‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 59 sur 239 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

ITllSÉRAIRe DU CHYLE ET DE LA LYMPHE.

Les fluides blancs absorbés par les lymphatiques ont un long trajet à parcourir avant de se jeter dans le système sanguin qui lui sert de réservoir commun. Ce trajet peut se diviser en quatre étapes ou sections : 1^ les réseaux ou les parties radiculaires ; S"" les vaisseaux collecteurs ; 3^ les ganglions ; U^ enfin, le canal tho« racique. H s'agit de voir ici comment sont disposées ces quatre sections des voies lymphatiques.

A leur origine, les vaisseaux blancs sont constitués comme il a été dit plus haut, soit par des réseaux fins, soit par des capillaires arborisés tout à fait indépendants du système capillaire sanguin.

Ces réseaux, dont il importe de se faire une idée très-nette, existent dans la plupart des tissus. Ils sont irréguliers, à mailles de formes et de dimensions variées. Les capillaires lymphatiques qui les constituent ont, les plus petits, un diamètre de Il centièmes de millimètre, beaucoup moins encore, dit-on, à la cornée et dana quelques autres points; les plus grands atteignent le double ou le quadruple, soit 1 à 2 dixièmes de millimètre. Gonséquemment ils peuvent, dans les parties les plus rétrécies, admettre plusieurs globules de front. Ils ont déjà une forme irrégnlière avec des renflements, quoiqu'ils n'aient pas encore de valvules. C'est surtout dans

quelques organes, le poumon notamment, que leur aspect variqueux est (i*ès-prononce. On les ?oit présenter, de distance en distance, des prolongements en cul-desac, des sortes de cscum analogues à ceux qui se trouvent dans Taxe des villosités intestinales.

La flgure, la richesse et les dimensions des réseaux varient suivant les organes et les tissus. A la peau et aux muqueuses ils sont très-superficiels et étalés à la base des papilles qu'ils ne pénètrent pas. Leurs mailles sont larges en certains points, étroites dans d'autres; elles forment de$ anneaux autour des glandes comme autour des prolongements papillaires. Aux séreuses, même les plus minces, ils existent constamment en mailles étroites, arrondies, oblongues ou anguleuses en plus grande quantité dans le feuillet viscéral que dans le pariétal. Dans les muscles, ils sont à mailles laides, allongées, suivant le sens des faisceaux primitifs ; dans les glandesy ils circonscrivent les lobules et les canalicules excréteurs. Au rein, ils entourent les glomérules et les canaux urinifères. Partout ils sont entremêlés avec les capillaires sanguins, infiniment plus fins, qui pénètrent leurs mailles dans les sens 1^ plus divers. Leur richesse est généralement proportionnée, comme le fait remarquer M. Robin, à celle des derniers ; car, en ciïet, ils ont d'autant plus de matériaux à recueillir que les parties où \U naissent reçoivent une plus forte proportion de sang.

La situation des réseaux est manifestement subordonnée aux exigences fonctionnelles. A la peau et dans diverses muqueuses^ bien qu'ils se mêlent aux capillaires sanguins sous le corps de Malpigbi, ils se tiennent sur uu plan tout à fait externe. Leur réseau profond est fréquemment anastomosé avec le superficiel. Dans les séreuses, ils sont pour la plupart sous-jacents à l'épithélium, et, par conséqu^t, peuvent recevoir vile les matières venant de la cavité; ceux du tissu cellulaire profond rassemblent les matières qui ont échappé aux premiers. La répartition des lymphatiques, sous la forme de plans rapprochés des surfaces, est évidemment la mieux appropriée à la fonction absorbante des membranes. Une dispersion régulière suffit au milieu des tissus où il n'y a que du plasma interstitiel à Recueillir.

Lorsque les réseaux sont remplacés par des radicules arborisées, comme cela arrive, d'après les observations de Kôlliker, dans la queue des têtards, ces fins canaux sont également indépendants et fermés à leurs extrémités. Au point de vue physiologique, ils ne diffèrent pas essentiellement des réseaux ordinaires.

Quoiqu'il n'y ait plus de doute sur la disposition anatomique des réseaux et des radicules arborisées au point de départ des vaisseaux blancs, on ne sait pas, d'une manière très-certaine, si ces réseaux ou ces radicules sont les premières origines des lymphatiques. Divers observateurs, notamment ceux de l'école allemande, inclloent Si admettre que ces réseaux commencent soit dans les prolongements des cellules plasmatiques du tissu conjonciif, soit dans les lacunes de ce tissu et même dans les grandes cavités des séreuses. Mais leur continuité^ avec les prolongements des cellules plasmatiques n'est pas certaine, et l'existence d'une cavité dans ces prolongements n'est pas même bien prouvée ; leur abouchement dans les lacunes du tissu cellulaire par les fentes que laissent entre elles les cellules, leur communication avec la cavité des séreuses par des stomates capables de donner passage à plusieurs globules, sont des faits très-problématiques.

