‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 127 sur 191 · I. — Appareil sautaire · texte numérisé non relu

I. — Appareil sautaire

Les glandes chargées de préparer les fluides salivaires et de les verser dans la ca^ vite buccale, commencent à apparaître, chez les invertébrés, sous la forme tubuleuse, commune à toutes les glandes des animaux à circulation imparfaite ; elles se

préseotenl chez les iosectes sous l'aspect de petits tubes ramifiés, ouverts dans la boucbe ou la partie supérieure de l'œsophage, et preuiient chez les mollusqaes le caractère lobule qui les distingue dans les vertébrés. Très-peu volumineuses ou presque nulles chez les poissons qui oe rnSchent guère leurs aliments, d'ailleurs

Pic. 82. — TÉle de ïipère (•), Fis. 83. — Appareil i venio i«>l6 (").

suflisamment imprégnés d'eau, elles se dessinent mieux chez les reptiles ot) elles se modifient quelquefois comme chez la vipère, les crotales, pour produire un liquide vénéneux ; enfin, elles arrivent à leur maximum de développement cbei les nuinmilëres, notamment dans les espèces dont les aliments doivent éprouver, par l'action des dents, une division très-complète, tandis qu'elles demeurent rudimentains dans les cétacés qui avalent leur proie entière, et chez les phoques qui laTdîvisent à peine.

L'appareil salivaire des mammifères comprend deux parotides, deux maxillaires et deux sublinguales qui sont parfaitement circonscrites, pnis les glandes molaim, distinguées en supérieures et en inférieures, et enfin, les glandnles sous-muqnenses, disséminées autour de la langue, h la face interne des joues et des lèvres. Ces d^ verses glandes ont été rapportées par Duvemoy i deux groupes, appelés, l'un, le système salivaire antérieur, formé par les maxillaires et les sublinguales, dont les canaux s'ouvrent h l'entrée de la cavité, tout près des incisives; l'autre, le système salivaire postérieur, composé des parotides qui versent Je produit de leur sécrétion dans la partie moyenne de la bouche au niveau des dents molaires. Ceue distinction ingénieuse est appuyée par les résultats de l'expérimentaticHi. Nous verrons bientôt, en effet, que ces deux systèmes fonctionnent chacun suivant des lots spéciales, et que l'un fournit une salive dont les caractères et les propriétés difl^ rent très-sensiblement de la salive de l'autre.

Les glandes salivaires, peu volumineuses dans les carnivores dont la masUcatioo est incomplète et qui font usage d'aliments contenant une forte proportion d'eau, sontbeaucoup plus grandes chez les herbivores qui vivent de substances devant être parfaitement divisées et très-délayées : aussi les voit-on arriver k leur d«^ ex-

insâlivâtion. 597

tréme de développement dans les rongeurs, les pachydermes, les solipèdes et les ruminants.

Parmi les mammifères, on peut reconnaître, en combinant les données de l'anatomie comparée, que ces deux systèmes n'ont point, Tun par rapport à l'autre, un développement proportionnel dans tontes les espèces. Le système antérieur ou celui des glandes ^à salive visqueuse, prédomine sur l'autre ou l'égale : l** dans les carnassiers, le chien, le chat, les chauves-souris ; 2^ dans les animaux aquatiques dont les aliments, déjà suffisamment humectés, ont surtout besoin d'être enduits de mucosités propres à faciliter la déglutition ; 3^ enûn, chez ceux qui n'ont pas ou presque pas de mastication, .comme le fourmilier, le tatou, l'échidné. Le système postérieur, au contraire, dépasse de beaucoup le premier dans les animaux herbivores, et notamment dans ceux qui ne jouissent pas de la faculté de ruminer.

Les glandes qui, par leur ensemble, forment chacun de ces deux systèmes, ne sont pas toutes développées dans la même proportion. Dans le système antérieur, composé des maxillaires et des sublinguales, auxquelles j'ajouterai les molaires supé* rieures ou glandes de Nuck, il arrive souvent que les sublinguales sont fort petites alors que les maxillaires sont très-grandes : ainsi les premières manquent chez le chien, où les secondes sont énormes; elles sont rudimentaires chez le dromadaire, tandis qu'elles deviennent très-volumineuses et même doubles dans certains ruminants, le bœuf et la brebis, par exemple. La présence, l'absence ou l'atrophie de l'une d'elles sont des circonstances peu importantes, puisque celles qui restent peuvent, par suite d'un développement exagéré, suppléer les absentes, d'autant mieux qu'elles fonctionnent d'après un mode uniforme et qu'elles donnent des produits de même nature. Dans le système postérieur, composé des parotides et des molaires inférieures, il arrive que celles-ci sont grandes, alors que celles-là ne pré* sentent pas tout le volume qu'elles sembleraient devoir acquérir, comme chez les ruminants domestiques, par exemple; de même quand les parotides sont énormes, comme chez les solipèdes, les molaires inférieures sont rudimentaires.

Les deux systèmes étant, jusqu'à un certain point, indépendants l'un de l'autre, il peut arriver que le moins nécessaire disparaisse et que le plus utile persiste ; c'est aussi ce qui a lieu dans les oiseaux : le système antérieur à salive visqueuse conserve, dans un grand nombre d'espèces, des proportions considérables, tandis que l'antre n'offre pas, chez la généralité, de traces appréciables de son existence. Il faut que te premier persiste, car il donne la salive dont le principal usage est «d'humecter la bouche et d'enduire les substances alimentaires, pour les faire glisser dans l'œsophage et en faciliter la déglutition » (1).

