‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 49 sur 191 · DE V AUDITION · texte numérisé non relu

DE V AUDITION

s'ÎQsérer toot près de t'interne, et l'autre à une pointe aiguë de l'extrémité reniée du premier osselet, mais ils sont entièrement tendineux, ainsi que Mûller l'a vu chez l'homme. Dans les ruminants, le muscle tenseur du tympan est énorme, conique et enfoncé dans une excavation antérieure à la fenêtre ovale; le muscle de rétrier, également très-considérable, oiïre à l'extrémité terminale de son tendon, comme Dugès l'avait déjà vu, une ossification un peu plus grande que celle du cheval. Ces deux muscles, qui sont encore très-développés dans le chien et le chat, paraissent les plus essentiels à l'audition. C'est bien à tort que Nagendie et Dugès les ont dit remplacés , dans les mammifères autres que les singes, par des brides élastiques et tendineuses faisant l'ofiSce de muscles en contraction permanente.

Sur un plan plus interne que la caisse du tympan, se trouvent plusieurs cavités communiquant les unes avec les autres et constituant par leur ensemble le labyrinthe osseux ; ce sont : le limaçon, le vestibule et les canaux semi-circulaires.

Le limaçon ou cocblée, dont la base est située en haut et en arrière, au niveau de la fenêtre ronde, forme par sa paroi externe une légère saillie oblique dans la cavité tympanique. Ilest divisé en deux compartiments par une lame spirale, os^ seuse du côté de l'axe sur lequel elle s'enroule^ et membraneuse à la circonférence, lame qui décrit trois tours dont le premier est beaucoup plus grand que les deux autres. Le compartiment supérieur ou la rampe vestibulaire communique avec l'inférieur ou rampe tympanique, près de la pointe du limaçon. Leur intérieur est rempli par un fluide séreux, transparent, immédiatement en contact avec les nombreuses divisions nerveuses étalées à la surface de la lame spirale. Ce fluide est de même nature que celui qui baigne les parties molles renfermées dans le vestibule et les canaux semi-circulaires.

Le vestibule, placé en regard de la fenêtre ovale, constitue une cavité en coquille recourbée sur elle-même, communiquant inférieurement avec le limaçon et recevant en haut les orifices des canaux semi-circulaires.

Ceux-ci peuvent être distingués, chez les solipèdes, en externe, interne et postérieure. Le canal externe, le plus petit, est vertical et presque parallèle à la face externe du rocher. L'interne, moins vertical que le précédent, est oblique du côté du crâne; enfin, le postérieur, à peu près horizontal, dirige sa convexité en arrière. Ces trois canaux viennent s'ouvrir par quatre orifices dont deux doubles au-dessous et en aiTière de la fenêtre ovale, pour le canal postérieur, la branche inférieure du canal interne et l'inférieure de Texterne; les deux autres, simples en dessus et en avant de cette fenêtre, pour les branches supérieures des canaux externe et interne.

Le labyrinthe membraneux, composé de trois tubes, de l'utricule ou sinus médian, et du sac, est contenu dans les canaux semi-circulaires et le vestibule, qu'il ne remplit pas complètement. L'espace laissé entre ces parties molles et les parois internes du labyrinthe osseux est occupé par un fluide séreux, limpide, connu sous le nom de lymphe de Cotugno ou de périlymphe.

Les tubes membraneux des canaux semi-circulaires n'ont pas le même diamètre que ces canaux. Leur surface externe est séparée des parois de ces derniers par la périlymphe qui existe en graude quantité dans la cavité vestibulaire, A leurs extré-

Hii DES SENSATIONS.

mités, ils se dilatent pour former des ampoules et s^ouvrir daus Tutricule; eafin^ leur cavité est pleine d'un liquide communiquant avec celui de Tutricule et du sac. . L*utrîcule, ou sinus médian, est la poche à parois presque transparentes qui occupe la partie supérieure du vestibule et reçoit les orifices des tubes semi-circulaires. Sa cavité est pleine de liquide, et ses parois, pénétrées par une infinité de filets nerveux, offrent à leur face interne un petit amas de poudre calcaire signalé par Breschet, très-apparent chez le cheval et les animaux ruminanls. Âu-dessons de Tutricule, entre lui et le limaçon, se trouve la petite cavité connue sous le nom .de sac ou saccule, contenant un liquide semblable à celui de la première poche avec laquelle il paraît communiquer par une petite ouverture.

L'appareil de Taudition, ainsi constitué chez les mammifères^ n'offre pas, à beaucoup près, dans tous les animaux, le même degré de complication. Sa partie fondamentale, qui persiste alors que tous les accessoires disparaissent successivement, consiste dans une poche à parois membraneuses dans lesquelles s'épanouissent les ramifications terminales du nerf auditif. Cette poche pleine de liquide, réduite à sa plus simple expression dans la plupart des mollusques et des articulés, s'entoure déjà^ chez les céphalopodes, d'un réservoir cartilagineux, et laisse voir dans sa cavité des concrétions solides plus ou moins volumineuses. Chez les poissons, il n'y a encore ni cavité tympanique, ni limaçon, mais il y a un vestibule contenant des concrétions calcaii-es, et de plus, un, deux, ou trois canaux serai-circulaires. Chez les reptiles, ou du moins chez une paitie d'entre eux, il y a, entre le vestibule et les canaux, une caisse du tympan, des osselets et des fenêtres. Enfin, chez les oiseaux apparaissent, avec quelques différences, /toutes les parties qui caractérisent l'appareil auditif des mammifères; seulement la chaîne des osselets y est plus simple, et le limaçon tubuleux n'y est point tordu en spirale, ni divisé en deux rampes par une lame ostéo-membraneuse.

Mécaninne de l'andiaon. — L'appareil auditif, dont je viens de rappeler les dispositions essentielles, est impressionné par les mouvements vibratoires produits dans les corps^ puis propagés dans l'air et transmis aux parties profondes où s'épanouissent les dernières divisions du nerf acoustique.

Tous les corps, solides, liquides ou gazeux, sont susceptibles de vibrer et, par conséquent, de devenir sonores. Les solide et les gaz jouissent surtout de cette feculté.

Les vibrations qui donnent naissance au son résultent d'un déplacement oscillatoire des molécules d'un corps. Dès que ces molécules ont été déplacéas, soit par leur rapprochement, soit par leur écartement, elles tendent à revenir à leur situation normale, et en y revenant elles la dépassent, d'où une série d'oscillations comparables à celles du pendule. Celles-ci peuvent se développer dans l'air ou être communiquées à ce Guide par le corps dans lequel elles s'effectuent, sans que leur nature éprouve de modifications.

Les oscillations moléculaires donnent lieu à la formation d'ondes sonores dites stationnaires, quand elles sont circonscrites dans des limites déterminées; progressives^ quand elles s'étendent graduellement du point ébranlé aux parties de plus en plus éloignées. On les appelle ondes de condensation si elles résultent du rapprochement des molécules; ondes de dilatation, si elles proviennent de leur écartement ;

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