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Il est vrai que chez les vertébrés inférîetirs, les batraciens par exemple, les ori^ gines des lymphatiques sont de nature à faire croire à la possibilité de telles communications. Il y a chez eux, dit M. Milne Edwards (1), un vaste système de cavités irréguliôres communiquant les unes avec les autres, et ressemblant plus à des méats interorganiques qu*à des vaisseaux ordinaires. Autour des veines existent aussi des méals analogues ou des sortes de gaines larges que Muller a trouvées pleines de lymphe, méats qui communiquent avec des réservoirs plus vastes et avec les cavités lymphatiques. Mais cet ensemble de lacunes qui ont d*abord simplement pour parois la substance conjonctive et plus tard une couche épithéliale et des membranes contractiles, n'est qu*un élat imparfait dont peut-être les origines du système ne conservent que des traces chez les mammifères. S'il reste chez eux des aréoles irrégulières sans parois propres, comme paraissent Tétre les vacuoles qui, dans la villosité, donnent naissance aux chylifères, elles sont limitées, circonscrites, sans communications ni avec les grandes cavités ni avec Tcxtérieur ; enfin, elles constituent un ensemble clos à forme réticulée ou à forme radiculaire.

Les réseaux, ou les radicules d'origine des lymphatiques, n'ont aucune communication avec les vaisseaux sanguins. Les matières injectées à une pression modérée, par les 'artères ou par les veines, ne passent pas habititellement dans les lymphatiques. Mais les communications s'établissent aisément par des solutions de continuité, tant les parois vasculaires sont minces ; une pression un peu forte^ une secousse les produit, et sur l'animal vivant les embarras de la circulation peuvent y donner lieu. Kôlliker a vu, en effet, dans la queue des têtards, les globules sanguins passer sous Tinfliience de la gêne de la circulation, des vaisseaux sanguins dans les lymphatiques, probablement par le fait de déchirures aux parois vasculaires. R. Wagner a constaté^ en examinant au microscope le mésentère de petits mammifères, que la congestion intestinale donnait lieu à Tapparition d'un grand nombre de globules rouges dans les chylifères. Herbst a aussi fait surgir ces globules en très-grande quantité dans la lymphe, en augmentant la pression sanguine par Ma transfusion. Normalement, ce qui passe des vaisseaux sanguins dans les lymphatiques y passe en traversant leura parois et par une transsudalion régulière, sans qu'aucune communication directe soit nécessaire.

Le système lymphatique est donc, dès-son origine, un système indépendant qui ne peut rien recevoir directement du i^stème sanguin, et dans lequel les liquides doi\^ent aussi se mouvoir indépendamment des forces qui donnent l'impulsion au sang.

Cependant comme le système lymphatique a parmi ses rôles divers celui de reprendre par endosmose ce que le sanguin a laissé échapper par exosmose, il a avec ce dernier des rapports qui méritent la plus grande attention. En effet, ses réseaux sont enlacés avec les capillaires sanguins ; ses mailles en sont traversées dans tous les sens. Il y a plus, chez les poissons et les batraciens notamment, comme aussi dans le rein et dans le poumon des mammifères, les capillaires lymphatiques sont adossés aux capillaires sanguins et aux artérioles. Dans les points où ils se trouvent juxtaposés, le lymphatique entoure à demi ou aux trois quarts le vaisseau sanguin.

(1) Milne Edwards, Leçons sur la physiol, et i'anat, comp., t. IV, p. â62.

Là il Y a plus qu'adhérence intime, car les parois accolées se confondent en une seale, et c'est à l'opposé que ces parois prennent des fibres élastiques et des fibres musculaires. Il en résulte qu'une partie du plasma sanguin peut, en \erlu des lois de l'osmose, passer des capillaires et des artérioles dans les lymphatiques sans s'épancher, en passant, dans la trame des (issus.

Dans les centres nerveux de l'homme, comme sur le bœuf, le mouton et les carnivores, les lymphatiques forment, d'après les observations de M. Robin (1), une gaîne complète aux capillaires sanguins les plus petits et aux artérioles, dont le dia-^ mètre ne dépasse pas 1/2 millimètre. I^ tube sanguin est là inclus dans un large tube lymphatique, et entre la paroi externe du premier et l'interne du second existe un espace plein de lymphe et de noyaux. Le tube lymphatique serait, dans ces conditions, d'abord simplement constitué par une substance homogène légèrement striée longitudinalemcnt ; il offrirait, d*après His, une couche épiihéliale à partir des points où il arrive à des dimensions considérables,

La constitution des vaisseaux lymphatiques dans les réseaux ou les radicules d'origine n'est pas établie avec une entière certitude. D'après Brucke, ils seraient là sous forme de lacunes, de simples trajets sans parois propres ; suivant KoUiker, ils auraient une paroi amorphe, transparente, semée de noyaux à ^a face interne ; enfin,- pour M. Robin, ils seraient simplement formés par une couche de cellules épithéliales exactement appliquées par leurs côtés de manière à ne laisser aucune ouverture. Mais physiologiquement cela importe peu; car, dans tous les cas, la cavité est close soit par une paroi propre, soit par une condensation de la substance dans laquelle la cavité est creusée; les trajets sont définis, délimités, ils servent à la lymphe exclusivement : la lymphe ne peut en sortir pour entrer dans ceux du sang, et le sang ne peut s'échapper des siens pour passer dans les autres.