Il est facile de voir, du reste, en comparant entre eux des animaux d'un même groupe, que les glandes salivaires offrent des variations très-étendues, en rapport avec la nature des aliments et le mode de mastication. Ainsi, en mettant en regard les rongeurs qui vivent d'herbes avec les rongeurs omnivores, les solipèdes avtc es ruminants, on est frappé de différences notables dont la raison physiologique n'est pas introuvable.

Parmi les mammifères herbivores, les solipèdes et les ruminants, qui font spé-

(1) Cttvier, AruUomie comparée^ t. IX, 1'* partie, p. A30.

dalement le sujet de nos études, sout, suivant la remarque de Cu?ier, les animaux dont les glandes salivaîi es offrent le volume le plus considérable ; mais il existe entre ces deux groupes des différences très-notables, tant sous le rapport du volume que sous celui du mode d'action de ces organes. Les ruminants se distinguent des solipèdes par la prééminence des glandes à salive visqueuse sur celles qui donnent la salive aqueuse. Le dromadaire, le chevreuil et le mouton même» feraient exception si Ton mettait seulement en ligne de compte les trois principales glandes salivaires ; mais ils rentrent dans la règle, si Ton fait la somme de toutes les glandules de la face interne des joues, des lèvres, de la base de la langue et de Tœsophage, lesquelles sécrètent un fluide visqueux analogue à celui des sublinguales. En outre, les animaux qui ruminent ont des glandes dont l'ensemble représente un poids supérieur à celui des mêmes glandes des solipèdes, comme le montrent du reste les chiffres du tableau suivant :

Tableau synoptiqtte du poids des glandes salivaires des animaux domestiques.

ANIMAUX

CiHBYAL • • • • I

PAKO- TIDBB.

/kOO

Ane.

BCEOF.

Dromadaire. .

Mouton

MAXIL- LAIBKS.

8DBLi:<- 0UALB9.

Chetredil...

Porc,

Chien.

Chat

roios

TOTAL

RAPPORT

entre le poids total

et celui de chaque glande.

OLAMDES.

àZ

/Parotides. . . .

I Maxillaires. . .

( Sublinguales. .

(Parotides. . . .

Maxillaires . . .

Sublinguales..

( Parotides. . . .

< Maxillaires. . .

(Sublinguales..

Ç Parotides. . . .

I Maxillaires. . • ^Sublinguales..

/ Parotides. . . .

I Maxillaires. . .

(sublinguales..

f Parotides. . . .

I Maxillaires. . .

(sublinguales..

(Parotides. . . .

Maxillaires. . .

Sublinguales..

ÎParoUdes- . . .

Maxillaires. . .

( Parotides. . . .

(Maxillaires.. .

MOMBRES.

RAPPORT

entre le poids des parotides

et eèlni des maxiUairN.

IWSAUTATIOH. 599

Si les glandes salivaires offrent, dans les dlven anlmam, des différencei considérables, relalivemeni à leur volume absolu et aux proportions qui existent entre elles, elles n'en présentent pas de moins grandes siius le rapport de leur mode d'action. Leur ronction a une physionomie spéciale nettement dessinée dans chaque groupe d'animaux ; elle n'est point dans les herbivores monogaslriques ce qu'elle est cbei les herbivores polygastriques. Ses caractères varient dans chacune des conditions où peuvent se trouver les animaux : elle n'est pas lors du repas, de la rumination, ce qu'elle est pendant l'abstinence, ou lorsque des substances excitantes sont mises en contact avec la muqueuse buccale; enûn la salivation n'est point identique dans toutes les glandes; la parotide ne fonctionne point comme la maiiUaire, et celle-ci n'a pas une action identique avec celle de la sublinguale : chacune a sa vie propre, chacune fournil son espèce de salive ; les glandes d'un côté n'hissent même pas comme celles du côté opposé. Ce sont là autantde propositions que l'expérimenlation va éublir.

Il n'est peut-être pas de glandes plus accessibles aux investigations qae les glandes galivaires. Par le feit de leur situation, de la disposition de leurs canaux, elles peuvent, sans que leur action soit troublée, se prêter à des expériences qui deviendraient difficiles et entraîneraient des perturbations considérables si elles s'appliquaient ani glandes renfermées dans les cavités splanchoiqaes.

Grâce aux heureuses conditions dans lesquelles elles se trouvent, elles permettent ï l'observateur de saiùr les diverses particnlarités de leur action, et, par conséquent, de jeter quelque lumière sar les phénomènes si obscnrs des sécrétions. ^^^ ^^ App,^» p„„ «cueillir les fluide

Pourétudierconvenablement lalivaires O-

le moded'action de ces glandes,

il (»t nécessaire d'adapter aux canaux excréteurs des appareils propres à recevoir les produits de la séci^tion. Celui que j'ai employé (fig. 8ù) sur nos espèces domestiques est d'une extrfime simplicité ; il permet de recueillir les quantités les plus minimes de Uquides et dans toute leur pureté.

(■1 o, t, c, d. uppureil pour |-obwiHir.ii dn ti ulin [iBroliJitiiin ; a, liilx) d'trpnl fi.* tu r«i«J it |"™ ; I Ji bouppc dn mtouw. Ùa ippiniT HDblibIr

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