RHINOCÉROS
nuMénoR des pas.
LONOt'KUn
des pas.
Mètr.
OBSERV.VTIONS.
Éléphant. Distance, lors d« la station, entre le pieW de devant et le uied#de deii'ière, 0",80.
Les distances sont prises àii la partie antérieure d'une pinpreiqte à la partie antérienre de l'empreinte snivante du même pied.
Rbinoréros. Distance, lors de la station, entre le pied de devsnt et celui de derrière, l-,96.
recouvrent dans le pas ordinaire; la postérieure dépasse même souvent l'anlérieure dans le pas allongé. L'obliquité des mouvements des membres fait quelquefois que les pistes qui devraient se recouvrir se trouvent Tune à côté de l'autre sur la même ligne transversale.
L'élépbant a un pas dans lequel la piste du pied de derrière recouvre aussi celle du pied de devant ; mais l'espace parcouru par un des pieds est de beaucoup plus considérable que la distance qui, lors de la station, sépare rantérienr du postérieur. Le rhinocéros, au pas ordinaire, laisse la piste du pied postérieur à 25, 30 centimètres de Tantérleure ; ces pistes ne viennent à se toucher, sans se recouvrir, que dans le pas allongé.
Le pas est l'allure propre à la plupart des quadrupèdes de moyenne taille et ï ceux de haute stature. Ils la prennent naturellement, sans le secours de l'éducation ni de l'exercice; maison ignore pourquoi la girafejlh][ène, et d'autres ont une V/ allure différente. — "
£Ue convient parfaitement aux animaux qui traînent de lourds fardeaux et à ceux qui supportent des charges considérables ; elle leur permet alors de déployer la plus grande somme de forces avec aussi peu de fatigue que possible. ,
En résumé, les particularités les plus saillantes de cette allure peuvent se formuler dans les propositions suivantes : . ,
1"* Les membres se lèvent successivement dans cet ordre : antérieur droit, postérieur gauche, antérieur gauche et postérieur droit. ,
2® C'est toujours par le lever d'un pied de devant qtie s'entame l'allure, par le droit ou le gauche, s'ils se trouvent sur la même ligne transversale, ou par le plus reculé dans le cas contraire. ,
3* Une fois l'allure engagée, le membre antérieur se lève constamment avant le postérieur qui forme avec lui un bipède diagonal et, au contraire, après le membre postérieur avec lequel il forme un bipède latéral.
&'' Il y a quatre levers et quatre poser5 distincts. Le lever d'un membre coïncide avec le poser du membre qui lui fait face sur une ligne transversale, lors de la station.
5® Le lever d'un membre est séparé du lever du membre suivant par l'espace d'un temps, de telle sorte que le dernier levé est en retard d'une demi-oscillation sur celui qui l'a précédé.
6*^ Le premier membre levé dans un pas ne revient à l'appui qu'à l'instant où le troisième quitte le sol, et ainsi successivement.
7* Chaque pied est deux temps en l'air et deux temps sur le sol.
8** Les deux temps de l'appui d'un membre antérieur sont isochrones avec les deux temps de la course de l'autre membre antérieur. Il en est de mênie des membres postérieurs, l'un par rapport à l'autre.
9"* Pendant les deux temps de son oscillation, chaque membre levé parcourt, à lui seul, le trajet que fera le centre de gravité pendant les quatre l;iemps d'un pas complet.
10" Les oscillations de deux membres levés ne peuvent ni commencer ni finir ensemble. Celle du pied qui le premier a quitté le sol est effectuée à moitié quand celle du pied levé ensuite est à son début.
kZO DES MOUVEMENTS.
a*" Les pieds oscillants, à an moment donné, sont à leur minimum d'écariemoit ou à la distance d'un demi*pas, quand ils constituent un bipède latéral, et au maximum d'écarteu^ent ou à la distance d*un pas lorsqu'ils forment un bipède diagonal
12*' Il y a toujours deux pieds à l'appui, comme il y en a deux en l'air, si ce n'est au début de l'allure.