La lymphe dans les réseaux d'origine ne saurait être observée directement avec autant de facilité que le sang dans les capillaires. Son défaut de coloration, et la délimitation vague, souvent insaisissable des lymphatiques, rend de telles observations un peu confuses. Elle peut, sans aucun doute, se mouvoir dans les réseaux suivant les sens les plus divers, sous des impulsions extérieures changeantes; elle doit osciller librement jusqu'au moment où elle s'engage dans les petits vaisseaux qui émergent des réseaux, vaisseaux où les valvules commencent à apparaître dès qu'ils ont, disent les micrographes, un diamètre de 5 centièmes de millimètre.

Une fois que des lymphatiques un peu volumineux se sont détachés des réseaux fins et invisibles, leur texture devient plus saisissable et plus complexe : à la paroi amorphe ou épithéliale s'ajoutent des fibres conjonctives, des fibres élastiques et musculaires qui forment bientôt des membranes nouvelles. Dès lors, leur perméabilité diminue: tout en conservant l'aptitude à Tabsorptiou, ils prennent le caractère de tubes collecteurs chargés d'imprimer une impulsion énergique à la lymphe et de lai faire suivre une marche régulière vers les centres. C'est à compter des points où les canaux collecteurs deviennent visibles à l'œil

(f ) Ch. Robin, Rechercher sur quelques particularités de la structure des capillaire? de Ven^ céphale (Journal de la physiol,^ 1859, p. 537).

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nu que la marche des fluides blancs peut être observée avec une certaine facilité jusqu'aux ganglions, et de ceux-ci ad canal ihoracique ou au tronc lymphatique droit. Nous allons suivre ces fluides chez les solipèdes et les ruminants pris pour types.

Commençons par les vaisseaux des extrémités.

Dans les membres postérieurs, les lymphatiques commencent à dévenir apparents sur les côlés des articulations phalangiennes. Çn dehors, 11 existe habituellement deux vaisseaux qui s'élèvent du niveau de la première phalange, en suivant la direction de l'artère et de la veine plantaire. L'un d'eux, plus grand que l'autre» reçoit à diverses hauteurs plusieurs branches collatérales, dérivées pour la plupart de la peau, des synoviales tendineuses et articulaires, puis il croise en avant du tarse, le tendon de l'extenseur antérieur des phalanges, la bride de renforcement de l'aponévrose tibiale, et arrive enfin se réunir aux nombreux lymphatiques du plexus de la saphène. L'autre vaisseau externe, qui devient bien visible vers la partie moyenne du métatarse, se dirige en avant de l(i tubérosité externe et inférieure du tibia pour longer un instant la bride de renforcement de l'extenseur antérieur des phalanges, et devenir satellite plus ou moins éloigné de la veine saphène. En dedans de la même région, on voit s'élever aussi deux lymphatiques de 2 à 3 millimètres de diamètre. Le premier, déjà visible vers les grands* sésamoîdes, s'accole à la veine plantaire interne, arrive avec elle en avant du tarse, passe sous les brides aponéyrotiques et gagne la face interne de la jambe et de la cuisse. Le second, assez grand et très-superficiel, demeure éloigné de la veine, bien qu'il vienne concourir à la formation du remarquable plexus qui suit le trajet de cette dernière. Ces vaisseaux, parvenus à la face interne de la jambe, sont accompagnés d'autres lymphatiques plus petits et très-nombreux, qui s'élèvent de diverses hauteurs parallèlement les uns aux autres, soit immédiatement au-dessous de la peau, soit entre les apoiiévixises et les muscles les plus superficiels. Ils forment là, par leur ensemble, le plus beau plexus lymphatique sous-culané qui existe dans l'économie. A mesure qu'ils montent à la face interne de la cuisse, on les voit augmenter de diamètre, devenir moins nombreux et se rapprocher de la saphène. Lorsque cette veine s'enfonce dans l'interstice compris entre le long et le court adducteur, ils se trouvent réduits à six ou huit branches du diamètre de plumes de corbeau, qui se glissent avec elle entre les muscles, et se ramifient bientôt dans les ganglions inguinaux profonds. Parfois il en est quelques-uns qui s'élèvent un peu plus que la veine et gagnent seuls le groupe ganglionnaire, ou accolés avec un filet détaché du nerf.

Tous les lymphatiques superficiels nés sur les côtés du jarret et de la jambe ne restent pas étalés au-dessous de la peau et des aponévroses : il en est un certain nombre qui s'engagent dans les interstices musculaires pour suivre le trajet des veines tibiales, antérieure et postérieure. Ceux-ci se réunissent aux lymphatiques profonds, satellites de ces veines, et ne tardent pas à traverser, au-dessus des con* dyles du fémur et en arrière de l'origine de l'extenseur du métatarse, on groupe de quatre ou cinq ganglions arrondis, brunâtres et fermes, connus sous le nom de ganglions poplitns. Au delà de ce premier amas ganglionnaire, les vaisseaux, nés pour la plupart dans les muscles tibiaux postérieurs, le long vaste et ses congénères»

se rassemblent en avant de Fartère fémorale, entre elle ei la veine, de même que sur ses cotés; ils s'élèvent, au nombre de six à huit, vers Textrémité supérieure du fémur, et abordent les ganglions inguinaux profonds dans lesquels passent tous les satellites de la veine saphène.

