NO" DES HEURES
TEMPS
QUAirriTÉs
de l'expérience.
00 heures et min.
de liquide en gr.
de l'expérience.
en heures et min.
de liquide en gr.
ire
Ih.
ih. 2m.
1 h.Sin.
lOc
Deuxième jour.
Ih.
lA
Ainsi, le pancréas du cheval pèse en moyenne 300 grammes; celui du bceuf et de la vache, à peu près autant. Chez ces deux herbivores, dont la taille est en général à peu près la même, la sécrétion pancréatique atteint sensiblement le même chiiïrc. Mais, à part ces animaux entre lesquels il y a une proportionnalité remarquable, on ne trouve plus chez les autres une relation analogue, soit qu'on les compare entre eux, soit qu'on les mette en parallèle avec les premiers.
En effet, le pancréas du mouton pèse 50 à 60 grammes, c'est-à-dire le cinquième du pancréas des grands ruminants et des solipèdes. Il devrait, par conséquent, dans l'hypothèse d'une proportionnalité constante, sécréter ôO grammes de liquide aux périodes de surexcitation. Pourtant alors il n'en donne que de 7 à 8, c'est-à-dire le sixième de ce qu'il semblerait devoir sécréter.
Celui du porc pèse de l&O à 180 grammes. Il devrait conséquemment fournir la moitié de ce que produit le pancréas du cheval et du bœuf, mais c'est à peine s'il donne 10 à 15 grammes dans chacune des premières heures, ou à peu près le dixième de ce qu'il devrait fournir.
En présence de ces différences considérableSi on se demande naturellement si elles existent bien en réalité, on si elles résultent des perturbations provoquées par l'incision des parois abdominales, la lésion du canal excréteur, et quelquefois même par la lésion du tissu de la glande. La question est fort difficile à résoudre. Sans doute, les manipulations que nécessite la formation d'une fistule doivent être considérées comme l'une des causes principales des différences dont nous parlons, d'autant plus que leurs effets varient suivant qu'elles ont été plus ou moins longues, douloureuses, et suivant le degré d'irritabilité des espèces. Ensuite , l'état de la sécrétion au début de l'expérience doit inOuer sensiblement sur son produit, qui pourrait bien ne pas être également abondant chez tous les animaux dont le pancréas a le même poids.
80!i im LA DIGESTION.
S*il n'existe pas une proportion exacte entre le |K)ids du pancréas et la quantité de liquide sécrété par celte glande, il n'y en a pas davantage entre cet organe et le autres du même genre, le foie et les glandes salivaires, par exemple. Ainsi, le foie qui, dans le cheval, pèsedix-buit à vingt fois autant que le pancréas du même animal, ne sécrète pas plus que ce dernier. La parotide, qui ne représente que le ?îogtsixième du foie, sécrète cependant quatre à cinq fois autant que cette glande monstrueuse, et elle donne six fois autant que le pancréas, dont elle n'atteint pas le volume. Mais nous reviendi*ons plus tard sur les rapports d'activité qui existent entre les diverses parties du système glanduleux.
£n comparant le produit de la sécrétion pancréatique, non plus au poids de la glande, mais au poids de Tanimal, on trouve entre les animaux sur lesquels on expérimente des différences assez considérables. D'après mes observations, le bœuf donnerait par heure et par kilogramme du poids du corps 0^%6, le cheval 0*%7, le mouton 0^%5, le porc 0^'^,3, le chien 0*%1, de sorte que la sécrétion décroîtrait de l'herbivore au carnassier. Ce. rapport serait tout à fait changé pour le chien si Ton admettait la proportion que Kroger (1 ) déduit d'une seule expérience sur cet animal, expérience dans laquelle il aurait obtenu de 3 à 5 grammes de liquide par kll(^ramme, soit 89 grammes par kilogramme en vingt-quatre heures. Un tel produit qui correspondrait à 35 litres en vingt-quatre heures pour un cheval de taille moyenne est tellement éloigné des résultats de mes expériences, que je n'hésite pas à le considérer comme impossible. Je le cite seulement pour montrer à quelles monstrueuses exagérations certains observateurs se laissent conduire par le calcul basé sur des données fausses et exceptionnelles.
Les faits qui précèdent nous permettent de saisir la physionomie distinciive de la sécrétion pancréa^tique, surtout chez les grands ruminants ; ils nous donnent les éléments nécessaires pour distinguer la sécrétion régulière de la sécrétion pervertie ; enfin, ils nous font voir tout ce qu'a de bizarre l'action d'un organe qui semble se soustraire aux investigations du physiologiste. Recherchons, à présent, les caractères, la composition et l'action du fluide pancréatique.
Propriétés et composition dn flalde pancréati^ae. — - Ce liquide pris dans
le canal excréteur, immédiatement après la mort, ou obtenu sur l'animal vivant, par une fistule, est incolore, sans odeur, d'une saveur un peu salée ; il est souvent épais, visqueux, filant comme la salive maxillaire et susceptible de mousser par l'agitation ; mai3 sa viscosité est très-faible sur le cheval et le porc, et à peu près nulle sur tous les animaux lorsqu'il est produit longtemps après rétablissement de la fistule.
Sa densité est de 1008 à 1010 ; sa réaction constamment alcaline chez les divers animaux, quel que soit le moment de l'expérimentation ; son alcalinité paraît due an carbonate et au phosphate de soude.
