DE LA MORT
OBSERVATIONS
Hat sui'imilol
Rat albinos, 5 mois....
Rat surmulot p. adulte.
Ratalbin.p. adulte
Souris
.Mort ap. I m. 30.
Mort ap. 2 m. 32.
.Mort ap. 2 m.
Mort ap. 2 m. 45.
Morte ap. 1 m.
Morte ap. 1 m.
Morte ap. 1 m.
Morte ap. 1 m. 30.
Morte ap. 1 m. 30.
Morte ap, 1 m.
Morte ap. 2 m. 30.
Mort ap. 2 m.
Mort à 1 m. 30,
Mort ap. 1 m. 15.
Morte ap. 5 heures.
Morte ap. 9 heures.
Ret. de l'eau fin de la 3° m.
Tombé au fond après 1 m,
tombé au fond à 1 m. 1/2.
Ret. ap. 1 m. élect. neseran. pas.
Ret. ap. 2 m. ne se ranime pas.
Ne se ranime pas.
Ne se ranime pas.
Ouvert aussitôt, le cœur bat.
Retiré aussitôt, ne revient pas.
Ouv. le cœur bat.
Th. ouv. à 2 m. plus de batt.
Elect. après 2 m. sans res.
Souris
Souris
Souris
Souris
Souris
Souris jeune
I^Ioineau jeune
Moineau
Pio-eon
Grenouille
Grenouille
Tortue
Asphyxie i»ai* raréfaction «le Fair. — C'est celle qui se produit à des hauteurs considérables, sur les montagnes et dans les aérostats. Elle est nécessairement compliquée des effets qui résultent de la diminution de la pression atmosphérique et de l'abaissement de la température.
Lorsque l'homme fait l'ascension d'une montagne, il éprouve généralement, à partir d'une altitude de 4000 mètres un malaise plus ou moins prononcé : oppression, respiration pénible, fatigue générale et particulièrement des membres qui l'oblige à s'arrêter à tout instant pour reprendre haleine, céphalalgie, vertiges, bourdonnements d'oreilles, palpitations, défaillances, nausées, vomissements, épistaxis, saignement des gencives, somnolence, besoin irrésistible de dormir tellement prononcé que parfois on s'endort même en marchant. La peau pâlit dans l'ensemble du corps, les lèvres bleuissent, les veines superficielles se gonflent, le pouls s'accélère et dévient petit. Ce malaise, dit mal de montagne, est tantôt passager, d'autrefois d'une durée de plusieurs heures, même de plusieurs jours.
A des hauteurs plus grandes 7, 8, 9 mille mètres dans les ballons, le malaise s'accentue d'avantage, la face devient violacée, la vue se trouble, l'oppression est extrême, la tendance au sommeil devient invincible ; la faiblesse, voisine de la paralysie est si prononcée que les bras se soulèvent avec peine pour se porter à la bouche ou déplacer un objet; il y a insensibilité, perte de connaissance, assoupissement, hémorrhagies nasale, pulmonaire et autres.
Les mêmes effets ont été observés sur les animaux, notamment sur les chevaux, les mulets qui servent de montures dans les ascensions sur les montagnes. On les a constatés quelquefois sur les chiens, les oiseaux, dont les ascensionnistes se font accompagner. Ces animaux ont la respiration haletante et plaintive ; ils cherchent à s'arrêter et à se coucher ; ils tremblent et s'abattent lourdement si on refuse de les laisser en repos. Il faut les frapper sans cesse pour les contraindre à avancer. Ils ne peuvent, sans grands efforts, porter les fardeaux qui ne les fatiguent pas dans les plaines et aux basses altitudes. Quelquefois, dit
M. Boussingault, on en voit tomber sur les hautes montagnes des Andes dans un état voisin de l'asphyxie. Les mules s'abattent quelquefois et meurent en gravissant les hauteurs. Les pigeons, dans l'ascension de Glaysher, jetés hors du ballon, ne se soutenaient que difficilement à 5 000 mètres. A 6 400, ils tourbillonnaient en descendant et, à 8 000, tombaient comme des corps lourds. L'un d'eux mourut dans sa cage, probablement asphyxié.
Au delà de 8 000 mètres, dans les aérostats, les phénomènes asphyxiques les plus caractérisés peuvent se produire concurremment avec ceux qui résultent de la diminution de la pression atmosphérique. L'aéronaute devient incapable d'aucun effort ; il peut à peine mouvoir ses membres et se déplacer, tombe dans l'assoupissement, perd connaissance, sa sensibilité s'émousse et s'éteint, sa bouche se remplit d'écume sanguinolente, et il peut mourir dans des délais assez courts. Mais à des altitudes moyennes de 3 à 4 .oOÙ mètres, l'homme et les animaux s'habituent à vivre sans trop de peine. L'homme se livre à des exercices pénibles, à la course et à la danse. Sur les hauts plateaux du Mexique, les chevaux traînent de lourds fardeaux. Les taureaux y sont très aptes aux combats dans lesquels les nouveaux venus n'ont aucun succès. Néanmoins ces animaux y souffrent beaucoup plus qu'au niveau de la mer par les fortes chaleurs. Au Mexique, déjà à 3000 mètres, les chiens nouvellement importés ne peuvent point chasser le lièvre, que leurs petits, acclimatés, poursuivent cependant avec avantage.