Les ganglions inguinaux profonds, au nombre de quinze à vingt sur les solipèdes, forment un grou|}e allongé sous Taponévrose crurale, entre les deux adducteurs de la jambe, immédiatement en avant de la veine et de Tarière fémorales. Les lymphatiques qui les traversent ne se distribuent point individuellement dans tous : les premiers qui s*y rendent se ramifient dans les ganglions inférieurs, et ceux qui viennent eiïsuite en font autant dans les ganglions de plus en plus élevés sur le trajet de la veine fémorale. Les ramifications des vaisseaux blancs y sont très-larges ei facilement perméables aux injections, car les petits lobes ganglionnaires sont mous, jaunâtres, pleùformes à la surface et celluleux à l'intérieur; disposition qui contraste avec celle des ganglions popiités dont la consistance, la densité et la teinte cendrée semblent indiquer une perméabilité peu prononcée, telle qu'elle existe du reste dans les ganglions placés les premiers sur le trajet des vaisseaux lymphatiques. Ils manquent chez les grands ruminants. ,

Les vaisseaux des parois inférieures de Tabdomen, en dehors de la tunique abdominale, ceux du fourreau, du pénis et des enveloppes testiculaires chez le mâle, des mamelles chez la femelle, se portent, en décrivant des flexuosités nombreuses, vers les ganglions inguinaux superficiels rassemblés en avant du pubis et près de X Torifice inférieur du trajet inguinal. Ils les traversent, puis se rassemblent au delà du groupe en six ou huit troncs accolés les uns aux autres, et répartis inégalement en avant et eu arrière des vaisseaux sanguins. Les plus petits, situés généralement en avant de ceux-ci, sont les plus nombreux. Les plus grands, du diamètre d'une plume à écrire, sont énormément développés sur les mâles entiers et les femelles qui allaitent; ils s'engagent tous ensemble dans le trajet inguinal, et, parvenus à une certaine hauteur dans ce canal, ils s'unissent aux lymphatiques qui sortent des ganglions inguinaux profonds, se ramifient en partie dans ces derniers, pour se porter ensuite dans la cavité abdominale, en suivant la direction des troncs iliaques

externes.

Les lymphatiques d'une partie de la face antérieure de la cuisse, de la face externe et d'une certaine étendue de la croupe, se dirigent vers un petit amas ganglionnaire noyé dans le tissu fibro-graisseux de la partie antérieure de la cuisse, et à la surface du fascia-lata. Ce groupe, peu important chez les solipèdes, est souvent remplacé chez le bœuf par un gros ganglion brunâtre, allongé, très-dense, comme la plupart des ganglions de ce ruminant. 11 correspond évidemment aux ganglions iliaques externes de l'homme, des singes et des carnassiers. Les lymphatiques qui l'ont traversé deviennent a^sez larges en s'accolant à une branche de la circonflexe iliaque et à sa veine satellite: ils remontant avec ces vaisseaux à la face interne du fascia, pénètrent dans la cavité abdominale, et abordent avec la circonflexe les ganglions sons-lombaires.

Ainsi, la lymphe des extrémités postérieures, rassemblée par des vaisseaux profonds, satellites des artères et des veines et par une infinité d'autres vaisseaux siiperficiels répandus surtout à la face interne des membres, traverse donc plusieurs

^l'abdomen. Celle des vaisseaux projHe la parlie inférieure des membres Inns les ganglions poplilés, puis de Ik [b ganglions inguinaux de l'arcade cral^ledesTaisseaut superncicls, dupied, imbc, d'une partie de la cuisse, se

|liiectcmeni dans ces deruiers gau-

^(Tâ* celle des organes géuilaui externes,

i^fmellcs, d'une partie des itarois de

iSnB'te», aborde les ganglions inguinaux

.Qivfiels; enrm la lymplie de la hce

"lire de la cuisse et d'une parlie de la

tiKI vient traverser les ganglions pré-

iltPFi pt"'*' passer de là dans l'abdomen

|rM»*ouveriures que franchissent la cir-

iliaciue el quelques autres branches

ic pelvien. Il faut maintenant suivre

mphe au delîi des premiers ganglions

vers le point de départ du canal tho-

cl en môme [cin|)s voir le trajet de

JÇl^i émane des parties profondes de la

.Ji^bi du bassin et des parois abdominales.

^^^ l'boninie, les lymphatiques des

"-'—^-•s abdominaux oiïrent dans leur

le une disposilioa analogue à celle

jôsle chez nos grands herbivores do-

^kkSÏûes. Le plexus superficiel de la face

â^ïâgb aboutit aux ganglions inguinaux qui

'"giulliplcs, comme le montre la li-

réduclion de c«lle de Alascagni.

'Vaisseaux blancs, qui naissent dans

Évades profonds de la croupe, autour •^•■"Ëuc, à l'exlérieur du bassin, dans -n-v-tt«>E pelvienne, s'accolent aux aitéres et 'S'^p^^ues fessières, iscbia tiques, iliacoi^^naires, ischio-sacrées, et parviennent, ~ 'ani le m«me trajet que ces veines, ganglions sous-Jonibaires ; mais ils t difliciles à suivre â travers les par- Frilit traversent; d'autant que, n'ayant itors rencontré aucun ganglion, ils laent pas un diamètre bien consi-

ilymphatiqnes lorlaut des ganglions

inguinaux superficiels et profonds, après s'ôtre rassemblés ?ers le haut de Taricade crurale en deux ou trois troncs volumineux, suivent le trajet de l'artère iliaque externe et de sa veine satellite jusqu'au point où elle se jette dans le tronc de la \eine cave. Là ils se divisent dans les ganglions sous-lombaires avec les lymphatiques venus directement du bassin, ceux du cordon testiculaire, de l'utérus, des ovaires, et avec les vaisseaux émanés des ganglions cruraux.

