DIRECTION DES GOURANTS LYMPHATIQUES
La lymphe dans les réseaux peut évidemment se mouvoir suivant les directions, les plus variées. L^mpulsion a tergo^ qui dans les racines des plantes dirige forcément vers la tige la sève ascendante, tend ici à disséminer d'abord les liquides dans les réseaux et conséquemment à les remplir. Comme ces réseaux sont parallèles aux surfaces de la peau, des muqueuses, des séreuses, la lymphe peut s'y disperser en suivant dans son ensemble une direction qui n'est plus forcément celle des molécules entrantes. Les particules qui arrivent en un point quelconque * peuvent continuer leur trajet dans leur direction initiale ou en même temps s'étaler
(1) MUne Edwards, t. IV, p. 512.
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eu rayonnant vers loutes les parties d*un cercle qui aurait pour centre le lieu de leur entrée. Mais^ en fin de compte, les molécules parvenues aux réseaux, poussées par les nouvelles introduites derrière elles, sont sollicitées à former un courant dans le sens des vaisseaux qui émergent des réseaux, et c'est à compter de leur entrée dans les collecteurs qu'elles peuvent prendre une direction constante. Il se passe là ce qui arrive pour les molécules d*eau d*uné source, qui se rendent par infiltration dans uu bassin ou une nappe. Elles peuvent s'y mouvoir d'abord en tous sens; la direction de leur mouvement ne devient fixe qu'à leur entrée dans le courant de déversement. Sous ce rapport, il y a contraste entre les premiers courants lymphatiques et ceux des capillaires sanguins. Dans ces derniers, l'impulsion artérielle force le sang à se diriger uniquement vers les veines : les veines seules en sont afférentes, tandis que sont afférei^ts, sans aucune distinction, tous les vaisseaux qui naissent des réseaux lymphatiques.
La faculté que possèdent les particules liquides de se mouvoir en tous sens dans les réseaux a pour résultat de leur permettre de s'échapper par toutes les voies libres, proportionnellement à l'étendue de ces voies et aux facilités qu'elles trouvent à s'y engager.
Mais une fois que les lymphatiques nés dans les réseaux acquièrent un diamètre de 3/10"* de millimètre, et même bien avant de l'acquérir, dans l'intestin, d'après Brflcke, la direction des liquides est rigoureusement fixée par suite de la présence des valvules, du petit nombre et du mode spécial des communications collatérales entre les vaisseaux voisins.
Les valvules, dont on doit la découverte à Rudbeck, et la description complète à Ruysch, sont, comme on le sait, des replis de la membrane interne que renforcent même des prolongements de la tunique moyenne et qu'une couche d'épilhéliufm tapisse. Elles naissent deux à deux, en regard l'une de l'autre, et se trouvent échelonnées à peu près régulièrement, laissant entre leurs paires des espaces de 4/2 centimètre à 1 centimètre, et moindres dans les vaisseaux des membres que dans les lymphatiques profonds de la plupart des autres régions. Par le fait de leur disposition, elles laissent à la lymphe un passage libre ou l'interceptent. Leur boixi adhérent est tourné du côté des jacines, leur bord libre. regarde les parties centrales du système. Tant que la lymphe marche vers le canal iboracique, elles sont appliquées à la face interne des vaisseaux; dès que son mouvement est gêné ou qu'il tend à devenir rétrograde, elles s'écartent des parois vasculaires, se tendent en travers et, en s'affrontant par leur bord libre à la manière des écluses, barrent complètement le passage. La colonne liquide du vaisseau est ainsi divisée en petits segments, comme celle d'un canal où plusieurs écluses successives sont fermées. Elle offre des nœuds séparés par des étranglements ou plutôt une série de dilatations ovoïdes régulières, qui lui donnent un aspect moniliforme très-caractéristique.
Le jeu des nombreuses valvules est donc le premier régulateur de la direction des courants lymphatiques dans les vaisseaux collecteurs. Il force invinciblement les liquides à progresser des radicules vers les parties centrales. Bilsius et quelques autres physiologistes le connaissaient bien peu, lorsqu'ils s'imaginaient que la lymphe pouvait monter du canal vers les petits lymphatiques chargés, disaient-ils, de la distribuer à toutes les parties du corps.