Ce liquide es't extrêmement putrescible; il se trouble en se décomposant, dégage une odeur d'hydrogène sulfuré, et laisse précipiter, comme M. Robin l'a observé le premier sur le chien, des grains blancs formés d'aiguilles de sulfate de chaux, que j'ai trouvés depuis dans le suc pancréatique de tous les animaux domestiques.
(1) Milne Edwards^ Leçom mr la physiol, et fanât, comp.y l. VI, p. 523.
Soumis à Taction de la chaleur ou traité par un acide concentré, le suc pancréatique donne des flocons d*9pparence albumineusc, ou même se prend quelquefois en masse comme du blanc d'œuf. Sa coagulabilité, que IVI. Bernard a trouvée trèsmarquée sur le chien, surtout immédiatement après l'établissement de la ûstule, diminue à mesure que la sécrétion devient plus abondante, et finit par devenir à peu près nulle une fois que Tirritation s'est emparée du tissu de la glande. Elle est quelquefois très-prononcée sur le bœuf et le mouton, mais le suc pancréatique du cheval, des autres solipèdcs et du porc s'est montré incoagulable; il n'a donné qu'un léger trouble ou quelques flocons albumineux.
La coagulabilité du suc pancréatique est due à une matière albumineuse, qu'on appelle depuis peu la pancréatine. Son degré est en rapport avec les proportions de cette matière, proportions qui varient beaucoup suivant les animaux et l'activité de la sécrétion. En général, elle est à son maximum dans les premières quantités recueillies et tant que la sécrétion est très-faible; alors le liquide sur le chien, le bœuf, le mouton, se prend presque en masse. Mais une demi-heure, une heure après rétablissement de la fistule, il ne donne plus que des flocons de moins en moins volumineux. Toutefois, si la fistule ne commence à verser du liquide qu'au bout d'une demi-heure ou d'une heure, les premières quantités obtenues sont très-coagulables et peuvent même demeurer telles si la sécrétion est longtemps languissante.
L'extrême coagulabilité n'est donc pas un caractère constant du suc pancréatique normal; elle peut manquer sans que, pour cela, le liquide soit altéré. J'en trouve la preuve dans les résultats de plus de vingt-cinq expériences suivies à toutes leurs phases sur le bélier, le cheval, l'âne, le porc et le chien. On voit, en eflet, chez les ruminants, par exemple, la sécrétion persister quelquefois pendant une semaine entière avec des caractères réguliers; les animaux mangei*, ruminer, et plus tard guérir à merveille, après la chute du petit appareil adapté à la fistule. Or, à part les petites quantités de suc recueillies pendant les premières minutes do l'expérience, tout le reste ne se prend point en masse sous l'influence de la chaleur : il donne seulement des flocons albumineux, et de plus il émulsionnc et acidifie les matières grasses à tous les moments de cette longue période.
Je ne veux pas dire pour cela qu'on n'obtienne jamais dans les expériences un produit plus ou moins modifié et altéré. Sans doute, lorsque la sécrétion devient, sur le chien, excessivement aliondantc le second jour après l'opération, parle fait de la péritonite et de l'inflammation du pancréas, le produit de la glande n'est plus, à beaucoup près, semblable à celui de l'état normal. De même, lorsque, après utic suspension de trois, quatre, cinq jours, la sécrétion se rétablit brusquement, elle ne fournit pas tout d'abord un liquide identique avec celui qu'elle donne, une fois que l'irritation du tissu glandulaire s'est entièrement dissipée. Dans ce cas, l'aspect trouble du suc et la présence des débris d*épithéUums indiquent assez qu'il n'a point encore recouvré ses caractères habituels.
La composition du suc pancréatique est ^ v^^ près couuue, mais elle n'a été déterminée jusqu'ici que pour le cheval, le chin » V^ bv^o^^* MM. Leuret et Lassaigne, en analysa^ ^ ^ t ,* Q^'i^* ^^^ oWuw sur \e cVieva\
,assaigne, en analys^|^^^ ^ .^^ qi
dans la première domihfiiro de l'expéK ^ 0^ oWVVwtwfe 9^,\ <Veaw. 0,9 de
maliëre animale soiuble dans i*alcool, de matière soluble dans Teau, d*albomine, de mucDS, de sonde libre, de chlorure de sodium, de potassium et de phosphate de chaux.
Tiedemann et Gmeiin ont trouvé dans celui de la brebis 96,35 d*eau, de Toismazôme, une matière caséeuse, beaucoup d*albumine, un peu d'acide libre, des carbonate, chlorure, phosphate, sulfure alcalins, du carbonate et do phosphate calcaires, 3,65. Celui du chien était épais, filant comme du blanc d'ceuf étendn d'eau; il contenait une forte proportion d'albumine, 91,28 d'eau et 8,72 de parties solides»
MM. Bidder et Schmidt ont trouvé dans le suc pancréatique du chien, immédiatement après l'établissement ^de la fistule, de SUk à 900 d'eau pour iOO; 90 de substance organique et 8 de sels. Le chiffre de la matière organique est tombé à 23, à 15 et même à 9, une fois que là fistule est devenue permanente ; alors îk ont obtenu la composition moyenne suivante, qui est loin de représenter, selon moi, celle du liquide pris dans de bonnes conditions, c'est-à-dire une heure ou. deux heures après l'établissement de la fistule; elle exprime celle d'un liquide très-aqueux produit sous l'influence d'une irritation chronique de la glande. Voici les deux analyses :