‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 128 sur 310 · FORGE DU CŒUR · texte numérisé non relu

FORGE DU CŒUR

Le mécanisme des oscillations se comprend sans ditlicultt's. En ce qui concerne celles dérivées de l'action du cœur, on voit clairement que la pression du sang artériel doit augmenter au moment où le contenu du ventricule gauche est poussé dans le système aortique déjà plein, et au contraire qu'elle doit diminuer immédiatement après, par suite du passage d'une notable quantité de liquide dans les vaisseauv capillaires. D'autre part, il paraît conforme aux lois de la physique d'admettre que, sous l'influence de l'inspiration, le sang est moins comprimé dans l'aorte, et plus fortement attiré vers les oreillettes, tandis que pendant l'expiration il est à la fois plus comprimé dans les gros vaisseaux et dans les diverses cavités du cœur.

La pression du sang artériel et la force du cœur se montrent avec des degrés divers d'intensité, suivant les espèces animales, l'âge, la vigueur des sujets et une foule d'autres circonstances : mais c'est surtout l'énergie des individus et l'état de réplétion des vaisseaux qui leur impriment les modifications les plus sensibles.

En opérant sur des chevaux dont les uns étaient pleins de force et les autres usés par l'âge, les fatigues et les privations, j'ai noté des différences de pression très étendues. Ainsi le sang artériel s'élevait dans l'hémodynamomètre, tenu verticalement.

Sur un cheval très vigoureux 2". 70

Sur un autre, encore très fort 2". 27

Sur un troisième, de moyenne énergie S^.Oï

Sur un quatrième, déjà vieux 1",91

Sur un cinquième, très maigre l^.Sô

Sur un sixième, presque usé 1°,78

Sur un septième, assez faible l^.'O

Sur un huitième, dans le même état 1".62

Sur un neuvième, extrêmement affaibli l^.ÔO

Chez les animaux dont la pression sanguine est diminuée par des saignées successives, la force déployée par le cœur diminue proportionnellement à leur abondance. Haies l'a démontré, et toutes mes expériences confirment les résultats de cet ingénieux physicien. J'ai vu, en effet, que la colonne sanguine de l'hémodynamomètre, d'abord à 2". 27, descendait à 2 mètres, 1™,40, 0,80, et enfin à 42 centimètres, après des émissions successives. Nous étudierons ces particularités à l'article de la circulation artérielle.

En appliquant à chaque animal le procédé dont je me suis servi pour le cheval, on arriverait à déterminer le chiffre de la force impulsive du cœur dans les diverses espèces. Mais l'opération est longue et difficile, en ce qui concerne la mensuration de la surface interne du cœur, l'organe pris au degré de réplétion qu'il présente au début de la systole sur l'animal vivant. Haies \ qui suppose pour l'homme une pression artérielle semblable à celle des animaux, trouve que la force du cœur dans notre espèce peut être évaluée à ol livres o. Il l'a trouvée de 35 livres 62 sur un mouton, et de 33 livres 6 sur un chien qui en pesait cinquante-deux.

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