CHAPITRE LYl
DE L'ACTION DU COEUR ET DU COURS DU SANG DANS LES CAVITÉS DE CET ORGANE
Le mouvement du sang, dans le système vasculaire, dérive uniquement, chez les animaux inférieurs, de la contraction plus ou moins énergique des parois des vaisseaux; mais il tient essentiellement, chez les animaux plus parfaits, à l'impulsion puissante quelle cœur communique à ce fluide. Dans les deux cas, la cause du mouvement réside dans la contraction des réservoirs ou des canaux qui contiennent le sang; seulement dans le premier elle s'exerce partout, et dans le second elle est surtout limitée à la partie centrale du système. La différence fondamentale qui existe entre ces deux modes de circulation résulte de la dissémination ou de la centralisation de la puissance qui fait mouvoir les fluides. Le système lymphatique et le système sanguin des vertébrés nous montrent ces deux types fonctionnant parallèlement, chacun suivant des lois spéciales : le premier représentant l'appareil vasculaire le plus simple, et le second l'appareil porté à son plus haut degré de complication.
Le cœur des vertébrés supérieurs est placé à la fois sur le trajet du sang vei-
1. A'oyez, pour de plus amples détails, Floureiis, Histoire de la découverte de la circulation du sang. Paris, 1851.
ACTION DL" CŒL'R.
neux et sur celui du sang artériel, précisément au point où les deux circulalion>, la petite et la grande, s'entrecroisent, tout en demeurant distinctes et isolées. 11 est formé de deux cœurs unis intimement, agissant ensemble, mais n'ayant entre eux aucune communication. L'un reçoit et lance du sang veineux, l'autre reçoit et chasse du sang artériel. Le premier reçoit le sang noir de la grande circulation, et l'envoie à la petite; le second, au contraire, reçoit le sang rouge de la petite circulation, et l'envoie à la grande. Le conir droit appartient à la circulation générale par son oreillette, et à la circulation pulmonaire par son ventri-
Fjg. 167. ^ Schéma du cours du sang (* .
cule ; le gauche appartient à celle-ci par son oreillette, el à celle-là par son ventricule. Ils sont tellement disposés, que le sang noir ne peut se mêler au sang rouge, et que le fluide sorti de l'un d'eux n'y peut revenir qu'après avoir parcouru le cercle des deux circulations, c'est-à-dire après avoir traversé deux séries d'artères, deux systèmes capillaires et deux séries de veines (fig. 167). Examinons le rôle de cet organe complexe, c'est-à-dire les mouvements du cœur, les phénomènes dont ils s'accompagnent, l'impulsion qu'ils communiquent au sang, et l'action nerveuse sous l'influence de laquelle ils s'opèrent.