13"^ Sur les deux temps d'appui chaque membre soutient le corps en faisant partie, dans l'un d'un bipède diagonal, dans l'autre d'un bipède latéral. £nd'aaures termes, les membres donnent une base de sustentation alternativement diagonale et latérale.
i&* La base de sustentation diagonale est égale h la moitié de la base latérale : la première représente l'étendue d'un demi- pas, la seconde celle du pas tout entier.
IS*" Des quatre temps du pas, deux sont des temps d'impulsion ; chacun coïncidant avec le second de l'appui du membre postérieur; il est précédé et suivi d'un temps de non-impulsion.
16"* Chacun des temps d'impulsion correspond à l'appui du corps sur le bipède latéral dont le membre impulsif fait partie : aussi l'impulsion est-elle oommuni'* quée en ligne droite au membre antérieur à l'appui et en diagonale à l'antérieur levé.
17® Le mouvement progressif imprimé au centre de gravité est continu, mais sac^ cadé, deux fois accéléré et- deux fois ralenti pendant la durée d'un pas complet.
18° Sa vitesse moyenne est de 1°*,50 à 2 mètres par seconde. L'espace parcouru est plus long pendant l'oscillation du bipède latéral que pendant celle du bipède diagonale
19® Les battues ne paraissent pas devoir se succéder à des intervalles égaux; celles du membre postérieur et de l'antérieur du même côté, que sépare le temps de l'appui sur un bipède diagonal, sont plus rapprochées et les battues des membres diagonaux séparées par l'appui sur un bipède latéral soât plus, écartées.
20® L'association des battues est telle, que celle du pied antérieur précède la battue du pied postérieur formant ensemble un bipède diagonal, tandis que la battue de l'antérieur suit celle du postérieur dans un bi|)ède latéral.
IL — De l'amble.
L'amble est une allure caractérisée par le jeu aftenMtif des deux bipèdes latéraux, et dans laquelle il y a constamment deux pieds levés et deux pieds à l'appui.
Dans cette allure, plus simple et plus rapide que le pas, les deux membres do même côté^ l'antérieur et le postérieur, se lèvent ensemble, parcourent simultanément leur trajet, et retombent à la fois sur le sol, puis les deux autres du côté opposé se lèvent à leur tour, se portent en avant et reviennent à l'appui ; après quoi les premiers recommencent leur action, et ainsi de suite, sans aucune interruption.
Le pas complet de l'amble se compose de deux temps égaux : l'un pendant lequel le bipède latéral droit est en l'air et le gauche à l'appui ; l'autre pendant lequel, au contraire, le bipède latéral gauche est en l'air et le droit à l'appui. Dans chacun de ces temps, les deux membres d'un bipède se lèvent, parcourent leur trajet et reviennent sur le sol ensemble; leurs oscillations sont de même amplitude et parfaitement isochrones : l'instant de leur poser est celui du lever des deux membres
DE L'AHBIe. hit
de l'aatre bipède, de telle sorte qu'il n'y a point, comme daus le trot et le galop, de lerops intercalaire pendant lequel le cotps se Ironie complètement en l'air.
Dans l'amble r^ulier des solipèdes, les deux membres qui jouent ensemble conservent toujours lear parallélisme. Au commencement de leur action, ou à leur lever, ib sont obliques de haut ea bas et d'avant en arrière ; an inilien de leur course, ils sont verticaux, et à l'instant de leor poser, ils prennent une obliquité, inverse ï celle du début de leur oscillation. Leur appui, qui s'elleclue au mSme instant, pour les deux pieds du miime côté, ne fait entendre qu'une battue, mais laisse deux foulées distinctes, celle de l'eilrëmilé postérieure dépassant plus ou moins celle de l'extrémité antérieure ; en tout deux battues et qnatre foulées pour DU pas complet de cette allure.
L'amUe présente suivant |es igea et les espèces plusieurs variétés remarquables.
