III. — Propriétés chimiques et composition du chyle
Le chyle, quel que soit le point du système lymphatique intestinal où on le prenne^ est, chez les herbivores comme chez les carnassiers, à toutes les périodes
(1) Milne Edwardi, Leçons de physioL et d'anaU camp, y t. VU, p. 170. G. couN. ^ Pbysiol. comp., 2« édiU u. <^ il
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de la digestion, constamment alcalin. Il doit cette réaction aux carbonates sodique et calclque, et il la conserve même au début de sa décomposition.
Ce liquide, exposé au contact de Tair ou agité dans un flacon d'une grande capacité, ne change pas sensiblement de couleur. L'oxygène n'y développe pas, contrairement à l'opinion d'Ëmmert, dont les partisans sont encore nombreux, de coloration rosée ou vermeille. 11 rougit seulement plus ou moins lorsqu'il a été pris dans le canal thoracique où il se trouve souvent associé à une petite quantité de sang. Si le chyle jouit, à un certain degré, de la faculté d'absorber l'oxygène, il n'éprouve, à son état de pureté, aucun changement par le fait.de cette absorption. Les observations contraires, dues à Tiedemann et Gmelin, s'appliquent au liquide mixte du canal ou de la citerne chargé par le reflux d'une certaine proportion de sang.
Les matières qui entrent dans sa constitution sont : l'albumine et ses différentes formes, la ûbrine, la caséine, les matières grasses, la dextrine et le sucre, des acides gj as volatils, l'urée, les matières extractives, le fer, des carbonates alcalins, du chlorure de sodium, etc. Elles s*y trouvent en dissolution ou en suspension dans une quantité d'eau qui oscille entre 9U2, 968 et même 996 millièmes.
L'albumine existe dans le chyle à difl'érents états et en proportions très-variables, généralement de 20 à 70 parties pour 1000. Lorsque le chyle défibriné est porté à une température voisine de l'ébullition, il donne de petits grumeaux ou des flocons déliés qui représentent l'albumine coagulable par la chaleur. Si, après l'avoir dé- |
pouillé de ces grumeaux par la filtration, on le traite par l'acide acétique ou par deux ou trois volumes d*alcool, il donne un nouveau précipité blanc albumineux. Le liquide, séparé du précipité, étant soumis à l'ébullition, fournit des pellicules caséiformes ; enfin, traité par l'acétate de plomb, les sels de mercure et d* aident, il laisse déposer l'albuminose ou les peptones. Ce principe azoté y est donc sous trois ou quatre formes : l'ocelle d'albumine coagulable par la chaleur; 2° d'albumine coagulable par les acides ou par l'alcool ; S"" de caséine donnant une pellicule par l'évaporatioE^; W* d'albumine précipitable par les sels métalliques : celle-ci s'y trouve dans la proportion de 6 à 8 millièmes.
La quantité de ce principe varie du simple au double ou au triple suivant les périodes de la digestion et la nature des aliments. Elle est très-grande quand le contenu de l'intestin est épais et riche en matières azotées, faible lorsque ce contenu est très-délayé ; au moins, c'est ce que j'ai constaté en jugeant des proportions de cette substance, soit par le volume du précipité albumineux que donnent les acides ou par celui du coagulum dû à l'action de la chaleur. Si quelquefois elle est faible pendant la digestion d'aliments riches en substances protéiques, c'est que le contenu de l'intestin est très-délayé ; si, enfin, la quantité d'albumine demeure assez considérable pendant la digestion des matières non azotées ou lors de l'abstinence, c'est qu'elle vient de la lymphe qui se mêle au chyle dans le canal thoracique, oii la plupart des observateurs ont l'habitude de puiser le liquide employé à leurs recherches.
La fibrine du chyle, molle, gélatineuse, est peu résistante, moins rétractile et moins élastique que celle du sang. C'est surtout dans le liquide des petits vaisseaux «^ lactés qu'elle se montre telle. Dans le chyle qui a traversé les ganglions, comme dans celui de la citerne, elle est plus ferme, plus tenace qu'elle ne l'était à l'origine