‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 130 sur 191 · FISTULE DROITE · texte numérisé non relu

FISTULE DROITE

de la mastication.

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cboîres dans la même direction, arrivera à broyer les aliments sous les molaires droites» bien que de ce côté la salive parotidienne ait cessé d'affluer dans la cavité

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buccale. Dès que ce changement se sera effectué, la fistule donnera écoulement i des quantités de liquide beaucoup plus considérables qu'auparavant ; enfin, à chaque nouvelle inversion du jeu des mâchoires, on notera une inversion correspondante dans Tactivité de la parotide dont le canal est ouvert

L'inégale activité des deux parotides et les oscillations alternatives que la séciétion de chacune peut éprouver sont des particularités qui ne souffrent pas d'exception, lors même que le sens de la mastication change vingt fois pendant la darée d'un repas. L'inégalité devient évidente dès que les mouvements des mâchoires conservent la même direction pendant quelques minutes. Ainsi que chez les s6^ pèdes, on l'observe chez les ruminants; seulement elle y est moins facile à apprécier, car si l'on fait à un bœuf une seule fistule parotidienne, l'animal se met, tout d'abord, à mâcher du côté opposé, et continue ainsi sans interruption, de telle sorte que la fistule donne constamment le produit minimum de la sécrétion. Si, au contraire, on lui en fait deux, la mastication^ habituellement si rapide, devient tellement pénible, que l'animal change le sens du mouvement des mâchoires deux on trois fois par minute, d'où il résulte une sécrétion peu difiérente pour les deux parotides ; mais l'inégalité devient manifeste pendant la rumination et lors de l'abstînence. Il est fort probable que ce caractère de la sécrétion parotidienne appartient à tous les animaux dont la mastication est unilatérale, comme celle des herbÎTores domestiques.

La cause de ces alternatives dans l'action des parotides est fort diflBcile à déterminer. Elle ne peut être attribuée à une différence de volume entre les deux glandes, puisque celles-ci sont souvent sensiblement égales, et que les variations de Tune par rapport à l'autre ne dépassent guère un vingtième. Du reste^ lors même que l'irrégularité de volume serait constante, elle ne l'expliquerait pas davantage, car la glande la plus petite sécrète, tour à tour, des quantités de salive supérieures on inférieures à celles de la glande la plus volumineuse. Cette cause se trouve-t-elle dans une différence d'excitation des deux glandes? Mais celles-ci ne paraissent-elles pas dans les mêmes conditions ? L'excitation produite sur la muqueuse buccale par les aliments et transmise aux centres. nerveux, est-elle réfléchie plus sur Tune que sur l'autre? Gela est probable.

Dans tous les cas, lorsqu'un solipède porte une seule fistule parotidienne, il commence et continue à mâcher fort longtemps du côté par lequel la salive afilue dans la bouche ; néanmoins, au bout d'une demi-heure, d'une heure, plus ou nooios, le sens de la mastication change, et les aliments sont broyés pendant une certaine pé* riode du côté de la fistule, bien que là le broiement devienne plus difficile; mais il est rare que la mastication dure autant du côté de la fistule que de l'autre. Les ruminants qui se trouvent dans ces conditions mangent et ruminent même presque constamment du côté dont k glande continue à verser son produit dans la cavité buccale. Ces faits semblent indiquer que le sens de la mastication est le point de départ de la surexcitation de l'une des deux parotides. Du reste, ce qui peut encore faire penser qu'il en est ainsi, c'est que si, sur un animal dont les canaux parotidiens ont été entourés de ligatures d'attente, on vient à serrer celui du côté sur lequel a lien la mastication, celle-ci continue à s'opérer sans changement pendant une période plus ou moins longue. De même» lorsque le jeo des

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mâchoires éprouve une inversion, ii la conserve, bien, qu'on ait serré le canal primiiivement libre et rétabli le cours de la salive dans celui qui se trouvait d'abord intercepté.

Le deuxième caractère de Taction des parotides consiste dans l'insensibilité de ces glandes à Tinfluence des excitants. On peut mettre en contact avec la muqueuse buccale des sels, des acides affaiblis, des substances aromatiques, sans que les parotides des solipèdes fournissent, lors de l'abstinence, des quantités appréciables de salive, et sans que celles des ruminants qui sont constamment actives éprouvent une augmentation sensible de leur sécrétion. De même, la vue et Todeur des aliments ne peuvent, chez l'animal le plus affamé, mettre en jeu, d'une manière trèsnotable, l'activité de ces glandes. Les fistules du cheval à jeun, mis en regard de la mangeoire pleine de foin et d'avoine, ne laissent souvent pas échapper une seule goutte de salive. Si, quelquefois elles en laissent sortir un peu, au premier moment, c'est^ à ce qu'il semble, par suite des contractions provoquées dans les canaux excréteurs et non par le fait de la reprise du travail de sécrétion.

Le troisième caractère de la sécrétion parotidienne est de donner une salive lim* pide, très-fluide, dépourvue de viscosité et très-propre à pénétrer les substances alimentaires : cette salive, dont les caractères.et la composition seront ultérieurement indiqués, est versée dans une proportion qui dépasse de beaucoup celle que produisent toutes les autres glandes réunies, lors même que ces dernières ont un volume supérieur à celui des parotides.

Si la sécrétion parotidienne a des caractères communs aux différents animaux, elle en a aussi qui sont propres à certains d'entre eux, et qui lui donnent une physionomie distinctive. Ainsi, elle est complètement suspendue lors de l'abstinence chez les solipèdes, tandis que, dans la môme circonstance, elle conserve une activité considérable chez les ruminants, où elle se lie intimement aux phénomènes de la digestion gastrique et à ceux de la rumination : cette activité est telle, que les deux glandes donnent encore, sur le bœuf, dans les intervalles des repas, de 800 à 2400 grammes de liquide par heure.

Ainsi, l'action des parotides se dessine très-nettement, soit dans ce qu'elle a de commun à tous les animaux, soit dans ce qu'elle a de particulier à chaque espèce.

i® Ces glandes sécrètent inégalement dans un temps déterminé, bien qu'elles paraissent toutes les deux soumises à des influences identiques. Elles alternent l'une avec l'autre : celle du côté sur lequel s'opère la mastication donne au moins un tiers de plus que l'autre; ordinairement le double^ quelquefois le triple

2<* Lorsque le sens de la mastication vient à changer^ c'est-à-dire lorsque l'animal qui broyait les aliments sous les molaires droites, vient à les broyer sous les molaires gauches, ii s'opère une inversion correspondante dans la sécrétion parotidienne : la gkinde qui d'abord était très-active ralentit brusquement sa sécrétion, et l'autre accélère la sienne avec la même rapidité.

3"» Les alternatives d'accélération et de ralentissement dans l'action des parotides se succèdent suivant l'ordre des changements qui surviennent normalement dans le sens de la mastication : elles sont moms prononcées si ces changements se renouvelleot à des intervalles de quelques minutes, que s'ils se produisent toutes les demi-heures ou toutes les heures.

Mk DE LA DIGESTION.

k* Ces inégalités alternatives sont tellement inhérentes au mode d'action des parotides, qu*elles se manifestent encore pendant Tabstinence chez les ruminants, et durant la période assez courte de la persistance de la sécrétion, après le repas, cha les solipèdes,

5' Enfin, les parotides destinées à produire la salive non visqueuse, sont généralement insensibles à l'action des excitants; elles fonctionnent constamment chez les ruminants, et seulement pendant le repas chez les solipèdes.

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