Ces ganglions sous-lombaires^ très-nombreux et d'un volume considérable, sont groupés sur les côtés de l'aorte et de la veine cave, et en dessous de ces vaisseaux, depuis l'extrémité antérieure du sacrum jusqu'au niveau de la grande mésenlérique; ils sont traversés par tous les lymphatiques qui viennent se terminer à la naissance du canal thoracique.

Chez les solip^dcs, le premier, en commençant d'arrière en avant, c'est-à-dire en suivant le cours de la lymphe, est impaire! placé sur la ligne médiane dans le sinus de l'angle formé parla séparation des deux iliaques internes : il reçoit principalement les lymphatiques qui accompagnent les artères sous-sacrées, et quelques divisions musculaires de la croupe. Le second ganglion, pair, comme la plupart des autres, situé immédiatement sur le côté de l'aorte, entre le tronc crural et le tronc pelvien, reçoit les lymphatiques dérivés des ganglions inguinaux superficiels et profonds, et ceux des ganglions cruraux. Ces derniers vaisseaux se divisent avant de l'aborder, puis le pénètrent à son extrémité postérieure, et en sortent pour passer de là dans les ganglions plus rapprochés du réservoir sous-lombaire. Le troisième ganglion volumineux de la région accolé à l'aorte, en avant de l'iliaque externe et à Torigine de la circonflexe, reçoit les branches qui sortent du précédent et les trois ou quatre lymphatiques qui rampent autour de l'artère et de la veine circonflexe, . vaisseaux dérivés des ganglions pré-cruraux et des parois latérales de l'abdomen. Enfin un nombre assez considérable d'autres sont disséminés sur les côtés de l'aorte, à sa face supérieure et en dessous de la veine cave. Leur volume, leur forme, leur situation respective et leur nombre n'ont rien de bien déterminé, et jamais ceux d'an côté n'aflectent la même disposition que ceux du côté opposé.

Tous ces ganglions, les uns jaunâtres, les autres plus ou moins rosés, sont, chez les solipèdes, excessivement mous et susceptibles de se gonfler à divers degrés. . Les plus grands montrent à leur surface et dans leur épaisseur les ramifications des lymphatiques qui y arrivent et qui en sortent. Les moins grands, et surtout les plus rapprochés de la citerne, sont rosés, très-mous, plexiformes au plus haut degré, et formés, à proprement parler, par des lymphatiques sinueux accolés ou pelotonnés ensemble. Aussi, quand ils sont distendus par la lymphe ou par les matières à injection, ils doublent et même triplent de volume, en montrant nettement leur texture réelle.

Il est à remarquer, du reste, et ceci a une importance capitale sous le rapport de la progression de la lymphe, que les vaisseaux qui se rendent aux ganglions ' sons-lombaires ne s'y résolvent pas complètement en divisions ténues, desquelles naissent ensuite des branches de plus en plus grandes, comme on le voit dans la plupart des ganglions, et notamment dans ceux que les vaisseaux travei^nt pour la première fois. Les lymphatiques, en arrivant à ces ganglions, leur donnent des brandies qui s'y divisent jusqu'à une extrême ténuité, puis les traversent par des

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rameaux énormes, de telle sorte qu'une partie de la lymphe charriée par ces vaisseaux passe directement des afférents dans les effércnts, sans traverser le parenchyme ganglionnaire. Aussi les matières à injections, même les plus grossières, passent-elles avec facilité des vaisseaux de Tarcade crurale, par exemple, dans le canal tboracique. De même, Tair que Ton Insuffle dans ces derniers ne tarde pas à distendre les ganglions, puis à passer dans la citerne et à parvenir dans le système veineux par Tintermédiaire du canal thoracique. On conçoit, d'après cela, la possibilité de tuer les animaux en poussant de l'air par les vaisseaux qui offrent une telle disposition.

Chez les ruminants, les animaux carnassiers et les singes, les ganglions souslombaires ne présentent plus les mêmes caractères. Ceux du bœuf sont compactes, brunâtres, bien circonscrits. Le premier, et le plus grand de tous, est aplati, discoïde, échancré en avant, au point d'où se détachent les cfférents. Il occupe l'espace triangulaire laissé entre la circonflexe iliaque et le tronc crural. Les autres, situés en avant de celui-ci, autour de l'aorte et de la veine cave, reproduisent, soui de moindres proportions, les particularités distinctives du premier.

Des ganglions sons-lombaires, de chaque côté, s'échappent deux ou trois grosses branches, qui se réunissent souvent en une seule, longue d'environ 10 à 12 centimètres depuis son point de départ jusqu'à sa jonction avec l'origine du canal thoracique.

