‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 62 sur 191 · IV. — Des déplacements du corps et dd centre de gravité · texte numérisé non relu

IV. — Des déplacements du corps et dd centre de gravité

L*impuIsioii que les membres donnent au corps produit des déplacements^ plus i

ou moins rapides et plus ou moins étendus, dont il faut déterminer la vitesse et les principaux caractères.

L*étendue de ces déplacements, qui est loin d*étre la même pour toutes les allures, peut être très-exactement précisée par la voie expérimentale, surtout eu ce qui concerne le pas. Tamble et le trot. Déjà nous savons théoriquement que l'espace parcouru par le corps et le centre de gravité, pendant la durée du pas complel d'une allure quelconque, est mesuré par Tamplitude de l'oscillation d*une extrémité, ou, en d'autres termes, par la distance qui existe entre la foulée qu'un pied vient (le quitter et celle qu'il va occuper immédiatement après. Parlant de cette donnée, il sera facile de traduire, par des chiffres, la formule abstraite qui a été établie dans nos précédentes démonstrations. Or, dans le pas très-lent, l'espacje franchi par une extrémité ne dépasse guère l'intervalle qui existe^ lors de la station, entre le pied de devant et celui de derrière du même côté. Dans le pas ordinaire et dans le pas de grande vitesse, cet espace est plus considérable, puisqu'il peut égaler une fois et demie la longueur de la base de sustentation, bien que la piste du pied de derrière ne fasse que recouvrir celle du pied antérieur; enfin, dans le trot, il est double de la distance qui sépare, pendant la station, le pied antérieur du pied postérieur.

L'étendue de l'espace franchi par une extrémité à chacun des déplacements qu'elle effectue n'est pas le seul élément de la vitesse. Celle-ci tient encore à la rapidité avec laquelle les pas s'opèrent, se succèdent, rapidité qui, elle-même, dépend de l'instabilité de l'équilibre.

L'instabilité de l'équilibre, regardée depuis longtemps comme la mesure de la vitesse, va croissant du pas à l'amble^ au trot et au galop : car, dans le pas, le corps est toujours sup|)orté par deux extrémités qui appartiennent tour à tour à uq bipède latéral et à un bipède diagonal ; dans le trot, il est alternativement en l'air et soutenu par un bipède diagonal ; dans le galop, il est successivement sur un seul pied, sur deux et en l'air. Conséquemment, la masse du corps projetée en haut et en avant étant, de plus en plus, en danger de tomber, il faut que les membres se portent en avant avec une rapidité graduellement croissante* pour la soutenir. Et l'on conçoit que leur jeu doive arriver à, son maximum de rapidité lorsque le tronc est tout à fait détaché du sol, même lorsqu'il est seulement soutenu par un membre.

Pour se rendre compte des modifications apportées à l'équilibre dans les diverses allures et dans les divers temps de chacune d'elles, il faut prendre pour point de départ les conditions d'équilibre de la station normale.

Dans la station quadrupédale, le corps a une base de sustentation d'une étendue considérable, représentant un parallélogramme dont la longueur, chez les solipèdes, est trois à quatre fois égale ii sa largeur. Le centre de gravité, dont la position exacte n'a jamais été déterminée, correspond, à peu près, à l'intersection de deux lignes, l'une verticale tombant en arrière de l'appendice xiphoîde du sternum.

l'autre horizontale séparant le tiers moyen du tiers inférieur du corps. Gouséqneroment, la ligue de gravitation, voisine du plan de la huitième côte , doit tomber à environ 15 centimètres en arrière du coude et à kO en arrière de la pince des pieds antérieurs, sur un cheval de taille moyenne dont le parallélogramme de la base de sustentation a, à peu près, 1"*,20 de longueur, sur 35 de large, soit au tiers antérieur du grand axe de cette base. 11 serait à une hauteur de 1"*,20 environ, hauteur égale à la longueur de la base de sustentation, sur un cheval de selle bien proportionné.

Comme la ligne de gravitation tombe plus près des membres antérieurs que des postérieurs, les premiers doivent supporter, dans la station, comme dans les mouvements progressifs^ une plus forte charge que les derniers. D'après une expérience de MM. Morris, et Baucher, Textédant de charge des premiers équivaut à un sixième de la charge dés autres. Cet excédant est accru, dans des proportions considérables, par suite de l'abaissement de la tête, et il est diminué au contraire par le fait de son élévation.

Il est clair que la position du centre de gravité et la répartition du poids du corps sur les membres doivent varier beaucoup, suivant la conformation desani-* maux dont la tête, l'encolure, l'abdomen et la croupe offrent des proportions si diverses. En expérimentant, à l'aide de la bascule de l'École, sensible à 1 ou 2 kilogrammes près, et en pesant successivement le train de devant et le train de derrière^ j'ai constaté, sur un cheval du poids de Al 9 kilogrammes, que le train de devant supportait 73 kilogrammes de plus que celui de derrière; et, sur un cheval de trait de &70 kilogrammes, que le premier train portait 88 kilogrammes de plus que le second, soit un excès de charge équivalant à plus du cinquième du poids total. Le cavalier a fait porter par le train antérieur environ les deux tiers de son poids dans la position verticale, les quatre cinquièmes et plus dans la situation irès-inclinée en avant, et les trois cinquièmes seulement, alors qu'il se renversait fortement en arrière: Dans ces deux dernières positions, l'inclinaison était plus prononcée qu'elle ne l'est sur l'animal en mouvement. Voici les résultats dounés parla bascule :

Page 1