Quelquefois, surlout lorsque l'allure est lente, les deux pieds d'un bipède latéral ne se lèvent pas eu même temps et appuient l'un après l'autre, quoique à un trèscourt intervalle ; leurs battues deviennent alors distinctes, bien que celles des extrémités du même côté soient très -rapprochées. Cette variété, qui s'observe assez fréquemment sur les animaux jeunes, sur les sujets affaiblis ou fatigués, et notamment lorsque la progression est très-lente, lient le milieu entre l'amble régulier et le pas ordinaire; elle offre, dans la succession des extrémités, une combinaison analogue i celle des deux temps du pas pendant lesquels le corps est supporté par un bipède latéral, le pied antérieur s'ëiant levé après le postérieur du même c6té.
tlnc seconde modJGcation de l'amble s'observe chez la girafe. Les deux membres de chaque bipède latéral de ce ruminant n'ont point une action tout ft lait simultaoée; ils ne se lèvent point ensemble et ne reviennent pas à l'appui au même instant Le pied postérieur entame l'allure, et, â chaque temps, il continue à se lever avant l'anlérieur du même cdté ; aussi y a-t-ll quatre temps distincts dans celte allure, dont deux lrè»-courts et deux autres beaucoup plus longs. Si l'amble débute par le leva: du pied postérieur droit, par exemple. Il y a à l'appui, dans le premier temps, le bipède latéral gauche et le pied antérieur droit ; dans le second, le bipède latéral
fl32 DES HOUVEMENTS.
gaache; dans le iroisiâme, le bipËdc latëial droit et le membre antérieur gancbe ; ealia, dans le quairième, le bipède latéral droit La distance qui sépare le lever du pied antérieur de celui du pied postëricar dj même côié, devient d'autant plus grande que l'allure est plus ralentie. Dans l'amble très-lent, le pied antérieur ne se lève, pour ainsi dire, que lorsque le postérieur vient le chasser, tandis qu'il quitte le sol à peu près en même temps que l'autre, lorsque l'allure est rapide. Enlîn, dès que l'amble a aaïuis une certaine vitesse, il ressemble tout à fait à celui des solipèdes. Du reste, quelle que soit la rapidité ou la lenteur de ce mode de pn^ressioD, . la fonléc du pied de derrière dépasse de beaucoup celle du pied de devant.
Il est à noter que l'ambie est le mode ordinaire de progression de la girafe. Gel animal ne va jamais au pas, quoi qu'en aient dit les auteurs arabes cités par Bartbes. Seulement, quelquefois, le ruminant change de place en disant agir ses membres en diagonale, et alors, contrairement il l'assertion de quelques-uns, c'est le pied antérieur qui se porte le premier en avant. '
L'amble du dromadaire présente sensiblement les mêmes caractères que celai de la girafe; il se substitue au pas dès que la pn^ression devient un peu rapide. Si l'on examine le dromadaire marchant avec lenteur, ou voit trés-maoifestemenl que les deux pieds du même cOté n'agissent point ensemble, le postérieur appuie alors que l'antérieur se lève, et la piste du premier reste en arrière de celle du second. Ce n'est qu'il partir du moment où l'animal est un peu pressé qu'il va l'amble. Sa marche lente est une allure bâtarde tenant du pas et de l'amble, sans être abeolnment ni l'uo ni l'autre.
TUOT. ^33
Dans l'amble rimpolsion est intermittente comme dans le pas ordinaire. Elle est donnée, eu deux demi-temps séparés, dans là seconde moitié de l'appui du membre postérieur qui passe de la verticale à Tobliquité en arrière. Le membre antérieur du même côté, qui est à TappuK la reçoit directement. C'est à la fin de celte période que le corps est jeté sur Tautre bipède latéral. Il y demeure un autre demi-temps avant de recevoir la nouvelle impulsion du second membre postérieur.
Les déplacements que le centre de gravité éprouve dans l'amble sont plus simples que dans le pas. Les déplacements suivant le sens horizontal peuvent être représentés par des lignes obliques réunissant le tiers antérieur de la ligne de jonction des deux membres d'un bipède latéral avec le tiers antérieur de la même ligne de l'autre bipède. Us sont aussi étendus que possible, puisque le centre de gravité passe alternativement de la limite droite à la limite gauche du rectangle circonscrit par les membres. Aussi l'instabilité extrême de l'équilibre rendant la chute sans cesse imminente, nécessite-t-elle une rapide succession des extrémités.
Les déplacements verticaux consistent essentiellement en deux paraboles dont les cordes obliques, relaliyement à la ligne qui prolonge l'axe du corps, sont précisément les lignes des déplacements horizontaux ; mais les premiers sont moins considérables que ceux du pas et du trot, car le cheval ambleur rase le tapis.