Le vaiâseau des ganglions droi.s passe au-dessous de la veine cave, entre elle et l'aorte, vient s'anastomoser assez souvent avec des branches du côlon flottant, et s'ouvre dans le canal thoracique au niveau de la deuxième vertèbre des lombes, immédiatement en arrière de la Veine et de l'artère rénales droites. Le vaisseau des ganglions gauches, accolé à l'aorte, passe tantôt au-dessus d'elle, tantôt au-dessous, pour se terminer au même point que le précédent, avec lequel il se met en rapport dans une étendue de 2 à 3 centimètres. Parfois les branches émanées des ganglions lombaires, au lieu de se rassembler en deux vaisseaux principaux, un de chaque côté, restent distinctes et marchent accolées en formant deux faisceaux, qui s'ouvrent dans la citerne au lieu ordinaire. Enfin, dans quelques cas, ces vais- . seaux viennent s'aboucher dans une grosse branche en arrière de la grande mésentérique, et apportent à la citerne la lymphe du côlon replié avec une partie du chyle de l'intestin grêle.

Après avoir amené à la naissance du canal thoracique la lymphe des diverses parties des membres postérieurs, du bassin, des organes génitaux et des parois abdominales, il faut aller chercher celle des viscères digestifs, puis la conduire de même à ce qu'on appelle depuis longtemps le réservoir sous-lombaire.

La lymphe des dernières parties du gros intestin, c'est-à-dire du rectum et du côlon flottant, est rassemblée par plusieurs vaisseaux qui sillonnent le mésentère de ces deux sections du tube digestif. Ceux du pourtour de l'anus passent déjà à travers deux ganglion^ placés à la base de la queue, de chaque côté du sphincter. Ceux de la partie antérieure du rectum se glissent, en décrivant des flexuosités, au-dessus de la branche horizontale de la petite mésentérique et viennent, au nombre de cinq ou six, traverser un petit amas ganglionnaire placé tout près du tronc de celte artère. Les lymphatiques nés des divers points du côlon flottant traversent,

en sortant des toniques intestinales, les nombreux ganglions qui se trouvent à rinsertion du mésentère, entre les arcades artérielles et veineuses et la bande charnue du bord concave [de cet intestin. Ils remontent ensuite entre les deux lames du mésentère, soit en suivant les vaisseaux sanguins, soit en serpentant dans leurs intervalles. Chemin faisant, quelques-uns de ces lymphatiques se jettent encore dans des ganglions arrondis, inégalement espacés sur le trajet des divisions de la petite mésentérique. La plupart se rassemblent vers l'origine de cette artère pour se réunir en plusieurs branches anastomotiques avec les divisions des ganglions soos-iombaires. Quelques-uns, notamment les plus antérieurs, s'unissent aux vaisseaux lymphatiques du côlon replié, et concourent ainsi à la formation de Tune des grosses branches intestinales qui s'ouvre dans la citerne du chyle.

Les lymphatiques du côlon replié et du caecum alTectent une disposition fort remarquable. Ceux du côlon replié, nés pour la plupart dans le tissu de la membrane muqueuse, se dirigent tous vers les artères et les veines coliques près desquelles ils traversent quelques petits ganglions disséminés à Torigine des branches collatérales des artères coliques droite et gauche, puis se rendent à d'autres ganglions très-nombreux rangés en une double chaîne sur le trajet des grands vaisseaux, et à l'attache du frein péritonéal qui unit l'une à l'autre les deux parties de cet intestin. Les petits lymphatiques, à mesure qu'ils sortent des ganglions, se rassemblent pour former d'abord deux ou trois vaisseaux qui longent les artères, leurs veines satellites et leurs nerfs. Ils reçoivent, sons des angles très-aigus, les branches qui émanent successivement des diverses granulations de l'une des deux chaînes. Les branches qui naissent dans des points plus rapprochés de l'origine des artères coliques augmentent graduellement de diamètre et de longueur, elles ne viennent se terminer aux grands vaisseaux lymphatiques qu'après avoir rampé près d'eux sur un trajet assez étendu. Bientôt quelques-unes d'entre elles marchent parallèlement à ces derniers, et forment des troncs nouveaux qui, à leur tour, grossissent comme les autres par l'adjonction de ramifications collatérales. Enfin, vers la naissance des deux artères du côlon replié, les dix à douze lymphatiques qui les suivent parallèlement se plongent dans de nouveaux ganglions, et en sortent sous forme de gnKsses branches très-courtes, dont la réunion à celles des vaisseaux de l'intestin grêle donne naissance aux deux troncs par lesquels la lymphe et le chyle sont versés dans le réservoir sous-lombaire.

Les lymphatiques du caecum se rassemblent, comme ceux du côlon replié, sur le trajet des deux artères caecales et de leurs veines satellites. Ils se plongent aussi dans deux chaînes ganglionnaires, et donnent naissance à de longs vaisseaux qui aboutissent au même tronc que ceux de l'intestin grêle.

Les vaisseaux blancs qui puisent dans l'intestin grêle le chyle et la lymphe sont plus multipliés que dans aucune des autres parties de l'économie. Après s'être dégagés do tissu des villosités dans lesquelles naissent, comme nous l'avons vu, leurs principales racines^ ils traversent la muqueuse et la membrane charnue pour se rendre entre les deux lames du mésentère. Là, d'abord nombreux et très-petits, ils s'anastomosent les uns avec les autres, en diminuant de nombre et en prenant on diamètre plus considérable, sans jamais arriver h de grandes proportions. Parvenus à 1 ou 2 décimètres au-dessous des ganglions, ils sont réduits au nombre de 6. coLiif. — Physiol. coinp.,2'édit. lu — 12

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quatre à cinq cents canaux rapprochés, pour la plupart parallèles entre eux et avec les vaisseaux sanguins. Dès qu'ils abordent les vingt-cinq à trente ganglions groupés vers la naissance des artères de Tintestin grêle et les quinze à vingt petits ganglions de Tiléon, ils s*y divisent, puis en sortent à Tétat de grosses branches, dont Tensemble concourt à la formation des deux troncs intestinaux dont nous avons déjà parlé. Ces chylifères ne traversent pas d'autres ganglions, car ceux que certains anatomistes décrivent au bord concave du petit intestin sont imaginaires.

