‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 133 sur 191 · IV. — SÉCRÉTION DES SUBLINGUALES · texte numérisé non relu

IV. — SÉCRÉTION DES SUBLINGUALES

La détermination du rôle des glandes dont les canaux peuvent recevoir des appareils» rappréciatlon exacte des. conditions» des caractères de leur sécrétion, et des

relations qui eiÎMcnl entre l'action d'une glande et celle de toutes les autres, est une tirhe facile; mais l'étude de la sâcrflion des petits amas glanduleux, dont les canaui, déliés et nombreux, sont presque inaccessibles i l'expérimentation, prisente de grandes difficuliés. Ce n'est, en quelque sorte, que par des artifices, des moyens indirects qu'il est possible d'arriver ii un tel résultat.

Ghei les solipèdes il faut procéder par voie d'élimination, foire couler à l'extérieur la salive des deux parotides et des deux maxillaires ; alors, si l'animal mange, la salive qai imprègne les aliments provient des sublinguales, des molaires ei des autres glandules, et s'il ne mange pas, le fluide dégluti, à des intervalles plus ou moins rapprochés, est encore celte même salive, qu'il est impossible d'obtenir direclemenL Ainsi, on peut voir quel est le produit total de toutes les petites glandes, et quelle est sa composition; mais, par ce moyeo, le fluide obtenu est ena)re tin mélange de diverses salives visqueuses.

Chez les grands ruminants l'analyse expérimentale va plus loin : elle isole la salifc de la sublinguale de toutes les autres.

La sublinguale est, cbez ces animaox, pourvue ï sa partie inférieure d'un canal qui suit celui de la maxillaire et vient se terminer au même point. Or, ce canal supplémentaire, signalé par les auteurs des Leron» d'anatomte comparée, est assez grand pour qu'on puisse y placer un tube mince muni de son ampoule. Grâce i une si heureuse disposition, la petite glande a un rôle qai petit être déterminé avec autant de rigueur que celui des parotides et des maxillaires.

Fie sa. — Sublinguale du tKeuf (*].

Pour établir la fistule on fait une incision, dans l'espace intra-maiillaire. de & â 5 centimètres, en arrière de la surface génienne; on met à découvert le canal en isolant les granulations qui le recouvrent <i la face interne de la glande, puis on l'isole, et enfin on y Gie le tube.

Dès que l'opération est achevée, on voit la salive couler en nn filet très-fin, ordinairement non interrompu ; celte salive est si visqueuse que le filet descend jusqu'à terre sans se briser, et se renforce de temps en temps par une gouttelette qui, avant de s'étendre, forme un petit nœud Imiglcmps ii disparaître. Pendant te repas et la rumination, l'écoulement n'offre aucune interruption; il est également continu pendant l'abstinence et lorsque des substances excitantes sont mises en contact avec la muqueuse buccale : seulement, il est plus abondant quand l'animal mange que dans toutes les autres circonstances ; il donne alors de 18 i 30 grammes de liquide par heure.

(*) B, euni bliritnr de II (ublingniie liiB!iml otiai de U Biuiilliiw; &, cual de Whnlini ; CC, cmnii nrp*.

INSALIYÂTION. 607

En suivant attentivement l'expérience, on voit très-nettement : 1* que la salive de la sublinguale est encore plus épaisse et plus visqueuse que celle de la maxillaire^ à tel point qu'elle ressemble à du mucus presque pur ; 2° que la sublinguale sécrète dune manière continue pendant que Tanimal mange, et non pas seulement à Tinstant de la déglutition, conmie l'a avancé M. Bernard, d'après ses recherches sur les glandes salivaires du chien; 3*" qu'elle sécrète sous l'influence des excitants mis dans la bouche, , et que, par conséquent, elle agit, sous ce rapport, absolument comme la maxillaire; ti? enfin^ on voit qu'elle fonctionne encore pendant Tabstinence pour concourir à la production du liquide mixte qui humecte la muqueuse des premières voies digestives.

Quant à ce qui concerne les molaires et les autres glandules, il n'est pas possible d'analyser leur action. On pourrait, après avoir fait la ligature des canaux parotidiens et des canaux maxillaires, engager dans la bouche et fixer à la face interne des joues de petites éponges qui s'imprégneraient du produit de ces glandes non mélangé au fluide des amygdales et de la couche folliculaire du voile du palais.

En isolant avec soin les molaires supérieures, glandes de Nuck ou glandes soussygomatiques des molaires inférieures, et en les traitant ensuite chacune par l'eau, on constate, d'une part, que les molaires supérieures, qui sont formées d'un tissu jaune, mou, comme celui des maxillaires, communiquent à l'eau une grande viscosité.; d'autre part, que les molaires inférieures, dont le tissu paraît semblable à celui des parotides, ne donnent pas au liquide une viscosité sensible. Or, puisque la substance des molaires supérieures se comporte, par l'infusion dans l'eau, comme les maxiU ' lalres et les sublinguales, il est probable que les premicros sécrètent un liquide analogue à celui des secondes ; de même, les molaires inférieures, si développées chez le bœuf, où elles ont un volume double des sublinguales, paraissent sécréter une salive peu différente de celte des parotides : aussi pourrait-on, ajuste titre, les appeler parotides accessoires.

Maintenant que le rôle de chacune des glandes salivaires est déterminé, il faut envisager ce rôle individuel dans ses rapports avec celui de toutes les glandes, ou, en d'autres termes, l'action collective du système salivaire.

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