Aux altitudes limites pour l'habitat de l'homme et des animaux, tous subissent des modifications fonctionnelles qui se traduisent à la longue par des accidents ou des états morbides plus ou moins graves. Au Mexique, d'après Jourdannet, l'anoxyhémie est un fait ordinaire dont la physiologie donne parfaitement la raison. Dans les Andes, les Indiens à large poitrine et les lamas résistent assez bien à l'influence de l'altitude, mais tous les autres en sont impressionnés. La fatigue les expose souvent à des conséquences très graves. Ils ne peuvent porter d'aussi lourds fardeaux ni parcourir d'aussi longs trajets qu'au niveau de la mer ; le surmenage a pour eux des effets désastreux. En 1817, on a vu périr dans une traversée des Andes, à 4 300 mètres, plus de mille chevaux et de quatre mille mulets. Une partie de ces animaux suffoquaient, s'ils étaient chargés et contraints à des marches précipitées. Les plus forts étaient ceux qui périssaient le plus vite.
Certains accidents ont paru assez communs sur eux ; ainsi, les hémorrhagies nasales sur les mulets ; — les vomissements de sang, signalés par de Humboldt sur les bœufs pourchassés à des hauteurs de 6 à 7 000 mètres ; — les indigestions sur les solipèdes, avec météorisation plus ou moins prononcée'; — les vertiges, la lipothymie, qu'on attribue à l'anémie cérébrale ; — les affections des voies respiratoires et les convulsions, l'épilepsie, les paralysies, qui abrègent l existence des petites espèces; — les hémorrhagies des centres nerveux qui, dit-on, les tuent subitement, derniers accidents qui rendent la limite des neiges perpétuelles inhabitable pour le chat et le chien.
Les troubles fonctionnels et les accidents qui se produisent dans les ascensions ne commencent à se manifester qu'à partir de 3 à 4 000 mètres ou à une
1, LigLiistin. Journal de méd, vUcrin, miUt., t. III,
pression barométrique de 4U à 45 centimètres : ils se font sentir plutôt dans les régions tempérées que sous les tropiques, car le froid contribue à les faire naître et à les aggraver. C'est à la zone des neiges perpétuelles qu'on commence à les voir se dessiner, c'est-à-dire à 2 700 mètres dans les Alpes, et à 4800 dans les Andes.
Très probablement ces troubles et ces accidents ne se font pas sentir au même degré chez les espèces qui séjournent ou qui s'élèvent momentanément aux plus hautes altitudes habitées. Ils paraissent devoir être peu sensibles chez les animaux domestiques qui passent une saison sur les plateaux du Thibet, à o 000 mètres, chez les lamas, les vigognes, qui vivent en troupes à la même altitude dans les Andes, chez le condor, qui s'élève, dit-on. par moments, à la hauteur de 7 000 mètres, où la pression barométrique est réduite à 32 centimètres.
Tous les effets produits sur l'organisme par le séjour momentané ou prolongé dans les hautes régions de l'atmosphère sont dus évidemment d'abord à la faible proportion d'oxygène contenue dans l'air, puis à la diminution de la pression atmosphérique. Le litre d'air qui, au niveau de la mer, à la pression 76, contient 0s'",32 d'oxygène, n'en contient plus , au sommet du mont Blanc, à 4 800 mètres et à la pression de 42 centimètres, que 0s^l8, environ 12 centièmes au lieu de 21. }iour l'unité de volume, c'est-à-dire un peu plus de moitié de la quantité normale. A l'altitude de 7 300 mètres, par 30 centimètres de pression barométrique. 8 pour JOO. Au delà d'une certaine hauteur, l'oxygénation du sang devient insuffisante et sa décarbonisation imparfaite : il y a une asphyxie commençante et, finalement, une asphyxie complète compliquée des troubles qui résultent de la diminution de la pression atmosphérique. D'après M. Bert, la diminution de pression n'agirait, d'une part, qu'en diminuant la tension de l'oxygène respiré ou en rendant difficile son absorption par le sang, et, d'autre part, en entravant le dégagement de l'acide carbonique. D'après lui, le sang artériel se chargerait d'oxygène en proportion décroissante avec l'altitude. Le sang qui, au niveau de la mer, absorbe 20 volumes d'oxygène pour 100, n'en aurait plus que 18 volumes à la pression 62, altitude 1 600 mètres ; — 16 volumes à la pression 48, altitude 3 600; 14 volumes à la pression 46, altitude o 100 ; — - 12 volumes à la pression de 33, altitude 6 600 ; — 10 volumes à la pression 26, altitude 8 600. Cette insuffisante oxygénation du sang doit nécessairement restreindre parallèlement la consommation de ce gaz par les tissus. Aussi, dit M, Bert, dans l'ascension sur les montagnes ou en ballon, tout diminue avec la consommation de l'oxygène : la production de l'acide carbonique, de la chaleur animale et de l'urée, et tout fléchit avec elle : force musculaire, puissance du cœur, activité cérébrale. De là : fatigue, épuisement au moindre effort, torpeur, engourdissement, tendance au sommeil, et, plus tard, perte de connaissance, syncope, etc. Aussi, pour prévenir et combattre ces effets, M. Bert a proposé les inspirations d'oxygène pur emporté par les aéronautes et les ascensionnistes dans de petits ballonnets. Mais il est douteux que ce moyen puisse être utilisé à partir des altitudes de 8 à 9 000 mètres, au moment oij l'aéronaute, engourdi, assoupi, devenu insensible, ne songe plus à