‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 128 sur 191 · II. — SÉCRÉTION DES PAROTIDES · texte numérisé non relu

II. — SÉCRÉTION DES PAROTIDES

Les parotides^ qui forment presque à elles seules le système salivaire postérieur, ont une action dont toutes les particularités sont caractéristiques. Destinées à fournir la plus grande partie du liquide qui imprègne les substances alimentaires, elles sécrètent abondamment pendant le repas, mais inégalement, en alternant Tune avec l'autre. Elles cessent de fonctionner pendant l'abstinence, si ce n'est chez les mminants^ où leur sécrétion n'est jamais suspendue.

Au premier abord, rien ne peut faire préjuger une inégalité d'action entre la parotide d'un côté et celle du côté opposé : les deui glandes sont sensiblement égales et paraissent dans des conditions identiques; cependant l'expérience la plus simple démontre que jamais elles ne donnent, l'une et l'autre, dans un même temps, des quantités de salive exactement semblables.

£n effet, si l'on établit deux fistules parbtidiennes, une de chaque côté, en prenant des tubes de même diamètre et des ampoules de même capacité, pour chacune d'elles, on observe, dès que l'animal se met à manger, que, dans une période quelconque, l'une des deux fistules donne une quantité de salive beaucoup plus consi* dérable que l'autre. £n continuant l'expérience, on voit qu'après un certain temps la glande, qui fournissait d'abord peu de salive, vient à en donner beaucoup, et que celle, au contraire, dont l'action était prédominante dans le principe, ralentit sa sécrétion; enfin, après cette première inversion, il s'en produit une seconde, et ainsi de suite avec les mêmes particularités.

Il importe ici de se rappeler que la mastication des solipèdes, de même que celle des ruminants et des autres herbivores, s'effectue d'un seul côté, alternativement à droite et à gauche, de telle sorte que, pendant un quart d'heure, une demi-heure, plus ou moins, ce sont les molaires droites qui broient les aliments, après quoi les molaires gauches remplissent le même office, à l'exclusion des premières pendant le quart d'heure ou la demi-heure qui suit. Or, lorsque l'animal mâche à droite, c'est la parotide droite qui sécrète beaucoup et l'autre qui sécrète moins; lorsqu'il vient ensuite à mâcher à gauche, les choses changent : la glande gauche sécrète abondamment et la première ralentit son action, comme si elle s'était fatiguée dans la période précédente. Après ce premier changement dans le jeu des mâchoires, s'il en survient un second, on observe sur-le-champ, dans l'activité de chaque glande, un changement correspondant. Les inversions dans le sens de la mastication, si multipliées qu'elles puissent être, entraînent toujours, et immédiatement, des inversions parallèles dans l'activité des deux parotides. Le tableau ci-contre en donnera quelques exemples pour le cheval et l'âne.

Il n'est pas nécessaire, pour constater l'inégalité d'action des parotides, d'établir une fistule de chaque côté. Ce mode d'expérimentation la rend immédiatement saisissable, mais il détermine un ralentissement notable de la mastication et une gêne marquée de la déglutition, eu laissant toutefois les deux parotides dans des conditions identiques. La rémittence dc>iondra manifeste dès qu'on fera une seule fistule, n'importe de quel côté. Si Ton établit cette fistule à droite, par exemple, l'animal se mettra â manger à gauche, c'est-à-dire du côté par lequel

INSAUTATIOIf.

Page 1