi l'existence. L'acide acétique, ou les solutions alcalines ajoutées au chyle, rassemblent ces granules en gouttelettes. D'après mes observations, l'addition d'éther sulfurique les fait disparaître en tant que fines particules, en même temps qu'elle enlève au liquide son aspect lactescent L'évaporation de l^éther n'est point suivie de leur réapparition, mais de la formation de gouttelettes inégales dont les caractères sont très-dilférents de ceux des fines molécules.
Des |)articules semblables se voient en certaine quantité dans le sérum sanguin, lorsqu'il est opalescent, et même dans la lymphe un peu trouble des animaux gras soumis à une longue abstinence.
Le chyle pur n'offre jamais, parmi ces fines particules, de véritables gouttelettes. Les nombreux observateurs qui en ont admis l'existence ont été trompés en examinant du chyle recueilli sur le cadavre, chyle qui, en s'échappant à travers la citerne incisée, entraîne une notable quantité de ces gouttelettes provenant du tissu adipeux adjacente
On peut trouver encore accidentellement, dans le contenu des chylifères, quelques autres éléments figurés, par exemple des bactéries articulées sur les animaux atteints de maladies charbonneuses, des bactéries granuleuses, des bactéries linéaires d'une seule pièce, et d'autres en chapelet sur les sujets septicémiques. C'est une observation que j'ai faite plusieurs fois, surtout chez les ruminants.