L'espace parcouru dans l'amble par le jeu successif des quatre extrémités est à peu près égal à celui du pas, mais la vitesse de la première allure est évidemment supérieure à celle de la seconde, à cause de la différence très-marquée qui s'observe en faveur de l'amble dans la célérité avec laquelle s'effectuent les déplacements des membres.
L'amble est une allure assez douce dont les réactions sont moins pénibles que celles du trot. Sa vitesse compense le brillant et l'élégance qui lui manquent Naturel à certains chevaux, il est quelquefois le résultat momentané de l'éducation, de l'âge et de la faiblesse des animaux.
IIL — Du TROT.
C'est une allure dans laquelle chaque bipède diagonal est alternativement au lever
et à l'appui.
Le trot s'effectue en trois temps très-distincts : dans le premier, le corps est sup- .porté par les deux membres du bipède diagonal droit ; dans le second, il est en l'air; et dans le troisième, il est soutenu par le bipède diagonal gauche.
Il est très-facile de se rendre compte du jeu des extrémités à chacune de ces trois périodes successives. Pendant le premier temps, les deux membres du bipède diagonal droit, par exemple, c'est-à-dire l'antérieur droit et le postérieur gauche, se lèvent ensemble et viennent, à la fois, rencontrer le sol en ne faisant entendre pour les deux qu'une seule battue. Mais avant qu'ils reviennent à l'appui, les deux membres du bipède diagonal opposé se lèvent, car le pied postérieur doit se placer dans la piste du pied antérieur et très-souvent la dépasser. C'est là ce qui constitue le temps intercalaire durant lequel la masse du corps, privée d'appui, se trouve tout à fait suspendue en l'air. Enfin, dans le troisième temps, d'une durée égale à celle c. couN. — Physiol. comp., 2* édit, - i, — 28
MU DES HOnVBHEMTS.
dn premier, le bipède diagonal gauch» parcourt son trajet de li même miniën ifue l'autre bipède. Les membres se meuvent donc par pairea, l'antérieur droit STec le postérieur gauche, l'antérieur g;atiche avec ie postérieur droit. Les deux de chaque Iripède M lèvent, effectuent leur oocillation et retombent sur le sol l'un avec l'Kttn. Il n'y a qn'une battue pour duque paire diagonale, et, par conséquent, qne deui battues dans un pas complet.
Fie. 65. — u trot.
La durée relative de ces trois temps ne saurait être exactement précisée. Trteprobablement le temps de suspension est court, relativement an deox' autres, dans le trot lent ; el il s'allonge à mesure que la vitesse de l'allure s'accroît, car il semble devoir être nne condition de cette vitesse même. Et ce qui l'indique c'est que, soivant la remarque de H. Baabe, le cheval trotteur peut, dans ce temps, franchir des barres successives placées ii un pied au-dessus du sol : il le peut évidemment avant que le corps lancé par un bipède diagonal ne retombe sur l'antre.
Cependant, il ; a un trot dont les deux battues ne sont pas franches. Les membres d'nne paire diagonale, sans tomber successivement, ne percutent pas avec isocbronisRK parfait : ils donnent une battue traînée, comme le disait Bourgelat, une battue résultant de deux battues accouplées. Cela arrive aux chevaux faibles, anx chevaux trop chaînés et à ceux qu'on a mal dressés. L'amble nous a déji offert nne anomalie du même genr&
Dans le trot ordinaire, le pied de derrière venant prendre la place laissée par le pied de devant, on ne compte que deux foulées pour les quatre extrémités ; mab dans le trot de grande vitesse, le pied postérieur dépassant héquemment l'empr^te de l'antérieur, il y a quatre foulées rassemblées deux k deux. La même pa^tîcularité s'observe aussi fort souvent dans le trot de moyenne vitesse. Enfin, dans le tout petit trot, le pied postérieur n'atteint pas la piste du pied antérieur; 3 vient k l'appui avant que celui-ci se soit levé. Cette fois, l'allure n'a pins guère qne deax temps, la période de suspension est à peu près supprimée, et les extrémités binent