Les lymphatiques de Teslomac se rassemblent vers les courbures du viscère. Il en est un grand nombre qui vont se plonger dans les gros ganglions de la petite courbure, entre le cardia et le pylore, entre l'extrémité de l'oesophage et la tuberosité gauche. Les autres se dirigent vers les petits ganglions disséminés sur la grande courbure, h l'attache de Tépiploon spléno-gastrique. Tous se rassemblent sur le trajet des artères et des veines gastriques, remontent au niveau de la grosse tubérosité, vers le tronc de la caeliaque. Là ils s'anastomosent avec ceux qui dérivent de la rate et du foie, et se réunissent en plusieurs branches Pezueuses, qui s'ouvrent directement les unes dans le canal thoracique, les autres après s'être confondues avec le tronc antérieur des lymphatiques intestinaux.

Ceux de la rate, nés les uns dans la profondeur du viscère, les autres à sa surface, se dirigent vers l'artère et la veine spléniques; ils traversent plusieurs groupes de ganglions disposés sur le trajet de ces vaisseaux, à partir du milieu de la longueur de la scissure; remontent au nombre de cinq ou six vers l'origine de l'artère en formant un peloton sinueux dont les divisions, anastomosées avec celles de l'estomac et du foie, s'abouchent d'une part dans le tronc antérieur des lymphatiques de l'intestin, et d'autre part dans un magniCque plexus communiquant directement avec le canal thoracique.

Enûn les lymphatiques du foie, observés pour la première fois par Yeslingius, forment un réseau très-serré à la surface et un lacis dans l'intérieur du parenchyme. Ils se rassemblent vers la scissure postérieure, se plongent d'abord dans un premier groupe ganglionnaire fort petit, puis dans un second groupe dé ganglions volumineux, arrondis, cachés entre le tronc de la veine porte et le pancréas. Ruyscb en a donné pour le cheval une figure que Blasîus et d'autres auteurs ont reproduite. Leur abouchement est commun à celui des vaisseaux de l'estomac et de la rate.

Ces nombreux lymphatiques, dérivés des viscères abdominaux, concourent avec ceux des extrémités postérieures à la formation du canal thoracique qui conduit le chyle et la plus grande partie de la lymphe dans le système veineux. Considérons donc d'abord ce canal à son point de départ, avant de le suivre jusqu'à sa terminaison.

Au-dessus de l'aorte, au niveau du corps de la deuxième vertèbre des lombes, entre les deux piliers du diaphragme, les lymphati(|ues des extrémités postérieures et des viscères de l'abdomen, viennent s'ouvrir dans une ampoule très-large, aplatie, irrégulière, qui prend une forme cylindrique et se dévie à droite en pénétrant dans la cavité thoracique. Cette ampoule, à parois fort minces, presque transparentes, adhère intimement en haut avec le ligament vertébral commun infé-

rieur, en bas avec l'aorte, et sar ies côtés avec les teodons d'origine des piliers <Liapbragmatiqoe8. Elle reçoit en arrière les vaisseaux lymphatiques des ganglion lombaires, à gauche les deui troncs terminaux des chylifères et des lymphatiques, tant du gros intestin que de l'estomac, du foie et de la rate, enûn^ à droite, quelques petites branches provenant de ces trois derniers organes.

Les vaisseaux lombaires, multiples à leur départ des ganglions qu'ils ont traversés •en dernier lieu, unissent par se réunir de chaque côté, le plus souvent en une ou deux branches, dont la jonction avec la citerne a lieu tantôt directement, tantôt par l'intermédiaire du tronc lymphatique intestinal postérieur, ou même, dans certains cas, par ces deux modes réunis, car il est fréquent de voir le vaisseau lombaire droit s'ouvrir dans la citerne, tandis que le gauche s'abouche dans le tronc doi>t je viens de parier.

Ce tronc lymphatique intestinal postérieur, qui résulte de la fusion d'une partie des vaisseaux du côlon et de l'intestin grêle, naît à gauche des divisions de la grande mésentérique, se porte en arrière de l'origine de cette artère^ croise la -direction de l'aorte, s'engage entre elle et la veine cave, en arrière de l'angle droit 4u pancréas, de l'artère et de la veine rénale droite, puis se recourbe de manière ^ décrire un arc à concavité antérieure, enfin s'insère au confluent de la citerne. Il arrive souvent que ce vaisseau, dont le diamètre moyen est de 1 centimètre ^ 1 centimètre et demi, se dilate un peu avant sa terminaison, de manière à former «ne ampoule ovoïde innominée, que l'on trouve fréquemment pleine de chyle ou 4e lymphç après la mort.

