BILE
QL'A.XTITES
en grammes.
Deuxième jour.
àà
OBSKRVATIONS.
La bile n'est plus recueillie.
La bile ne coule plus qu'en trèspetite quantité.
La sécrétion biliaire est tarie.
Cette dernière expérience montre, d'une manière frappante, raogmentalioii graduelle de la sécrétion pancréatique coïncidant avec la diminution incessante de la sécrétion biliaire. Elle nous fait voir la première peu active dans les premiers moments et très-abondante par la suite, tandis que la seconde^ irès-active au débuts se ralentit sur la fin et même se suspend tout à faîL
lid sécrétion pancréatique du chien peut être encore moins bien étudiée que celle du porc, car le canal pancréatique des carnivores étant enveloppé par la glande jusqu'à son insertion, il faut, après avoir attiré le duodénum en dehors de la cavité abdominale, disséquer en quelque sorte l'extrémité du pancréas pour mettre son canal à découvert, l'inciser et y fixer le tube. Du reste, la sécrétion est si peu abondante chez cet animal qu'elle donne tout au plus, quand l'opération est bien faite et dans de bonnes conditions, 2 à 3 grammes de liquide par heure. L'irriuition qui s'empare rapidement de la glande, la péritonite, les vomissements qui suivent l'établissement de la fistule^ ne permettent point à l'observateur d'étudier la sécrétion avec ses caractères habituels qui se dessinent d'une manière si nette et si remarquable chez les grands ruminants. De plus, chez le chien comme chez le porc et chez les autres animaux, dont le pancréas s'irrite trop vivement, la sécrétion ne tarde pas à se suspendre pour se rétablir au bout de vingt-quatre, trente heures, ou après une période plus prolongée encore. Néanmoins, dans le cas oà la fistule établie très-rapidement n'a pas troublé sensiblenicnt la digestion, on peut s'assurer,
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d'une part, que la sécrétion s'établit peu de temps après le repas et avant que les aliments commencent à passer dans Tintestin ; d'antre part, qu'elle devient plus active une fois que la digestion intestinale commence; son maximum d'acthiié s'observerait, d'après Kn^er (1), une demi-heure ou trois quarts d'heure après le repas. Gonséquemment, l'arrivée du fluide pancréatique dans l'intestin devancerait celle des aliments.
Enfin, chez le mouton et la chèvre, l'action du pancréas se trouble aussi à on tel degré, qu'il devient à peu près impossible d'en saisir la véritable physionomie. Â part cette circonstance^ commune à beaucoup d'autres animaux, les petits raminants donnent à l'expérimentateur de nouvelles ressoui:ces pour l'étude de la bile et du fluide pancréatique. Chez eux, le canal du pancréas se réunissant au canal biliaire, un mélange des deux liquides arrive à l'intestin en proportions variables, suivant l'activité respective de chacune des glandes. Par suite de cette disposition remarquable, on peut recueillir isolément la bile et le suc pancréatique, ou les deux mêlés ensemble. En effet, si l'on fixe le tube au-dessus du confluent des deux canaux, on obtient de la bile pure; si on le fixe au-dessous, on obtient les deux fluides mélangés; enfin si, laissant le tube à ce dernier point, on applique une ligature sur le canal biliaire au-dessus du confluent, c'est du suc pancréatique qui coule par la fistule. Tiedemann et Gmelin se servirent de la troisième de ces combinaisons pour obtenir le suc pancréatique de la brebis, mais ils n'eurent point l'idée d'employer les deux autres.
La sécrétion pancréatique ne peut être étudiée longtemps sur le bélier, car l'irritation du pancréas fait bientôt cesser l'écoulement du liquide. J'ai obtenu sur an animal de cette espèce jusqu'à 7 grammes de suc en une heure. Les premières portions étaient un peu verdies à leur passage dans l'extrémité inférieure du canal commun; mais les autres étaient limpides et d'une transparence parfaite. Sur deux béliers, la fistule, disposée de manière à verser dans l'appareil le mélange de hâlc et de suc pancréatique, a donné les quantités inscrites au tableau sni?anl ;
On voit par ce court aperçu que l'écoulement du mélange des deux fluides éprouve des oscillations assez étendues qui peuvent dépendre de plusieurs causes, principalement de ce que, à certains moments, la vésicule reçoit plus ou moins de bile ou en expulse une quantité variable, puis des périodes d'activité ou de ralentissement dans la sécrétion pancréatique. Il est aisé, ])ar les propriétés du fluide obtenu, de voir s'il contient beaucoup ou peu de suc pancréatique ou s'il n'en renferme pas du tout. Dans le premier cas, il émulsionne une forte proportion de matières grasses ; dans le second, très-peu ; dans le troisième, il est dépourvu de propriétés émulsives.
Si, maintenant, nous jetons un coup d'oeil sur l'ensemble des résoltatsque donne l'expéiimentation, en ce qui concerne nos espèces domestiques, nous serons frappés de trouver peu de rapport entre la taille des animaux et l'abondance de la sécrétion pancréatique, ou entre le poids de la glande et la quantité de fluide qu'elle produit : cependant ce rapport est quelquefois exact.
(1) Cette observation a été faite sur un chien à fistule permanente. (Voy. Milne Edwards, t. VI, p. 521.)
N«SDB8HEl)RF.S
TEMPS
QUANTITÉS