IV. — De l'addition
Destiné à recevoir les impressions produites par les vibrations que les corps éprouvent et qu'ils transmettent à l'atmosphère, le sens de l'ouïe donne à l'animal des notions nouvelles sur la présence des objets^ leur distance et leurs mouvements.
Appareil de Tandltioii. — Cet appareil compliqué qui recueille les ondes so* nores, les propage à une cavité membraneuse dans laquelle s'épanouit le nerf auditif, est formé de diverses parties qui sont, de l'extérieur à l'intérieur : l*" un pavillon cartilagineux résultant de l'union de plusieurs pièces mises en mouvement par un grand uombre de muscles ; 2** une cavité dite tympanique^ renfermant une chaîne d'osselets tendus entre deux fenêtres fermées par des membranes ; 3® une seconde cavité connoe sous le nom de labyrinthe^ comprenant le limaçon, le vestibule et les canaux semi-circulaires.
Le pavillon de l'oreille, qui manque à un grand nombre d'animaux, est une partie tout à fait accessoire. Il est formé dans les solipèdes de trois cartilages : le conchinien, l'annulaire et le scutiforme, dont l'ensemble représente généralement un cornet ouvert obliquement en avant et en dehors. Très-grand dans l'âne, le porc^ le lièvre, le lapin et la plupart des animaÉx timides, il est plus ou moins redressé dans le chat^ le chien de berger, le sanglier ; incliné ou pendant chez le bœuf, le mouton, la chèvre et l'éléphant. Sa direction, très-variable, a semblé en rapport avec le genre de vie et les besoins des espèces : elle n'est point dans celles qui chassent comme dans celles qui fuient. Les premières ont l'ouverture de la conque tournée en avant, afin de mieux saisir la trace de leur proie , les secondes l'ont dirigé en arrière, puisque le bruit de leurs ennemis leur arrive en ce sens. Ce pavillon, rétréci à sa base^
(1) Leuret et Gratiolet, Anatomiedu système nerveux. Paris, 18^9-1857, t 11^ p. 427.
embrasse le méat auditif qui forme tantôt un tube osseux plus on moins long, droit ou incurvé, comme on le voit dans les solipèdes et les ruminants, et tant^ une simple ouverture ovalaire comme dans les carnassiers.
Le tympan, placé entre le méat auditif et le rocher, constitue une cavité déprimée de dehors en dedans chez les solipèdes. A sa paroi extérieure se trouve la membrane du tympan fixée à un cerde osseux incomplet, de la circonférence duquel partent une série de lames rayonnantes qui viennent aboutir au rocher. Sa paroi interne, inégalement convexe, offre en haut la fenêtre ovale fermée en grande partie par la base de Tétrier ; en arrière et un peu plus bas, la fenêtre ronde ; entre les deux, le promontoire, éloigné de & à 5 millimètres de la membrane tympanique ; en dessous^ le relief du limaçon ; et enfin, tout à fait en avant, l'orifice supérieur delà trompe d'Eustacbe dont le pavillon s'accole à l'apophyse styloîde. Cette cavité, très-grande chez le bœuf, par suite du développement énorme des cellules mastoïdiennes, se trouve divisée» chez le chat, en deux compartiments inégaux, au moyen d'une lame osseuse mince, perforée et parallèle au cercle du tympan : l'un d'eux, l'externe, contient la chaîne des osselets; l'autre, plus grand, corresponde la fenêtre ronde et à une moitié de la saillie du limaçon.
Entre la membrane du tympan et la fenêtre ovale, s'étend la chaîne tympanique composée de quatre osselets articulés : le marteau, l'enclume, le lenticulaire et l'étrier. Le premier, courbé sur lui-même presque à angle droit, est fixé par son manche à la membrane du tympan : il s'articule par une large surface de son extrémité renflée avec l'enclume. Ce second osselet, situé dans la région la plus élevée de la caisse, porte en avant une éminence terminée en pointe, et en arrière une seconde éminence plus longue et plus courbée que la première, pour se mettre en rapport avec le lenticulaire. Celui-ci, très-petit, déprimé, se trouve au niveau même du promontoire. Enfin, l'étrier, logé dans l'excavation de la fenêtre ovale, offre un petit disque sur lequel repose le lenticulaire, et à son extrémité opposée, un autre disque bien plus grand, destiné à fermer à peu près complètement la fenêtre vestibulaire.
Ces osselets sont pourvus de petits muscles sur l'existence et le nombre desquels on n*est pas encore bien fixé. Cuvier en décrit quatre : trois pour le marteau et un pour Tétrier ; de Blainville et Breschet, deux seulement. Les solipèdes en possèdent deux très-distincts et pourvus d'une partie charnue assez considérable. Le premier, ou le muscle interne du marteau^ est allongé, cylindrolde, couché dans une scissure sur le trajet de l'aqueduc de Fallope, au bord antérieur de la cavité tympanique. Il naît près de l'orifice de la trompe d'Eustacbe en confondant ses fibres avec celles du stylo^pharyngien, et va se terminer pk> un petit tendon à l'apophyse aiguë du col du marteau. Son action est évidemment de tirer le premier osselet vers le rocher, et par conséquent de tendre la membrane du tympan. Le muscle de l'étrier, très-court, renflé^ charnu et très-rouge à sa base, est logé dans une profonde excavation au-dessus du promontoire, puis recouvert d'une lame fibreuse qu'il faut détruire pour l'apercevoir. Son tendon, pourvu d'un noyau osseux miliaire, passe sur une éminence grêle en arrière de la fenêtre ovale, et vient s'insérer à la branche postérieure de l'étrier, tout près du lenticulaire. Quant aux musdes externe et antérieur du marteau, ils existent réellement : l'un vient