Le tronc intestinal antérieur, habituellement plus considérable que le précédent, amène une partie du chyle de l'intestin grêle, et une certaine proportion de la lymphe du gros intestin^ de l'estomac, du foie et de la rate. A partir de sa naissance, qui a lieu à gauche du faisceau de la grande mésentérique, il se dirige en avant de celle-ci, passe entre elle et la cœliaque, puis se recourbe brusquement en arrière, s'applique en dehors sur le pilier droit du diaphragme qui le sépare de l'aorte, croise presque à angle droit la direction du cordon splanchnique du.grand sympathique, passe au-dessus de la veine et de l'artère rénale droite, en arrière desquelles il s'abouche dans la citerne. Cette branche, longue de plus de 1 décimètre, depuis le point où elle reçoit les satellites de la cœliaque jusqu'à son insertion à droite de l'aorte et de la citerne, se tipuve habituellement renflée en avant de l'origine de la grande mésentérique. L'ampoule qu'elle offre en ce point, étant le confluent des vaisseaux de l'estomac, du foie et de la rate avec ceux d'une partie <de l'intestin, peut être considérée comme une citerne accessoire dont le volume -égale il peu près celui d'un œuf de perdrix.

Enfin les petites branches sinueuses qui dérivent du voisinage de la cceliaque s'ouvrent à gauche de la citerne par plusieurs orifices, et à 7 ou 8 centimètres en avant du confluent des branches lombaires et intestinales.

Le réservoir sous-lombaire, ou le réceptacle du chyle ainsi constitué est trèsgrand, et d'une complication remarquable chez les animaux solipèdes. C'est une vaste ceUule allongée, aplatie, accolée à l'aorte et au corps des deux premières vertèbres des lombes. Sa cavité, anfractueuse, diverticulée et divisée par des brides, se dilate à droite au niveau du confluent et eu avant de ce point pour

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donner naissance au canal ihoraciqoe; elle se dilate de la même manière h gauche, quand il y a là un second canal plus ou moins exactement semblable' au premier. Les variétés de configuration qu'elle peut offrir sont fort nombreuses, ainsi que Findiquent les figures des pages suivantes, qui représentent les principales. La figure élégante que Ruysch a donnée do réservoir sous-lombaire du cheval ne reproduit ni Fétat normal, ni aucune de ses variétés, car l'illustre anatomiste, peu familiarisé sans doute avec Inorganisation des solipèdes, a pris une des grosses branches qui aboutissent au réceptacle du chyle pour ce réceptacle lui-même (1). .

Chez le bœuf, les afférents du canal thoracique n'ont pas la même disposition que chez les solipèdes. Les chylifères el les lymphatiques du gros intestin, dès qu'ils arrivent au mésentère, traversent des ganglions compactes, brunâtres, dont quelques-uns ont une longueur de. 20 à 30 centimètres, puis en sortent peu nombreux, avec un diamètre considérable, se réunissent progressivement en un tronc volumineux, qui s'accole à l'artère et à la veine grande mésentérique, la seule qui existe. Ce canal, qui, à mesure qu'il s'élève, grossit par l'adjonction de nouvelles branches, passe avec la mésentérique à gauche de la partie antérieure du cascnm, de la première partie du côlon et de plusieurs anses d'intestin grêle, sous le pancréas. Arrivé en arrière du foie, il reçoit une branche considérable pourvue de plusieurs ampoules ovalaires, résultant de la fusion des lymphatiques de l'estomac, du foie et de la rate. Cependant quelquefois cette branche parvient directe* nient à la citerne sans se réunir au canal dont nous parlons. Celui-ci, parvenu à 1 décimètre ou seulement à quelques centimètres de l'aorte, se divise en deux branches, l'une qui se dirige en arrière et reçoit, au bord supérieur de l'aorte, le tronc commun des vaisseaux lombaires; l'autre, qui se glisse en avant, gagne le niveau du corps de la première vertèbre lombaire et vient, en se réunissant à la première, former une arcade ou une couronne autour de l'artère et de la veine rénales droites. De la partie antérieure de cette couronne, se détache, par un renfiement plus ou moins prononcé, l'origine du canal thoracique. Mais assez souvent il n'en est pas ainsi : la branche dérivée des cstomaas, du foie et de la rate, se porte directement à la citerne; la branche intestinale s'y porte aussi, en arrière de la précédente, après avoir donné un rameau rétrograde qui s'anastomose avec le tronc des vaisseaux lombaires, lequel suit 1q bord supérieur de l'aorte pour se joindre au confluent des deux branches susdites. Ici encore, il y a une arcade autour de l'artère rénale droite.

Chez les petits ruminants, la chèvre et le bélier, par exemple [fig. 112), la disposition d'ensemble des afférents de la citerne de Pecquet est à peu près semblable à celle qui existe dans le bœuf. Les vaisseaux sous-lombaires qui, à l'entrée du bassin, forment deux branches, ne tardent pas à se réunir en un tronc très-valvuleux, long de 1 décimètre, passant au-dessus de l'aorte pour se rendre à la citerne. Le canal chylifère, satellite de la mésentérique, arrivé à trois travers de doigt de l'origine de cette artère, se divise en six à huit branches parallèles accolées ensemble, qui se séparent en deux faisceaux, venant finalement s'ouvrir dans le ré-

• {1) Voyez celte planche dans Oerardi Rlasii, Anaiome animalium^ 1681, p. 378.

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